Mettre fin à la stigmatisation et à la discrimination

11/08/2014
Mettre fin à la stigmatisation et à la discrimination

Victoire Dogbé Tomegah

Le 12 août est la Journée internationale de la jeunesse. Le thème cette année est « Les jeunes et la santé mentale ».

Ceux souffrant de problèmes de santé mentale sont souvent discriminés et stigmatisés, et ceci peut entraîner un sentiment d’exclusion et/ou les décourager à demander de l’aide par peur d’être jugés.

Cette Journée vise à sensibiliser l’opinion sur ce sujet sociétal d’importance et met à l’honneur de jeunes et courageuses personnes qui ont choisi de témoigner des épreuves et défis auxquels elles font face.

Ce partage d’expériences a pour objectif de mettre fin à la discrimination.

‘Les sévices subis pendant l’enfance, la violence dans la famille, l’école et le quartier, la pauvreté des parents, l’exclusion sociale et les désavantages en matière d’éducation sont identifiés comme les facteurs qui accroissent la vulnérabilité de nos jeunes aux maladies mentales’, explique Victoire Dogbé Tomegah, la ministre du Développement à la base, de l’Artisanat et de l’Emploi des Jeunes, dans un message rendu public à la veille de cette Journée.

Pour Mme Dogbé Tomegah, l’’observation empirique dans notre société, nous enseigne que de plus en plus de jeunes font malheureusement face à des crises de dépression, de troubles de comportements ou de stress.

Voici le message de la ministre du Développement à la base, de l’Artisanat et de l’Emploi des jeunes

A l’instar des autres pays du monde, le Togo célèbre depuis plusieurs années déjà et de façon régulière le 12 août, la Journée Internationale de la Jeunesse.

Cette journée instituée par les Nations-Unies et célébrée depuis 1999 a pour objectif de promouvoir, tout particulièrement auprès des jeunes, le Programme d'Action Mondial pour la Jeunesse à l'horizon 2000 et au-delà. 

Un Programme qui, faut-il le rappeler, encourage l'action et les initiatives en faveur des jeunes dans dix domaines prioritaires que sont l’éducation, l’emploi, la malnutrition, la pauvreté, la santé, l’environnement, la toxicomanie, la délinquance juvénile, les loisirs, les jeunes femmes et l’entière participation des jeunes à la vie de la société et à la prise de décisions.

La célébration du 12 août permet non seulement d’attirer l’attention de la communauté sur les problématiques liées à la jeunesse mais aussi de mettre en avant le potentiel des jeunes en tant que partenaires de la société d’aujourd’hui et acteurs essentiels du changement. 

Elle est une opportunité offerte aux acteurs œuvrant  dans le domaine de la jeunesse (gouvernants, société civile, ONG, organisations de jeunesse) et aux jeunes eux-mêmes de mener des réflexions sur des problématiques actuelles relatives à la jeunesse en vue de proposer des solutions et d’envisager des perspectives. 

Le thème retenu cette année par les Nations-Unies pour célébrer cette journée est « Jeunesse et santé mentale ». 

Il vise à promouvoir une approche multidimensionnelle pour répondre aux défis auxquels sont confrontés les jeunes ayant des problèmes de santé mentale, y compris la lutte contre la stigmatisation et contre l’exclusion sociale. 

Selon les récentes estimations de l’OMS, près de 20% des jeunes et adolescents de la planète sont confrontés à un problème de santé mentale ou de comportement. 

Les problèmes de santé mentale représentent une forte proportion des maladies qui frappent les jeunes dans toutes les sociétés. La dépression occupe une large place dans la liste des maladies qui frappent les jeunes et la prévalence des troubles mentaux chez les jeunes a augmenté au cours des 20 dernières années. 

Par ailleurs, l’absence d’un mécanisme d’assurance santé et de sécurité sociale des jeunes, les conduites addictives (consommation de drogue, d’alcool, du tabac) et les déviances sociales (délinquance juvénile, prostitution, etc.) sont autant de problèmes auxquels sont confrontés les jeunes et qui peuvent affecter leur santé mentale. 

D’une manière générale, les sévices subis pendant l’enfance, la violence dans la famille, l’école et le quartier, la pauvreté des parents, l’exclusion sociale et les désavantages en matière d’éducation sont identifiés comme les facteurs qui accroissent la vulnérabilité de nos jeunes aux maladies mentales.

En ce qui concerne le Togo, la célébration de cette journée, m’offre l’opportunité de réaffirmer avec forte conviction le grand intérêt  qu’accorde le gouvernement à la promotion de la jeunesse togolaise et sa protection contre les fléaux sociaux.

Cet intérêt faut-il le relever, se traduit par les efforts soutenus que l’Etat et ses partenaires, notamment les organisations de la société civile déploient pour sensibiliser les adolescents et jeunes à adopter des comportements responsables afin de préserver leur santé de façon générale et surtout leur santé mentale. 

Des efforts conjugués qui à plusieurs égards donnent aujourd’hui des résultats appréciables et qui le seront davantage grâce à la mise en œuvre de la SCAPE qui fait de la promotion de la santé et celle de la jeunesse des axes majeurs.  

Le thème  retenu pour la célébration de la journée internationale de la jeunesse 2014, nous invite à orienter un tant soit peu notre regard sur les difficultés que rencontrent au quotidien dans notre pays, les jeunes ayant des problèmes de santé mentale et à nous rappeler que tous les jeunes, quels qu’ils soient, doivent pouvoir atteindre leurs buts et leurs aspirations. 

