Le dialogue est un mode de gouvernance

26/11/2013
Le dialogue est un mode de gouvernance

La 14e session du dialogue politique périodique entre le gouvernement et l’Union européenne (UE) s’est déroulée mardi à Lomé.Ce cadre de discussion, instituée conformément à l’article 8 de l’Accord de partenariat ACP-CE, permet d’échanger sur les questions de nature politique et économique.

A l’ordre du jour de cette séance, l’accompagnement de l’UE pour le 11e FED, la situation socio-politique après les élections législatives de juillet dernier, les recommandations de la mission d’observation électorale, ainsi que la poursuite des réformes dans le secteur de la justice et la mise en œuvre des recommandations de la CVJR (Commission Vérité, justice et réconciliation).

Les deux parties ont également évoqué les questions de sécurité et les activités illicites dans le Golfe de Guinée (piraterie maritime, trafic de drogue.. 

Concernant le volet politique, le ministre des Affaires étrangères, Robert Dussey, a indiqué que ‘le gouvernement continuera de faire du dialogue son mode de gouvernance et poursuiva les réformes déjà engagées dans plusieurs secteurs y compris celui de la justice, afin de parachever le processus de démocratisation indispensable à la poursuite du développement du Togo’.

M. Dussey a témoigné de sa reconnaissance aux partenaires européens dans la recherche du consensus entre les différents acteurs de la vie politique. 

Abordant la situation dans le Golfe de Guinée, M. Dussey a indiqué  que cette situation appelait à des actions concertées au niveau régional et international afin de lutter efficacement contre les fléaux qui mettent à mal la stabilité de la sous-région, la paix et la sécurité internationale ». 

‘Le Togo s’associe à toutes les initiatives au sein de la Cédéao afin de stabiliser durablement la sous-région », a rappelé le ministre. 

Le nouvel ambassadeur européen au Togo, Nicolas Berlanga Martinez, a annoncé l’octroi d’une appui budgétaire exceptionnel  de 9,1 milliards de Fcfa avant la fin de cette année en guise de 

Reconnaissance pour les progrès réalisés en matière de bonne gouvernance. Il a appelé le gouvernement à poursuivre le dialogue politique et à renforcer la transparence dans l’action publique. 

Participaient côté togolais à cette 14e session, Robert Dussey, le chef de la diplomatie, Koffi Esaw, le ministre de la Justice, son collègue de la Sécurité, Damehane Yark ainsi que les ministres de l’Administration territoriale, des Droits de l’homme de la Planification.

L’Union européenne était représentée par Nicolas Berlanga Martinez, le chef de la Délégation de l’UE à Lomé et par les ambassadeurs de France, des Pays Bas, d’Italie, d’Allemagne ainsi que par des représentants de Tchéquie et de Grande Bretagne.

Voici la note d'information diffusée par la Délégation européenne à l'issue de la rencontre 

_______________________________

Dans le cadre du partenariat Togo – Union européenne, des sessions de dialogue politique sont organisées régulièrement où des sujets d’intérêt commun à caractère national, régional ou international sont passés en revue. Ces sessions de dialogue permettent de définir des lignes d’action conjointes à court terme en faveur de la paix et de la stabilité internationales, du respect des Droits de l’homme, de la démocratie et du développement inclusif.

La réunion du 26 novembre 2013, co-présidée d’une part, par le ministre des Affaires étrangères de la Coopération du Togo en présence d’autres membres du gouvernement, et d’autre part, par l’Ambassadeur de l’Union européenne accompagné des Ambassadeurs de France, d’Allemagne, de Pays-Bas et des représentants des missions diplomatiques du Royaume uni et de la république Tchèque accréditées au Togo,  a concentré ses discussions sur le développement économique et l’accompagnement de l’aide européenne au développement au cours des prochaines années. La situation socio-politique au Togo après les élections législatives de juillet 2013, la réforme de la justice et la mise en œuvre des recommandations de la commission « vérité, justice et réconciliation » (CVJR) ainsi que la sécurité et le commerce illicite dans le Golfe de Guinée ont été également au centre des échanges.

