Le bruit ne fait pas de bien

31/12/2012
Le bruit ne fait pas de bien

Premier-vice président de l’Union pour la République (UNIR) qui a succédé en avril dernier au RPT, Georges Aïdam a déclaré dans un entretien à republicoftogo.com que «toutes les conditions étaient réunies pour aller aux élections libres, transparentes et apaisées ». Le Togo doit organiser dans les mois qui viennent un scrutin législatif et local.

Pour M. Aïdam, il est essentiel que l’ensemble des partis participent aux consultations afin d’évaluer leur poids réel auprès de l’opinion.

UNIR compterait à ce jour un million d’adhérents, assure ce responsable qui rejette toute volonté d'hégémonie privilégiant le dialogue avec l’ensemble des formations politiques. Mais il importe aussi de respecter l’agenda républicain, souligne-t-il. 

Republicoftogo.com : Depuis sa création, UNIR fait preuve d’une grande discrétion.

Georges Aïdam : Le parti a été créé il y a 8 mois et nous avons mis cette période à profit pour implanter la formation nationalement. C’est un travail d’envergure que nous continuons de mener. Je vous rappelle cet adage célèbre : « Le bien ne fait pas de bruit, le bruit ne fait pas de bien ».

Republicoftogo.com : Le parti est-il en ordre de marche pour les prochaines élections ?

Georges Aïdam : Ma réponse est oui et nous sommes prêts pour gagner. Pour qu’un parti gagne des élections, il y a un certain nombre de critères auxquels il faut satisfaire. Le premier, c’est le charisme de son leader. Il se trouve que le leader d’UNIR est le président de la République. Le second, c’est une implantation nationale, ce qui est le cas. 

Troisième élément déterminant, c’est la personnalité des candidats. UNIR est en phase de sélection et nous présenterons les meilleurs avec une parité totale homme/femme, comme l’a suggéré Faure Gnassingbé.

Republicoftogo.com : Où en sont les adhésions ?

Georges Aïdam : Nous en avons d’ores et déjà plus d’un million et nous en attendons davantage.

Republicoftogo.com : On présente UNIR comme la formation qui a succédé au RPT. Un changement d’emballage pour conserver le même contenu

 Georges Aïdam : Il est utile une fois pour toute de clarifier les choses.UNIR n’a rien à avoir avec le RPT. Il se fait tout simplement que c’est le président du parti défunt qui est l’initiateur du nouveau parti. Mais l’opération ne consiste pas à un changement de nom ou à un lifting de circonstance.

UNIR est un nouveau parti qui s’est doté de textes fondateurs et surtout une formation qui ambitionne de faire de la politique autrement. Autrement, c’est à dire pratiquer l’ouverture et la tolérance.

Republicoftogo.com : Le dialogue entre le pouvoir et certains partis d’opposition est difficile. Que faire ?

Georges Aïdam : Chaque parti combat pour accéder au pouvoir, c’est normal et légitime. Mais au Togo certains utilisent des moyens contestables. Le dialogue est rendu difficile du fait que chacun le conçoit à sa manière en tenant compte de ses propres intérêts et non l’intérêt supérieur du pays.

Des opposants ont indiqué qu’ils iraient volontiers dialoguer pour négocier les conditions du départ du chef de l’Etat. Cette posture est surréaliste ! Lorsqu’un interlocuteur pose le problème sous cet angle, comment voulez-vous discuter ?

Je pense que les choses sont toujours difficiles lorsqu’on parle de dialogue au Togo car les intentions ne sont pas pures.

Republicoftogo.com : Que proposez-vous pour aller vers une sortie de crise ?

Georges Aïdam : Le gouvernement a tendu la main à l’ensemble de l’opposition ; il a accédé à nombre de ses revendications pour assurer un scrutin libre et transparent. C’est ça la priorité. Les autres questions pourront être abordées dans une seconde étable. 

Honnêtement, toutes les conditions sont réunies aujourd’hui pour que tous les partis aillent aux élections. Et c’est d’ailleurs pour eux une formidable occasion de montrer ce dont ils sont capables sur le plan électoral. On saura enfin combien ils pèsent vraiment.

Le dialogue doit bien sûr se poursuivre. 

Republicoftogo.com : Une partie de l’opposition estime que les députés sortants n’ont plus de légitimité. Est-ce votre opinion ?

Georges Aïdam : C’est un faux problème ! Dans tous les pays du monde, il y a des dispositions légales qui sont sans ambigüités, on ne tergiverse plus là dessus. Chacun essaie de construire sa stratégie en évoquant des arguments plus ou moins fallacieux. L’Assemblée poursuit sa mission jusqu’au jour où les nouveaux députés seront élus.

Republicoftogo.com : Depuis six mois, le débat tourne autour de questions purement politiques. Or, les attentes de la population sont ailleurs : vie meilleure, lutte pour trouver un emploi, éducation, santé, … Le décalage entre les partis politiques – toutes tendances confondues – et la population semble énorme. Comment jugez-vous l’attitude des opposants radicaux qui donnent l’impression de vouloir le pouvoir, juste pour le pouvoir.

Georges Aïdam : Nous ne jugeons pas les autres sur leurs stratégies mais estimons que l’observation faite est exacte en ce sens qu’on s’occupe plus de la politique politicienne que des problèmes liés au bien-être de la population. C’est aussi une spécificité togolaise.

Au Togo, nous assistons à des manifestations de rues depuis 2 ans alors qu’au Ghana et au Bénin, les gens ont eux aussi perdu les élections, mais nous n’avons pas assisté à des tendances de ce genre visant à empêcher au pays de fonctionner. En voulant déstabiliser le pays par des manifestations sans fin et en gênant les activités économiques, c’est directement les populations que l’on touche dans la jouissance de leur droit. 

Republicoftogo.com : A quelques heures de la nouvelle année, que souhaitez-vous aux Togolais ? 

Georges Aïdam : Je souhaite que la quiétude s’installe au Togo. Je souhaite également que la raison prévale sur la passion pour qu’on aille aux prochaines élections afin de doter ce pays d’un parlement qui soit représentatif et qui permette de faire avancer la démocratie.

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