Que valent les 27 députés de l'UFC ?

20/06/2008
Que valent les 27 députés de l'UFC ?

« Ce parlement que nous avons ne peut pas faire les réformes », indiquait récemment Gilchrist Olympio, le leader de l'UFC (opposition). Que valent alors ses 27 députés ?, s'interroge cette semaine l'hebdomadaire L'Union. Le journal rappelle la position de la facilitation burkinabé : c'est à l'Assemblée de faire les réformes et de souligner les incohérences de M. Olympio. Au sommaire également, un article consacré à la lutte contre la corruption au Togo. Les autorités veulent sensibiliser la jeunesse avec en intégrant dans les programmes scolaires les notions de bien public et de solidarité. Une loi anti-corruption devrait être votée prochainement.

##S_B##Voici une sélection d'articles publiés par L'Union

Réformes constitutionnelles et institutionnelles

Divergence de vue entre Gilchrist et le Facilitateur : Le Gouvernement a sa position

On peut penser à une façon de Gilchrist Olympio de pousser le pouvoir à aller au rythme voulu, ou encore l'expression d'une maladresse que ses affidés devront tenter de rectifier dès son départ. C'est selon.

Revenu cette fois-ci au pays sans tambour ni trompette, le leader de l'Union des forces de changement (UFC) savoure une nouvelle polémique et exclut l'aptitude des institutions actuelles à accompagner les vraies réformes constitutionnelles et institutionnelles telles qu'envisagées par l'Accord politique global (APG). «Il faut un cadre de dialogue pour les réformes. Ce parlement que nous avons ne peut pas faire les réformes». C'est à se demander où va l'opposant qui ne manque pas d'occasion pour peindre en noir le gouvernement, surtout qu'il continue de réclamer un dialogue bilatéral (non exclusif?) avec le RPT. Que valent alors ses 27 élus? Candidat déjà autoproclamé, avant l'avis d'un congrès toujours attendu, le fils de l'indépendance brandit à tout bout de champ les conditions de la loi fondamentale.

Une position que ne veut pas avaler tout de go le chef de la diplomatie burkinabé, Djibril Bassolé, celui-là même qui a été le représentant du Facilitateur Blaise Compaoré lors du dialogue inter togolais. «…la 2è phase du processus de paix constitue à mettre en Œuvre un certain nombre de réformes (qui tardent à venir), mais il faut préciser que ces réformes devraient se faire dans le cadre de la nouvelle Assemblée nationale qui vient d'être mise en place. Et là aussi, c'est l'apprentissage de la démocratie et du fonctionnement régulier des institutions (…) il y a lieu de procéder avec prudence de manière à ce que ce qui va être fait soit bien fait et soit profitable à tous», répondait-il en début de semaine à une question de la radio anglaise BBC. Et de préciser : «moins il y a de structures annexes, mieux ça vaut.

Notre souhait ardent est que toutes ces questions puissent trouver effectivement leur solution au sein de l'Assemblée nationale par le débat démocratique».

Rappelons que le Comité d'action pour le renouveau (CAR) de Madji Agboyibo s'est mis en danse depuis quelques semaines en trouvant dans le cadre permanent de dialogue la panacée pour le Togo. Sans échapper aux critiques de ses admirateurs.

Dans une récente émission sur une chaîne de télé privée de la capitale, le membre du comité central du RPT, Sélom Klassou, relevait la complexité de la situation actuelle. Le gouvernement issu de l'APG n'a pas pu étudier les réformes en question pour les mettre sur la table de la nouvelle législature ; par conséquent, il revient au gouvernement Mally qui n'était pas visé d'y plancher. En son temps, le gouvernement Agboyibo criait à tue-tête n'avoir pour tâche principale que d'organiser des élections législatives transparentes et acceptées de tous. Au sens du point III de l'APG relatif à la poursuite des réformes constitutionnelles et institutionnelles nécessaires à la consolidation de la démocratie, de l'Etat de droit et de la bonne gouvernance, les Parties prenantes au Dialogue National engagent le Gouvernement d'Union Nationale à étudier les propositions de révision constitutionnelle, notamment le régime politique, la nomination et les prérogatives du Premier Ministre, les conditions d'éligibilité du Président de la République, la durée et la limitation du mandat présidentiel, l'institution d'un Sénat, la réforme de la Cour Constitutionnelle.

Le Gouvernement prendra en charge ces propositions pour la prochaine législature, dans un esprit de large consensus. Au finish, le boycott du gouvernement par l'UFC aurait été la grande déception.

Aujourd'hui, on s'accorde à dire que tout ceci doit être déballé dans une nouvelle structure : le cadre permanent de dialogue et de concertation sur les sujets d'intérêt national dont le Gouvernement d'Union Nationale issu de l'APG devait fixer les missions, la composition et les modalités de fonctionnement. Avec les résultats des législatives, comment composer ce cadre? L'actuel gouvernement a sa position. Dans son entendement, le cadre devait embrasser les sensibilités du parlement, le baromètre qui évite d'enrôler les 80 partis (ou presque) régulièrement enregistrés et qui écarte les sensibilités d'un gouvernement qui n'est qu'exécutant. Du coup, il faut ouvrir des discussions formelles ou informelles pour créer un cadre qui ne soit pas en lui-même un problème.