Les parties au dialogue ont confirmé leur accord sur les priorités et les stratégies de la coopération européenne pour accompagner la politique de développement du gouvernement, la « Stratégie de croissance accélérée et de promotion de l’emploi » (SCAPE). Pour cela, l’UE, la France et l’Allemagne finalisent actuellement un document conjoint de programmation qui facilitera l’impact ainsi que la visibilité de ces actions pour les prochaines années. 

Les deux parties ont souligné l’importance  de poursuivre dans toutes ses dimensions le processus de décentralisation en cours. Le dévouement de ces dernières années en faveur de la démocratie et de l’état de droit ne peut pas rester inachevé au niveau local où précisément la base de la participation citoyenne se construit et les besoins des populations trouvent leurs réponses. La partie européenne a suggéré qu’un calendrier précis avec des dates pour les élections locales – et son niveau d’extension - soit défini en concertation avec les partis politiques représentés à l’Assemblée nationale. Cela permettrait d’approfondir l’utilisation des mécanismes démocratiques de dialogue pour la matérialisation des réformes institutionnelles et constitutionnelles décidées tout au long de successifs forums du dialogue politique tenus ces 10 dernières années.

La partie européenne a officiellement annoncé l’accord pour décaisser  9.1 milliards de FCFA de son programme d’appui budgétaire avant la fin 2013 comme reconnaissance des étapes franchies dans la consolidation d’une gestion moderne des finances publiques tout en encourageant la détermination, le dialogue et la transparence dans l’action publique pour les enjeux à venir.  

Les parties prenantes au dialogue ont réaffirmé l’importance du renforcement de la justice en passant par l’augmentation du budget de l’État, par la mise en place de législation telle que le nouveau code pénal et le code de procédures pénales, ainsi que par la réponse urgente à la situation particulièrement déplorable de certaines prisons. Le retard dans ces actions a affecté l’image du Togo dans des instances internationales. L’Union européenne confirme sa volonté d’accompagner et d’appuyer financièrement les efforts du gouvernement pour répondre à cette situation, y compris la mise en œuvre des recommandations de la CVJR.        

Finalement, l’Union européenne a souligné le rôle constructif et engagé joué par le Togo ces derniers mois en faveur de la paix et la stabilité dans la région. La sécurité et le commerce illicite c’est un sujet vaste de grande importance commune. Le Togo a salué les informations fournies sur la stratégie pour le Sahel de l’UE en discussion ainsi que les préparatifs du Sommet Afrique-Union européenne qui aura lieu en avril 2014 à Bruxelles.

Voici l'intervention de Robert Dussey

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 Je voudrais, avant toute chose, vous souhaiter la plus cordiale bienvenue à cette quatorzième  session du dialogue UE -Togo et vous exprimer au nom du Chef de l’Etat, Son Excellence Monsieur Faure Essozimna GNASSINGBE, du Gouvernement et du peuple togolais, notre profonde gratitude pour votre engagement constant en faveur de l’affermissement de la démocratie au Togo.

Je voudrais également, pour votre première participation à notre dialogue, me réjouir de votre présence à la présente session et saisir l’occasion pour vous renouveler, Excellence Monsieur Nicolas Berlanga-Martinez, Ambassadeur, Chef de la Délégation de l’Union Européenne, nos vœux de succès dans la mission que vous venez d’entamer dans notre pays. Le Gouvernement reste entièrement disposé, durant votre mandat,  à œuvrer avec vous au renforcement de la coopération entre le Togo et votre Institution.

 Permettez-moi, en outre, d’adresser mes vifs et sincères remerciements aux Ambassadeurs non résidents qui, à chaque fois,  ne ménagent aucun effort pour prendre effectivement part aux différentes sessions de ce dialogue. Cela témoigne du grand intérêt qu’ils portent à notre pays.

Messieurs les Ambassadeurs,

Mesdames et Messieurs,

Comme vous le savez, la rencontre de ce jour entre dans le cadre du dialogue politique institué depuis 2008, conformément à l’Accord de Partenariat ACP-UE, signé à Cotonou le 23 juin 2000.

