‘Nous appartenons à l’opposition démocratique’

05/07/2013
‘Nous appartenons à l’opposition démocratique’

Nous poursuivons vendredi la publication d’une série d’entretiens avec les responsables des formations politiques à la veille de l’ouverture de la campagne électorale. La Convergence patriotique panafricaine (CPP), le parti fondé par l’ancien Premier ministre Edem Kodjo, aligne des candidats dans 8 circonscriptions

Francis Ekon (photo), son président, lui-même candidat, espère un retour des députés CPP après 14 ans d’absence.

Republicoftogo.com : Comment la CPP aborde-t-elle la compétition ?

Francis Ekon : Nous sommes sereins et optimistes. La CPP fonde beaucoup d’espoir sur les électeurs pour qu’ils inscrivent avec détermination l’avenir du Togo dans l’espérance.

Nous sommes convaincus que les togolais veulent voir la politique quitter les rues pour être menée de façon républicaine dans une Assemblée plurielle. 

Republicoftogo.com : Il est difficile de coller une étiquette aux candidats de la CPP. Appartiennent-ils à la majorité, sont-ils de l’opposition ?

Francis Ekon : La difficulté relève beaucoup plus de la mauvaise foi, de l’intox ou de l’inculture politique. Les faits, c’est que la majorité présidentielle est présente dans les 30 circonscriptions. Nous serions de cette mouvance, nous n’aurions pas besoin d’avoir des listes dans 10 circonscriptions, dont deux ont été invalidées par la Cour constitutionnelle de façon critiquable.

Nous ne ratons aucune occasion pour réclamer l’alternance apaisée. Peut-on être de la majorité, donc être au pouvoir et réclamer l’alternance ? Cela n’a aucun sens.

Finalement, si l’opposition c’est la pensée unique, le terrorisme intellectuel, nous ne nous inscrivons pas dans cette culture. Nous n’allons pas combattre la dictature du pouvoir pour nous en accommoder dans l’opposition. A la CPP, nous avons retenu la leçon ; cela nous a coûté l’acquis principal de la Conférence nationale, la Constitution de 1992. On ne nous y reprendra plus. Nous assumons désormais avec détermination et opiniâtreté notre ligne politique ; le patriotisme et l’engagement pour la démocratie. Retenez que l’opposition est plurielle. Il y a l’opposition démocratique et le reste. Le CPP est de l’opposition démocratique.

Republicoftogo.com : Gilchrist Olympio de l’UFC affirmait récemment sa certitude d’obtenir la majorité à l’Assemblée. Quelles sont les prévisions de la CPP ?

Francis Ekon : Toute formation politique en compétition a légitimement raison d’afficher un optimisme total. Nous comprenons donc le leader de l’UFC et nos prétentions ne seront pas en deçà des siennes, toute proportion gardée. 

L’objectif de la CPP, c’est de franchir les portes de l’hémicycle. Ce serait une première et un bon catalyseur pour la mobilisation de nos troupes. Les prochaines élections ne sont pour nous qu’une étape d’un long parcours. 

La Convergence est de retour sur la scène politique pour assumer sa vocation originelle : être un grand parti ambitieux d’accompagner le destin du peuple togolais.

Republicoftogo.com : Selon les remontées que vous avez de vos candidats en région, quelles sont les aspirations des électeurs, souvent différentes de celles exprimées à Lomé ?

Francis Ekon : Leur première préoccupation, c’est la proximité avec les partis politiques. Elles ont l’impression d’être courtisées uniquement en période électorale. Il y a donc une crise de confiance avec l’ensemble de la classe politique. De ce point de vue, nous n’avons pas de problème car nous menons un travail de proximité qui s’inscrit dans la durée.

Les populations de l’intérieur ont des besoins concrets : désenclavement, eau potable, infrastructures socio-économiques, électrification, etc.

Ces préoccupations rejoignent bien l’engagement de la CPP qui a toujours revendiqué, à son corps défendant, que l’humain doit être au cœur de l’engagement politique.

Republicoftogo.com : Le Togo a été depuis un an le théâtre d’un mouvement de contestation orchestré par une frange de l’opposition. Pensez-vous que les élections permettront de clarifier les choses et d’installer les relations plus normales entre la majorité et les opposants ?

Francis Ekon : Votre question part d’une conception de l’opposition que nous avions déjà dénoncée. Quelle est votre instrument de mesure de la majorité des opposants. S’évalue-t-elle en intensité de bruits et d’agitation ?

La politique se mène à l’Assemblée, pas dans la rue. On peut s’étonner que les partis ayant des représentants dans l’hémicycle privilégient les manifestations plutôt que la tribune que leur offre le parlement. 

Dans cette culture de la contestation que leur apportera de plus les prochaines élections ?

La majorité de la presse privée, qui exerce pour des chapelles politiques, entretient malheureusement l’opacité plutôt que d’éclairer l’opinion. Il faudrait aussi que les médias changent pour participer à une évolution des rapports entre majorité et opposition.

Le verdict des urnes, à condition qu’il soit équitable et acceptable pour tous, peut beaucoup aider à décanter la situation. En effet, c’est la légitimité qui donne le droit à la parole officielle. Et c’est le peuple qui l’octroie au moyen du bulletin de vote. Encore faut-il avoir l’humilité de s’y soumettre.

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