Car, de quoi doit-on se prévaloir pour écarter tous ces partis politiques et même des Togolais sans couleur politique qui ont à apporter, s'est interrogé à juste titre devant les députés le ministre Pascal Bodjona. Et de poursuivre : «on voit mal comment trois délégués (à raison d'un par parti politique de l'Assemblée) peuvent se mettre autour d'une table et prétendre résoudre les problèmes de toute une Nation».

Application de la Convention des Nations Unies

Des mesures nationales anti-corruption adoptées

Réunis dans le cadre de la mise en Œuvre de la Convention des Nations Unies contre la corruption, visant à traduire dans la législation togolaise ladite Convention, les représentants de la Présidence de la République, de la Primature, de l'Assemblée nationale, de tous les ministères, des collectivités locales, des opérateurs économiques, du patronat, de l'Ordre des avocats, du secteur privé, de la société civile, des médias, des chefs traditionnels et des confessions religieuses ont adopté un manifeste de belles recommandations.

Au rang des mesures préventives, il faut inclure dans les programmes scolaires et universitaires et ceux des centres d'apprentissage l'enseignement des méfaits de la corruption, les notions de bien public et de solidarité, sensibiliser les travailleurs, en particulier ceux des régies financières, sur les valeurs d'intégrité et de transparence grâce au concours des acteurs de la communication et des syndicats, célébrer avec éclat le 9 décembre, Journée internationale contre la Corruption et date anniversaire de la signature de la Convention par le Togo.

Les mesures législatives sont entre autres l'adoption d'une loi contre la corruption qui intègre la Convention des Nations Unies, celle sur la prévention et la lutte contre la corruption de l'Union africaine et le Protocole de la CEDEAO, l'introduction d'une obligation de déclaration des biens et d'une prestation de serment pour les agents publics occupant un poste de responsabilité, avant leur entrée en fonction et en contrôler la consistance à la fin des fonctions.

A terme, il urge de publier pour devoir d'information les résultats des investigations de la structure anti-corruption, ou mettre à la disposition des populations des moyens de communication pour dénoncer les malversations financières, etc. Pour l'heure, la lutte nécessite la réhabilitation de l'Inspection générale des services judiciaires et l'inspection générale des services de sécurité, la mise en place de la Cour des comptes, la réorganisation des juridictions administratives, l'intégration d'un large éventail de la société civile au sein de l'organe gouvernemental de lutte anti-corruption.

Economie

Lomé accueille l'OHADA mi-juillet

Dans le cadre de sa politique de vulgarisation, de promotion et de consolidation du droit édicté par l'Organisation pour l'harmonisation du droit des affaires en Afrique (OHADA), le Club OHADA Togo, en collaboration avec l'Ordre des Avocats du Togo, organise un séminaire les 15 et 16 juillet 2008 à Lomé autour du thème «L'Arbitrage : un mode de règlement des litiges contractuels par excellence en droit OHADA». La réunion, fortement appuyée par l'UNIDA et l'Ambassade de France au Togo, est destinée aux juristes d'entreprises, aux avocats et aux magistrats. Elle permettra aux participants de comprendre la simplicité du recours à l'arbitrage, la rapidité dans le traitement des différends, l'impartialité des décisions et la confidentialité des sentences, à la suite des échanges avec Monsieur Pierre MEYER, auteur de l'ouvrage «OHADA, Droit de l'arbitrage» et commentateur de l'Acte Uniforme relatif au droit de l'arbitrage. L'objectif est d'accroître le recours «à l'arbitrage pour le règlement des différends contractuels».

Les opérateurs économiques seront orientés vers le compromis d'arbitrage en cas de litige pour les contrats existants déjà, et les contrats à venir comprendront des clauses compromissoires. Quant aux magistrats, leur détermination à accompagner la justice arbitrale encouragera plus les opérateurs économiques à cette option et entraînera de facto sa vulgarisation.

Les sous thèmes à aborder sont «La rédaction de la convention d'arbitrage en droit OHADA» ; «L'appui du juge étatique dans le processus arbitral» ; «L'exécution des sentences arbitrales sous le droit OHADA» ; «Le contrôle du juge étatique sur la sentence arbitrale dans le cadre du recours en annulation».

Culture

Portrait : Joe Coo, le Che de la musique togolaise

Joe Coo, de son vrai nom Nyatépé-Coo Togbé Joseph, artiste musicien, interprète, arrangeur, percussionniste, guitariste et plasticien qui partage son temps entre le Togo et la France, prépare actuellement son troisième album.  Très peu connu du paysage médiatique, il s'illustre dans ce genre particulier de la musique de chambre, ce genre très prisé par une classe sociale d'un certain niveau intellectuel.  Sa musique s'appuie sur les instruments traditionnels et les chants du terroir, ainsi que les proverbes et les devinettes.