Le Gouvernement n’aura de cesse de se réjouir de l’institution de ce cadre d’échanges qui offre l’opportunité à nos deux parties de mener des discussions fructueuses sur des questions relatives non seulement à la situation socio-politique nationale et à l’appui de l’Union Européenne au Togo, mais également à la situation sécuritaire dans la sous-région.  

 La présente session connaîtra une innovation avec l’élargissement de nos échanges à de nouveaux de sujets d’intérêt économique dans le cadre de notre partenariat. Ainsi, nos discussions porteront, au plan national, sur des questions d’ordre économique et politique, notamment sur l’accompagnement de l’Union Européenne pour le 11ème FED, la situation socio-politique après les élections législatives du 25 juillet dernier ainsi que sur la réforme de la justice et la mise en œuvre des recommandations de la CVJR.

S’agissant des questions économiques, il me plait de rappeler que le Gouvernement togolais, ces dernières années, met un accent particulier sur les réformes tendant à renforcer, de façon significative, la gouvernance économique, avec  pour ambition d’atteindre, dans un proche avenir, le cap de la croissance à deux chiffres. Pour y parvenir, le Togo compte beaucoup sur l’appui de l’Union Européenne qui reste l’un de nos partenaires privilégiés dans le processus du développement de notre pays.

Concernant la situation socio-politique, je voudrais me réjouir de la bonne tenue des dernières élections législatives et du climat de sérénité et de non violence qui a caractérisé le lendemain de ces échéances. 

Vous conviendrez donc avec moi que la réussite de ces élections témoigne, encore une fois, de l’engagement du Gouvernement et du peuple togolais à aller progressivement et de manière irréversible vers l’encrage définitif de la démocratie et de l’Etat de droit au Togo.

L’apaisement politique dont jouit aujourd’hui notre pays, n’aurait sans doute pas été possible sans une politique permanente de  dialogue  visant à transcender les clivages politiques et à mobiliser tous les Togolais autour de l’œuvre de réconciliation et de développement national. La réconciliation, entamée depuis quelques années déjà, suit donc son cours et amorce une phase décisive de son processus, vu l’importance que le Gouvernement attache actuellement à la mise en œuvre des recommandations de la Commission Vérité, Justice et Réconciliation (CVJR).

Je voudrais aussi vous assurer que le gouvernement continuera de faire du dialogue son mode de gouvernance et de poursuivre les réformes déjà engagées dans divers secteurs, y compris celui de la justice, afin de parachever le processus de démocratisation indispensable à la poursuite du développement harmonieux  du pays.

A cet égard, nous tenons à témoigner notre profonde reconnaissance à nos partenaires européens pour leur implication dans la recherche du dialogue permanent entre les principaux acteurs de la vie socio-politique  du Togo et leur accompagnement de notre pays dans sa recherche constante du bien-être de ses populations.

Messieurs les Ambassadeurs,

Mesdames et Messieurs,

En plus des questions nationales, nous aborderons, au cours de nos échanges de ce jour, certains sujets de portée  sous-régionale, en l’occurrence les questions de sécurité et les activités illicites dans le Golfe de Guinée. 

Malgré les efforts consentis, la sous-région ouest-africaine continue de faire face  à d’énormes défis sécuritaires dus aux activités terroristes dans le sahel, ainsi qu’aux actes de piraterie dans le Golfe de Guinée. 

Cette situation appelle à des actions concertées au niveau régional et international afin de lutter efficacement contre ces fléaux qui mettent à mal tant la stabilité de la sous-région que la paix et la sécurité internationales.

Le Togo s’associe à toutes les actions initiées au sein de la CEDEAO afin de stabiliser durablement notre sous-région et reste solidaire à toutes initiatives concertées tendant à combattre les actes de piraterie qui perturbent la circulation et les activités économiques et commerciales dans le Golfe de Guinée. Dans cette dynamique collective, notre pays entend développer, avec notamment l'appui de ses partenaires européens que vous représentez ici, une stratégie maritime nationale de lutte contre ce fléau.

Pour finir mon propos, je reste convaincu qu’à l’instar des sessions antérieures, nos discussions se dérouleront dans un climat de franchise et de convivialité et aboutiront à des recommandations susceptibles de renforcer notre partenariat et de contribuer au développement du Togo. 

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