Faure : « Tout commence le 4 mars »

18/02/2010
Faure : « Tout commence le 4 mars »

Faure Gnassingbé, le candidat du RPT (au pouvoir) a lancé sa campagne jeudi à Atakpamé devant des milliers de sympathisants.
"Faites moi confiance pour que nous construisons ensemble ce pays. Je vous demande votre confiance pour garantir un avenir meilleur à tous les togolais", a déclaré le chef de l’Etat.
D’un ton résolument offensif, Faure a demandé à la classe politique d'arrêter son hypocrisie concernant ceux qui incitent à la violence.
"Je ne montrerai aucune faiblesse, aucune complaisance vis à vis de ceux qui se hasarderont à poser des actes de violence au cours de ces élections. Ca suffit", a lancé le candidat à la foule survoltée.
M. Gnassingbé a invité la population à lui renouveler sa confiance pour poursuivre les réformes et la modernisation du Togo « car tout commence le 4 mars », a-t-il souligné.
Voici l'intégralité de la déclaration de Faure Gnassingbé à Atakpamé
Vaillante population de la ville des 7 collines, je n’ai pas hésité un seul instant avant de décider de lancer ma campagne à partir d’Atakpamé, parce que je sais que dans cette ville vous ne m’avez jamais déçu, vous avez toujours été là quand j’avais besoin de vous.
Il y a cinq ans à peu près, quand j’étais venu ici dans le cadre de la campagne électorale, vous étiez un peu moins nombreux mais tout aussi enthousiastes ; nous avons eu un bon meeting, la campagne était belle et je suis reparti de votre ville confiant et rassuré et pourtant, quelques jours plus tard, la violence politique s’abattait sur vous ; la violence politique grippait votre belle ville d’Atakpamé.
Les togolais s’en sont pris à d’autres togolais. J’ai été atterré, terrifié par la nouvelle. Quelques semaines plus tard, je suis venu à Atakpamé et j’ai vu moi-même les conséquences funestes de cette violence aveugle, inutile et destructrice.
Si je rappelle cela, ce n’est pas pour réveiller des blessures ou des douleurs, mais c’est pour vous dire que nous ne devons jamais oublier ces événements tristes et douloureux, nous devons en tirer les leçons pour que cela ne se reproduise plus.
Ayant vu cela, il fallait pourtant que nous continuions la marche, il fallait enterrer nos morts, il fallait soigner les blessés, il fallait ramener nos frères et sœurs qui ont fui leurs maisons pour se réfugier ailleurs.
C’est ce que nous avons fait avec l’aide de Dieu et avec votre soutien en organisant un dialogue après la formation d’un gouvernement aussi ouvert que possible en ce moment là.
Le dialogue a été organisé, les mesures d’apaisement ont été prises, la confiance a commencé à renaître, nos frères et sœurs qui étaient partis sont revenus. Nous avons pris des mesures pour corriger les défauts de notre système électoral, nous avons pris des mesures pour sensibiliser à la non violence.
Ici même à Atakpamé, je suis venu prononcer un discours et Dieu nous a entendu et aidé. Les élections législatives se sont déroulées sans violence et elles étaient crédibles et saluées par tous. Mais cela ne suffisait pas, une élection ne peut pas régler tous les problèmes d’un pays, il faut comprendre les mécanismes et les racines de ces problèmes, de ces violences politiques que nous rencontrons de temps en temps dans notre histoire.
C’est pour cela que la classe politique tout entière avait décidé de la création de la Commission « vérité, justice et réconciliation » que nous avons mise en place et installée le 29 mai 2009 avec à sa tête monseigneur Mgr Barrigah, évêque d’Atakpamé, que je vous prie de saluer.
Cette commission a débuté son travail, elle a commencé à expliquer pourquoi il était important qu’au-delà de tout, il faut que les togolais se réconcilient absolument.
Tant que nous n’aurons pas compris ce qui s’est passé, tant que nous ne saurons pas la vérité, tant que nous ne réparerons pas, tous nos progrès seront fragiles et susceptibles d’être mis en cause.
Je voudrais une fois encore m’incliner devant la dépouille de tous ceux qui nous ont quitté à l’occasion de ces événements et prier le Seigneur que l’élection qui nous attend le 4 mars se déroule dans de meilleures conditions ; qu’elle soit sans violence, qu’elle soit crédible et transparente.
Mes chers amis d’Atakpamé, grâce aux progrès que nous avons réalisés ensemble, grâce aux réformes entreprises, nous avons pu reprendre la coopération avec les principaux bailleurs de fonds, nous avons prôné l’apaisement, nous connaissons une période de stabilité et c’est ce qui nous a permis de faire les progrès que certains ont pu constater mais que tout le monde ne voit pas encore.
C’est ce qui nous a permis d’éponger les arriérés de salaires, c’est un souvenir lointain pour beaucoup mais il a fallu le faire.
Je me souviens encore, les coton-culteurs se demandaient si on les rembourserait ce que l’Etat leur devait, c’est grâce à ces progrès que nous avons pu rembourser ces dettes.
Les enseignants auxiliaires s’éternisaient dans un statut hybride, ils ne savaient pas de quoi l’avenir serait fait, c’est grâce à cela qu’ils ont été intégrés.
L’Etat a doublé ses ressources, c’est grâce aux réformes économiques à cette période de stabilité et de paix que cela a été rendu possible.
3300 points d’eau ont été créés ou réhabilités.
Vous avez vu dans toutes les préfectures, des chantiers lancés pour réaménager et construire des ponceaux, c’est aussi grâce à cette paix et cette stabilité.
Nous avons appuyé près de 5000 groupements ; le lancement de ce projet a été fait ici à Atakpamé et 100.000 personnes ont déjà pu en bénéficier en quinze mois.
Nous avons décrété la gratuité de l’école en supprimant les frais scolaires dans le primaire et le secondaire.

