Quel gâchis !

06/06/2013
Quel gâchis !

Le tiers des aliments produits chaque année dans le monde pour la consommation humaine, soit environ 1,3 milliard de tonnes, est perdu ou gaspillé, selon un rapport préparé par la FAO à la demande de l'Institut suédois pour l'alimentation et la biotechnologie.

Au Togo elles représentent 40% de la production agricole. Pour la ministre de l’Environnement et des Ressources forestières, Dédé Ahoéfa Ekoué (photo), cette situation n’est pas acceptable. Elle l’a répété jeudi à Lomé lors d’une conférence organisée à l’occasion de la Journée de l’environnement, célébré la veille.

« Ce gâchis est inacceptable à l'heure où des millions de gens souffrent de la faim. Avec un impact grandissant sur notre environnement, nous devons trouver des méthodes plus durables pour la production alimentaire. Nous devons réfléchir à ce que nous mangeons afin de sauver notre planète », a déclaré Mme Ekoué qui a précisé que les pertes se produisaient à tous les niveaux de la chaîne alimentaire, depuis la production agricole en passant par la distribution et la vente.

« Comment pouvons-nous financer notre développement si nos investissements dans le secteur qui contribue à plus de 40% de notre richesse ne donne pas de rendement à la hauteur de tout potentiel ? », s’est interrogée la ministre.

Certes, a-t-elle confié, la situation est préoccupante, mais pas désespérée. La solution passe par un travail commun et le recours aux facilités accordées par l’Etat.

Lire le discours de la ministre de l'Environnement 

Je voudrais vous souhaiter la chaleureuse bienvenue à la présente cérémonie consacrée  à la journée mondiale de l’environnement qui porte cette année  sur la lutte contre le gaspillage et la perte alimentaire et dont le thème est « Pensez-Mangez-Préservez  »

La production alimentaire entraine une consommation massive des ressources naturelles tels que le sol, l’air, l’eau, et la végétation.  Ces ressources sont menacées de surexploitation et pollution en raison de pratiques agricoles non durables tels que l’agriculture sur brulis, l’utilisation excessive et inappropriée d’engrais, de pesticides et d herbicides chimiques, en raison de la déforestation, des pollutions de tous ordres. Il est important de situer ce contexte national de ressources naturelles menacées pour bien comprendre l’urgence d’intensifier notre lutte contre les pertes alimentaires. 

En effet, les pertes alimentaires existent dans tous les pays même si elles prennent des formes variées selon qu’il s’agisse de pays développés ou de pays en développement. Toutefois, il nous faut retenir qu’1.3 milliards de tonnes d’aliment sont perdus annuellement alors qu’une personne sur  7 va au lit chaque jour sans manger et 20000 enfants meurent  chaque jour à cause de la faim. Au Togo les pertes représentent annuellement 40% de la production agricole alors que cette production est le fruit du dur labeur de nos populations rurales qui dans leur majorité sont pauvres .Les pertes alimentaires se produisent à tous les niveaux de la chaîne alimentaire depuis la production agricole en passant par la distribution et la vente et la consommation. Ainsi nous enregistrons des pertes de   productions agricoles , des pertes post recoltes, les pertes  de distribution, et les pertes de Consommation, pertes et gaspillages constatés au stade de la consommation par les ménages. Il faut noter que ces pertes sont amplifiées par les aléas climatiques tels que les inondations , les sécheresses et les perturbations de saisons.

Les causes de ces pertes sont diverses. Les pertes de  productions agricoles  sont dues aux dégâts mécaniques et/ou à des rejets durant les opérations de récolte ; Les pertes post-récoltes sont causées par  les rejets et les détériorations durant les opérations de manipulation, de stockage et de transport entre le lieu d’exploitation agricole et les lieux de distribution ; les pertes  de distribution résultent des détériorations enregistrées au stade de la commercialisation des produits comme, par exemple, les marchés de gros, les commerçants/détaillants et les marchés de produits frais, de fruits ou de légumes; et les pertes de Consommation sont quant à elle enregistrées au stade de la consommation par les ménages .

En raison de ces pertes, une partie importante des produits issus de l’utilisation de nos ressources naturelles eau, sol, air, et couvert végétal se retrouvent dans nos poubelles devenant des déchets sans avoir, au préalable, apporté une utilité quelconque à nos populations et à notre pays . 

Pour notre production agricole,  les agriculteurs  se procurent  des semences, des engrais, ils consacrent du temps et des efforts pour travailler, ils louent ou achètent des équipements, ils détruisent  une grande partie du couvert  forestier déjà très limité, en dégageant un grand nombre d’ arbres afin d’ avoir l’espace pour cultiver, ils détruisent la biodiversité végétale et faunique qui existent dans ces espaces. En plus, les productions doivent investir leur  propre argent ou prendre des prêts. Malheureusement,  le profit obtenu est souvent en dessous du potentiel que l’on pourrait attendre sur  tous ses investissements faits. En effet, plusieurs facteurs viennent limiter la quantité finale de produits vendus. On peut citer les intempéries, les ravageurs, les difficultés de transport ou d’écoulement, les difficultés de conservation. 

Comme vous pouvez le remarquer, les produits agricoles perdus représentent un manque à gagner important pour le producteur qui a investi, un gaspillage  des ressources naturelles qui font partie de notre patrimoine naturel commun, et des pertes financières pour l’Etat.  