Il vient donc à point nommé et nous interpelle tous, parents, gouvernants, éducateurs, acteurs de la société civile, etc. non seulement à mener des actions pour sensibiliser les jeunes aux questions liées à la santé mentale mais aussi à adopter des comportements et attitudes qui  contribueraient à limiter la gravité des problèmes de santé mentale et à décourager les comportements violents et dangereux liés aux troubles mentaux. 

En effet, définie comme un état de bien-être et d’épanouissement susceptible de permettre à l’individu de pouvoir travailler efficacement pour satisfaire ses besoins, la santé des jeunes figure en bonne place dans les axes de la politique nationale de jeunesse de notre pays. 

S’agissant principalement de la santé mentale, bien qu’il n’existe pas pour l’instant des données abondantes sur la situation, l’observation empirique dans notre société, nous enseigne que de plus en plus de jeunes font malheureusement face à des crises de dépression, de troubles de comportements, de stress etc. 

La protection de la santé mentale doit commencer avec les parents, la famille, l’école et la communauté

− Victoire Dogbé Tomegah

- la pauvreté et le chômage qui empêchent les jeunes de réaliser leur idéal de vie et engendrent, le stress, la désespérance conduisant, aux troubles psychologiques, à la consommation de stupéfiants, aux comportements à risques, etc,

- les traumatismes subis par les jeunes filles victimes de viol ou de grossesses précoces et obligées de quitter prématurément l’école ou de mettre fin à leur apprentissage,

C’est pourquoi, prenant la mesure des conséquences multiples que peuvent avoir les problèmes de santé mentale chez les jeunes, le gouvernement a engagé des actions pertinentes destinées à permettre aux jeunes togolais de s’affranchir des facteurs susceptibles de les exposer à la maladie mentale.

Ainsi, en plus de la mise en place du comité national anti-drogue (CNAD), de l’office de répression du trafic illicite des drogues et  des centres de prise en charge créés au niveau des formations sanitaires,  plusieurs autres stratégies développées actuellement par le gouvernement concourent à réduire les facteurs de risques et lutter contre les problèmes de santé mentale, notamment chez les jeunes. 

Au nombre de ces stratégies, il convient de mentionner la prise en charge de la question de l’emploi des jeunes à travers les nombreux programmes et projets (PROVONAT, AIDE, PAIPJA, FAIEJ, PRADEB, PNPER, etc.) actuellement en cours et surtout le plan stratégique national pour l’emploi des jeunes adopté par le gouvernement en avril 2014.  

Ces initiatives dont l’objectif est de réduire le taux de chômage et de sous-emploi des jeunes par l’extension des opportunités, offrent aujourd’hui de meilleures chances d’insertion sur le marché de l’emploi à des milliers de nos jeunes contribuant ainsi à leur redonner espoir et à les déstresser. 

En dehors de la lutte contre le chômage, le gouvernement fait de l’accès des jeunes à l’information, l’une des stratégies en matière de prévention des risques liées leur santé en général et celle mentale en particulier.

Dans ce sens, des initiatives visant à  améliorer et élargir leur niveau de connaissances factuelles sont déployées de manière intensive grâce aux efforts conjugués de l’Etat, des partenaires au développement et de la société civile.

Dans la même logique, depuis 2010, le ministère chargé de la jeunesse a entrepris un vaste programme de construction des maisons et des centres de jeunes dans tous les chefs-lieux de régions et dans différentes préfectures. 

Ces centres et maisons de jeunes qui sont des cadres de services intégrés (information, formation, écoute, orientation, etc.) devraient favoriser l’accès des jeunes à des loisirs sains et à l’apprentissage de valeurs nobles nécessaires à leur épanouissement et à la réduction de leur vulnérabilité aux problèmes de santé mentale.

Toutefois, il apparaît indéniable que malgré les efforts du gouvernement appuyés par les différents acteurs, la maladie mentale menace de plus en plus la vie de nos enfants. 

Dans ce contexte, une meilleure sensibilisation des jeunes aux questions de santé mentale et un soutien social aux patients sont de notre point de vue des ingrédients indispensables à la prévention et une aide efficace susceptible de donner aux jeunes de meilleurs chances de devenir des adultes productifs et bien intégrés dans leur société. 

Pour ce faire, la protection de la santé mentale doit commencer avec les parents, la famille, l’école et la communauté qui sont des milieux dont l’éducation devrait aider les jeunes et adolescents à apprendre à se comporter dans la société, à être mieux armés pour résoudre les problèmes et à acquérir de l’assurance. 

Au niveau de notre pays, la célébration de cette journée sera intégrée dans les activités du programme « vacances utiles et citoyennes » à savoir : la colonie de vacances qui se déroule en ce moment à Kpalimé avec près de 500 jeunes lauréats du BEPC, les journées éducatives prévues la semaine prochaine à Kara pour les jeunes lauréats du BAC1 et  le centre de vacances ouvert ce 11 août 2014 à l’espace Blue Zone à Cacavéli.

Pour permettre la participation d’un maximum de jeunes à cette célébration, je demande aux associations et mouvements de jeunesse de se mobiliser pour organiser des activités diverses autour du thème, qu’il s’agisse d’activités sportives, ludiques, de causeries éducatives, etc.

Par ailleurs, j’exhorte les parents ainsi que l’ensemble des acteurs à lutter contre la stigmatisation et l’exclusion des jeunes femmes et hommes aux prises avec des problèmes de santé mentale et à encourager leur insertion sociale

Pour finir, j’invite les jeunes togolaises et les jeunes togolais à prendre soins d’eux et surtout à protéger leur santé mentale en pratiquant le sport et les loisirs sains et en évitant les conduites addictives telles que l’abus de l’alcool, la consommation des produits psychotropes, la prostitution, etc.

Bonne célébration à toute la jeunesse du Togo et du monde entier. 

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