Et pourtant je suis le premier à reconnaître que ce n’est pas suffisant.
Quand je viens vers vous je vois je lis la tristesse sur certains visages parce que le trajet que vous avez pu faire pour venir m’accueillir a été pénible. 50 km de pistes réaménagées, ce n’est pas suffisant.
Je vois aussi les femmes me dire leurs souffrances au moment d’accoucher parce que le dispensaire, le centre de santé ou l’hôpital est trop loin et l’état de la piste est mauvais, elle arrive trop tard perdant sa vie ou son bébé.
Je vois également la détresse des enseignants volontaires qui se demandent comment ils seront récompensés de
leurs efforts pour ce qu’ils ont fait dans les EDIL (Ecoles d’Initiatives Locales).
Je vois tout cela et je me demande si nous pouvons relever tous ces défis.
Moi j’ai confiance et je me demande si les togolaises et les togolais pourront relever tous ces défis parce que les épreuves ne manquent pas.
Souvenez-vous des inondations au cours desquelles, nous avons perdu des enfants du Togo, nos infrastructures ont été détruites, malgré cela, il faut continuer la marche vers le développement.
Alors pourrons-nous le faire ? Mais en réalité, si vous réfléchissez bien, la vraie question est la suivante : est-ce que nous voulons le faire ? Est-ce que les togolaises et les togolais veulent relever le défi du progrès et du développement ? Je pense que le destin de notre pays se trouve dans nos mains.
Ne vous y trompez pas, tout commence maintenant et de façon déterminante le 4 mars. C’est cette élection qui va déterminer l’avenir de notre pays.
Il nous faudra consolider ce que nous avons commencé, c’est-à-dire que toutes les améliorations qui ont été apportées au cadre électoral doivent nous permettre d’avoir une élection apaisée et crédible.
C’est pour cela que je ne montrerai aucune faiblesse vis-à-vis de ceux qui auront la malsaine tentation, la dangereuse tentation de perpétrer à nouveau des actes de violence. Il n’y aura pas de faiblesse pour ces gens là, la justice fera son œuvre. Ils seront arrêtés et jugés s’ils se hasardent à semer encore la violence au Togo.
Je demande à la classe politique d’arrêter un peu son hypocrisie face à ceux qui prônent la violence. Je ne peux pas accepter que dans notre pays, un mouvement illégal ait encore pour slogan « l’alternance ou la mort ». Non ! Rien ne vaut la vie d’un seul togolais, pas même l’alternance ! Rien ne le vaut.
Le respect de la vie et la dignité humaine doit être placé
au dessus de tout. Personne ne doit être appelé à faire cela. Et si nous les leaders politiques, nous ne faisons pas preuve de fermeté face à ces mouvements, alors c’est à désespérer, alors nous ne méritons pas d’avoir la confiance du peuple.
J’espère que tous mes concurrents, avec moi, condamneront tout acte de violence éventuel.
Nous avons des propositions pour signer un code de bonne conduite. Que chaque candidat aille solennellement apposer sa signature sur ce code et prenne l’engagement qu’il n’acceptera aucune complaisance et aucune complicité avec ceux qui veulent recommencer des actes de violence dans notre pays.
Ça suffit comme cela !
Mes chers amis d’Atakpmé, je vous disais que tout commence avec ces élections. Si vous voulez vraiment une amélioration notable de nos conditions de vie, faites moi confiance, continuons ensemble l’œuvre que nous avons commencée, construisons ensemble un avenir radieux pour ce pays.
Je l’ai dit, je suis le premier à reconnaître que la situation n’est pas reluisante pour vous tous ; elle est même difficile mais l’espoir est permis.
C’est pour cela que nous ne devons tolérer aucune violence au cours de ces élections.
Mes chers amis, nous avons ici lancé un programme que nous avons appelé PSAEG (projet de soutien aux activités économiques des groupements), ce programme sera intensifié.
Nous l’avons fait en quinze mois, nous espérons qu’avec plus de ressources que nous attendons des différentes réformes, nous ferons beaucoup plus. Mais il y a une question qui me tient à cœur, nous avons le développement à la base, nous devons aussi promouvoir la démocratie à la base. Ici dans votre région des plateaux, dans votre préfecture et dans votre ville, vous devez avoir vos élus locaux qui prendront le relais de l’Etat pour ce développement à la base. C’est pour cela que je suis déterminé à organiser avant la fin de l’année, des élections locales pour que chaque citoyenne et chaque citoyen puisse participer à la démocratie et au développement.

FAURE A ATAKPAME EN IMAGES

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