Nandja fourbit ses armes contre les pollueurs

16/06/2010
Nandja fourbit ses armes contre les pollueurs

L’Assemblée nationale a voté il y a quelques jours un texte règlementant le secteur de l’eau. Le Code adopté est un instrument juridique destiné à régir la mise en valeur des ressources et assurer la rentabilité des investissements dans ce secteur. Il prévoit aussi l’accès à l’eau potable pour tous les citoyens et un contrôle sévère quant à la qualité de l’eau commercialisée.
Le Général Zakari Nandja (photo), est le ministre de l’Eau et de l’Assainissement. Il a la lourde charge de mettre en œuvre cette politique. Il compte faire preuve de rigueur et d’innovation.
Republicoftogo.com : Quelles sont les dispositions du Code de l’eau adopté le 8 juin dernier par les députés ?
Zakari Nandja : C’est un instrument juridique très important qui nous permet désormais de faire la gestion intégrée des ressources en eau.
Il s’agit d’évaluer la quantité exacte d’eau dont dispose le pays et de la gérer au bénéfice du plus grand nombre en évitant gaspillage et pollution.
Désormais, tous ceux qui veulent faire un forage doivent disposer d’une autorisation du ministère et les sociétés de forages doivent posséder un agrément délivré par les services compétents qui certifient la qualité de l’eau prélevée. Avis aux pollueurs, ils seront les payeurs.
Toutes ces mesures sont destinées à protéger la population contre la consommation d’une eau de mauvaise qualité ou polluée, cause de maladies graves.
Republicoftogo.com : Le marché de l’eau en sachet, appelée « Pure water », s’est considérablement développé ces dernières années au Togo. Cette eau est-elle si pure ?
Zakari Nandja : La qualité de l’eau est une question de santé publique. Il est impossible désormais qu’une société commercialise une eau d’origine douteuse sur le territoire national.
Le Code le proscrit formellement.
Les unités de production d’eau doivent acquérir une autorisation du ministère de la Santé qui atteste de la qualité et une autorisation du ministère de l’Eau pour exploiter les sources. L’exploitant doit aussi se plier régulièrement à des analyses de qualité.
Republicoftogo.com : Mais sur le terrain, comment assurer un contrôle efficace ?
Zakari Nandja : Les décrets d’application seront pris très prochainement pour permettre une mise en œuvre effective des dispositions contenues dans le Code de l’eau.
Une police de l’eau sera mise en place, des laboratoires de contrôle seront agréés, notamment à l’institut d’hygiène, à l’Université de Lomé et à la Togolaise des Eaux (TDE).
Par ailleurs, nous sommes à la recherche de financements pour disposer d’un laboratoire moderne à la direction de l’Eau et de l’Assainissement.
A cela s’ajoute la mobilisation des acteurs de terrain, les préfets, les chefs de canton, les ONG et les médias.

Republicoftogo.com : Comment comptez-vous procéder pour améliorer le taux de couverture en eau potable qui n’est que de 35% aujourd’hui ?
Zakari Nandja : Le chef de l’Etat nous a assigné une mission : que le plus grand nombre de Togolais bénéficient d’un accès à l’eau potable.
Notre objectif est ambitieux, mais réaliste. D’ici 2015, la totalité des habitants devront trouver un point d’eau potable à moins de 500 mètres de chez eux.
Pour la seule année 2010, plus de 800 forages seront réalisés sur l’ensemble du territoire.
Nous préparons actuellement une table ronde des partenaires, qui pourrait avoir lieu en novembre, afin d’expliquer notre politique et, si possible, lever des fonds.
Si nous parvenons à mobiliser suffisamment de ressources, nous pensons que d’ici cinq ans, nous pourrons dépasser le taux de 66% de couverture en eau potable au Togo.

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