Mandat social

11/02/2014
Mandat social

La ministre de l’Action sociale, de la Promotion de la femme et de l’Alphabétisation, Dédé Ahoéfa Ekoué, était lundi au Malawi pour participer au Forum des dirigeants africains sur la déficience intellectuelle.

Mme Ekoué, qui représentait le chef de l’Etat, a réaffirmé la volonté du gouvernement d’apporter son appui aux personnes handicapées.

Environ 600.000 personnes vivent au Togo avec un handicap variant de modéré à sévère.

‘La promotion de l’inclusion en faveur des plus vulnérables et des plus marginalisés n’est pas, à mon sens, question de choix politique. Il s’agit d’un mandat social, d’un mandat national. Il en va de l’existence et des aspirations de notre population, et particulièrement de nos enfants qui représentent l’avenir’, a-t-elle déclaré lors de son intervention.

Lire son discours

C'est pour moi un honneur de prendre la parole en cette occasion où, sur l’initiative de Madame la Présidente de la République du Malawi, il nous est donné de réfléchir ensemble à la question du handicap, spécialement en Afrique.

Cette problématique constitue un véritable enjeu de développement, spécialement pour ce qui est des implications de la déficience intellectuelle dans la construction de nos sociétés. Il est clair pour nous tous aujourd’hui, que malgré toute leur pertinence, les politiques et programmes de prise en charge que nous élaborons au plan national restent de portée limitée. La déficience intellectuelle ne connaît pas de frontières. Elle est présente partout dans le monde, et touche indifféremment toute nationalité, n'épargne aucune couche sociale, fait fi de la situation économique ou du niveau d'éducation.

Je voudrais saluer à cet égard l’engagement résolu de Mme la Présidente Banda pour offrir à la prise en charge de la déficience intellectuelle une portée universelle.

Personne ne peut demeurer indifférent, car aucune famille n’est à l’abri. Permettez-moi de mentionner comme un exemple fort appréciable et de haute valeur pédagogique le pragmatisme dont fit montre la fondatrice du mouvement Special Olypimpics.

Conscient que c’est ensemble que nous pouvons agir efficacement, le Togo a ratifié la Convention des Nations unies relative aux droits des personnes handicapées et son Protocole facultatif en 2011. Nous travaillons à promouvoir le caractère inclusif des différents programmes de développement, afin que les personnes en situation de handicap soient prises en compte à tous les stades. Environ 600.000 personnes dans notre pays vivent avec un handicap variant de modéré à sévère.

Rapportée à notre population globale de 6.191.155 habitants, il est clair que la seule alternative reste l’action déterminée pour la prise en charge efficiente des individus concernés et aussi de leurs familles et de leurs communautés. La promotion de l’inclusion en faveur des plus vulnérables et des plus marginalisés n’est pas, à mon sens, question de choix politique. Il s’agit d’un mandat social, d’un mandat national. Il en va de l’existence et des aspirations de notre population, et particulièrement de nos enfants qui représentent l’avenir.

C’est pourquoi je voudrais reconnaître ici la constante détermination de la branche

togolaise de Special Olympics conduite par le Dr Belo qui encadre actuellement pas moins de 4000 jeunes athlètes. Pour autant, ce qui me tient à cœur en cette occasion n’est pas tant de vanter nos performances que de souligner l’urgente nécessité d'une action concertée. Je suis conscient que cela commence par                   moi-même ainsi que tout le gouvernement, et la population viendra renforcer cet engagement par son adhésion. Mon vœu le plus cher est qu’ainsi, un nouveau jour se lève pour les personnes en situation de handicap.

Pour y parvenir nous devons prendre des engagements qui seront suivis d’action.

Trop souvent, des solutions sont-elles préconisées au cours de réunions comme celle-ci, mais, faute de suivi, il n’en résulte pas d’évolution majeure sur la vie de nos concitoyens. Au-delà de la réaffirmation de notre engagement collectif, nous devons réussir à impulser des changements qui seront perçus par les bénéficiaires et toutes les parties prenantes. En préparant ce forum, nous avons eu confirmation que le modèle de mobilisation sociale tel que pratiqué par les Special Olympics à travers le sport et les jeux olympiques spéciaux parvient à toucher les personnes les plus isolées. C’est en parvenant à rapprocher les personnes que nous permettons à la magie d’opérer.

L’éducation représente la composante de base de ce rapprochement entre les personnes. Notre vision est que l’école devienne, pour tout enfant vivant avec un

handicap physique ou intellectuel, une seconde maison. Celle-ci doit offrir, à l’instar de la famille, acceptation, protection, loisirs et amitié. Elle doit fournir le soutien nécessaire pour apprendre, réaliser leurs rêves, et être entièrement partie prenante de la nation. Dans ce contexte de mobilisation par l’éducation, je suis persuadé que l’accès aux services de santé et la sensibilisation sociale seront plus aisément réalisables.

En outre, veiller à l’éducation des enfants vivant avec un handicap constitue une aide appréciable pour les familles et un facteur de développement. Comment concevoir un modèle de croissance économique inclusive qui ferait abstraction de l'éducation pour tous ? Nous sommes conscients qu’aucun développement humain durable ne saurait prospérer sans une éducation inclusive des personnes handicapées. Cet engagement du Togo  est réaffirmé par la loi N°2004-005 portant protection sociale des personnes handicapées.  L’éducation inclusive est au cœur de l’agenda que le gouvernement met en œuvre en étroite collaboration avec la Fédération Togolaise des personnes handicapées du Togo (FETAPH) et avec l’appui de ses partenaires nationaux et internationaux.  A cet effet, je tiens à saluer le partenariat fructueux et croissant  entre le Togo et l’Allemagne à travers la GIZ pour la formation professionnelle des personnes handicapées.

L’une des expériences concrètes au Togo est l’Institut Psycho-Médico pédagogique l’Envol,  un des mécanismes clés pour l’éducation inclusive des enfants vivant avec des déficiences mentales.  Cette initiative de l’Association des Parents d’enfants handicapés mentaux est soutenue par le gouvernement togolais grâce à une subvention étatique annuelle qui contribue au fonctionnement de 9 centres repartis à travers le pays.  Je voudrais à cette occasion réitérer  notre gratitude à tous les partenaires qui nous assistent dans la mise en œuvre de cette bonne pratique.

Toutefois, il est urgent d’amplifier la portée et l’impact  de ce genre de pratique optimale  en renforçant  la coopération régionale et internationale  pour l’éducation des personnes ayant une déficience intellectuelle, car les défis restent importants au niveau national et au niveau africain.  Des politiques appropriées, mieux intégrées, et plus soutenues financièrement s’imposent pour renforcer l’éducation inclusive dans le cadre de l’agenda post OMD. C’est la une composante essentielle de notre responsabilité en ligne avec la Convention des Nations unies relative aux droits des personnes handicapées, et notre adhésion aux cinq grandes réorientations transformatrices retenues comme bases du programme post-2015.

Je voudrais lancer aujourd’hui un appel pressant à l'action résolue. Puissent ce jour et cet évènement marquer le point de départ de notre marche commune vers une plus grande autonomisation pour tous.

Excellence Madame la Présidente de la République,

Madame la Présidente de la Commission de l’Union africaine,

Monsieur le Président du Conseil de Special Olympics,

Distingués invités,

Mesdames et Messieurs,

Je voudrais vous demander de compter sur le Togo comme un partenaire clé dans notre action commune pour que bientôt l’exclusion et la discrimination à l’égard des personnes vivant avec une déficience intellectuelle, et plus généralement un handicap, soient révolues.

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