Rencontre

Ce grand timide à la voix craintive, portant  un couvre-chef à la Che Guevara, signe de sa révolution  musicale, a été distingué en 2000 par le Programme de Soutien aux Initiatives Culturelles décentralisées (PSIC), un programme de coopération Togo-Union Européenne qui finança son premier album : « Enuaké » (« Le jour se lève »). L'album de 8 titres, tout comme le second, « Kodjo Nété », 9 titres fait un savant mélange de rythmes togolais et de sonorités musicales modernes. L'artiste explore constamment des pistes qui lui ont permis de jouer à Lomé, du 18 au 20 juillet 2002, avec une professeure de chant, compositrice et chanteuse d'opéra, Géraldine Ros et le musicien Français Jean-Jacques Lassere, fondateur du Groupe de musique électronique « Secretvibes » dans trois spectacles au Centre Culturel, au restaurant Greenfield et à l'Hôtel Mercure Sarakawa. La rencontre a été managée par Fabienne Roux, directrice à l'époque de Radio Nostalgie de Lomé.

Rencontre magique. La découverte d'un tel talent émerveilla Géraldine Ros. Tout ce qu'elle a appris dans de grandes écoles de musique en France et aux Etats-Unis, voilà quelqu'un qui en savait autant sans avoir eu le même parcours, formé tout au plus à l'école de la rue et des cabarets ! Cette  rencontre lui permit d'aller en France.

Joe Coo est venu à la musique à Aného par les « semaines culturelles » organisées dans les établissements scolaires. Mais, l'élément le plus déterminant de la carrière de l'artiste, c'est la visite inopinée dans leur concession de musiciens qui jouaient de maison en maison : « Ça m'a plu et j'ai suivi le groupe ». Au sortir de l'école les vendredis, il rejoignait ce  groupe. Sa mère n'aimait et craignait que son fils ne devienne  un drogué, « jusqu'au jour où ayant des difficultés financières, je lui portai secours ».

Racines

La musique ne nourrissant pas  son homme au Togo, Joe Coo se jeta à l'aventure quand  en 1992 le pays plongea dans les troubles politiques. Affûtant ses armes comme un troubadour,  il joua et interpréta dans les rues, les bars-restaurants et autres maquis et boîtes de nuit de Ouagadougou et de Cotonou, tous les genres de musique possibles.

Cela lui a permis d'enrichir son  expérience artistique. Il est arrivé « à se mettre dans la peau des autres », a affûté sa voix qui peut épouser mille modulations, s'attaquer à l'aigu, au médium comme au grave, à la soprano, à la voix cassée comme à tout autre voix.

Puis, il décida d'arrêter d'imiter et d'interpréter. Il lui fallait chercher sa propre voie, conquérir sa propre spécificité, se révéler sous un jour à nul autre pareil. S'imposa alors à Joe la nécessité de faire des recherches : il écume villes et villages, fréquente les personnes âgées, recueille des témoignages sur la musique traditionnelle, les instruments et les contextes de leur sortie.

Cette voie s'est révélée concluante et satisfaisante pour l'artiste qui se sent lui-même, ancré dans les profondeurs de ses racines,  convaincu plus que jamais que «  couper ses chaînes, c'est être libre ; mais couper ses racines, c'est mourir » !

Traditionaliste et philosophe,  Joe dit : « On veut suivre les autres alors que nous n'avons pas les mêmes moyens. Vous utilisez un son électronique aujourd'hui ; demain ça change, ça se perfectionne encore plus. Il faut explorer nos propres voies ! »

C'est pourquoi l'artiste, à présent, se donne la liberté de sortir des compositions innovantes qui le spécifient. L'enracinement dans nos traditions musicales, c'est l'adoption du tam-tam « Atahounga », (nom du groupe de Joe Coo), de la calebasse posée sur l'eau, puis la sortie du 2ème album « Kodjo, nété ». C'est maintenant l'utilisation de la gourde pour sortir des sonorités inattendues.

« Atahounga » se comprend littéralement comme « Ata », Dieu et « hounga », grand tam-tam. Chez les Mina, groupe culturel du Sud Togo, c'est le « Grand Tam-tam de Dieu », le « Tam-tam messager du Grand Dieu » ou encore le « Tam-tam sacré de Dieu ». Ce tambour géant taillé dans un tronc d'arbre et recouvert de peau, est encore appelé « Atopani » ou « Acrobou » par les Ewé du Sud Togo. C'est le tam-tam parlant, sacré, dont on se servait comme moyen de communication avant la colonisation. Un autre tambour adopté dans une moindre mesure par Joe Coo est le « Agbaja », tam-tam de funérailles.

Joe Coo chante tout ce qui le touche, l'espoir, la misère, la vénalité, l'hypocrisie, le mystère du monde, le retour à nos propres valeurs.

Il se produit en concert live le 25  juillet au CCF. Rendez-vous à ne pas manquer.

© L'Union du 20 juin 2008

 

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