Il est clair que nous utilisons plus de ressources naturelles que nécessaires pour une quantité  finale d’aliments vendus et consommés alors que ces ressources naturelles sont déjà menacées par la surexploitation et la pollution. Cette situation est hautement préoccupante car si les ressources naturelles sont renouvelables elles ne sont pas inépuisables et leur cout de restauration est bien au delà de nos capacités financières de  notre pays. Comment  pourrions nous développer notre agriculture dans le futur sans ressources naturelles de qualité ? 

Nous ne  le dirons jamais assez,  nous devons tout faire pour arrêter ces gaspillages alimentaires qui représentent aussi des pertes financières pour les agriculteurs, les commerçants, les petites entreprises de transformation, car les investissements  qu’ils ont faits au prix de grands sacrifices en moyenne ne produisent  qu’un peu  plus de la moitié des revenus possibles. Les consommateurs voient aussi leurs revenus compromis en raison des avaries de produits alimentaires. 

Pour l’ Etat, les pertes alimentaires sont aussi un manque à gagner énorme . En effet, l Etat soutient la production alimentaire en mettant en place des infrastructures tels que le routes les pistes rurales les aménagements hydroagricoles, des magasins de stockage, de l’énergie, en facilitant l’accès à des intrants subventionnés, en apportant de l’accompagnement technique et financier des communautés à la base, organisateurs de producteurs et de commerçants, et  en offrant des appuis techniques et de la sensibilisation sur les approches respectueuses de l’ environnement.  

Vous conviendrez donc avec moi qu’avec  les pertes alimentaires une partie importante des ressources financières publiques investies  sont gaspillées au moment même où notre pays a besoin des financements plus importants pour réaliser les priorités de développement économique et social tels que la santé, l éducation,  l’accès à l’eau et à l’assainissement, de transport, l’énergie, le reboisement, et particulièrement l’emploi de jeunes. Comment pouvons nous financer notre développement si nos investissements dans le secteur qui contribue à plus de 40% de notre richesse ne donne pas de rendement à la hauteur de tout potentiel. 

Mesdames Messieurs 

La situation est préoccupante mais pas désespérée. Il y a l’espoir car nous pouvons réussir à mettre fin aux pertes alimentaires en travaillant ensemble pour  utiliser au mieux les mesures et facilités mises en place par l Etat et en y mettant chacun du sien.

Les communications nous apporteront des précieuses informations sur ce qui est en cours et ce qui peut être fait en plus de cela par chacun d entre nous. Je voudrais donc exhorter chacun d’entre nous et particulièrement vous la centaine de représentants de producteurs, de commerçants et de consommateurs, de leaders communautaires à bien vous informer pour sensibiliser votre base à tirer profit des accompagnements prévus par l Etat et à faire tout ce qui est de leur ressort afin que nous gagnions ce combat contre les pertes alimentaires. Je tiens aussi à encourager vivement le secteur privé représenté aussi dans l’audience à se saisir les opportunités qu’offre notre agriculture en investissant dans la technologie qui comme l’a si bien dit le Secrétaire Général des Nations Unies à l’ occasion de cette journée mondiale de l’environnement, est nécessaire pour endiguer ce problème de gaspillage alimentaire. 

Le Gouvernement travaille à créer un cadre favorable pour  la promotion de la technologie et à faciliter l’introduction de technologies appropriées pour la transformation mais il ne peut à lui seul être l’ artisan de la vulgarisation des technologies nécessaires pour inverser la tendance de pertes alimentaires dans notre pays. Le secteur privé a un rôle important à jouer et peut tirer de profit de cette niche d opportunités économiques telle que la transformation des produits agricoles. La mobilisation d’investisseurs,  le gouvernement s’attele à créer ce cadre favorable et en appelle à tous les parties prenantes pour qu’elles jouent chacune leur partition dans cette mobilisation de financement privé en faveur de la modernisation du secteur agricole et de la transformation des produits agricoles. C’est pour cela qu’il soutient l’entreprenariat y compris l’entreprenariat agricole. 

Nous sommes conscients aussi qu’il faut plus d investissements de l’Etat dans les infrastructures de toutes sortes et le gouvernement est engagé à le faire comme indiqué dans la stratégie de croissance accélerée et de l emploi validée pour la période 2013-2017 et l intensification des travaux d’infrastructures de tout ordre y compris de transport. Pour réaliser toutes ces ambitions, notre pays a besoin de moyens financiers accrus. Le gouvernement se félicite des apports financiers consentis par les bailleurs de fonds et  leur lance un appel pour plus de financements à notre pays. 

Quant à la société  civile, elle doit continuer la sensibilisation et l’appui aux communautés à la base pour l’adoption de solutions plus durables qui nous permettent de gagner plus en protégeant l’environnement. 

Conscient de l’importance de la sensibilisation pour une utilisation rationnelle de nos ressources naturelles par tous les acteurs y compris les acteurs a la base, le Gouvernement organise du 7 au 21 Juin, ceci dans le cadre du mois de l’environnement, la première caravane nationale de l’environnement et du développement durable, dont l’objectif est de sensibiliser la population surtout celle à la base sur les problèmes environnementaux tels que : la déforestation, la dégradation des sols les changements climatiques, la désertification et,  la perte de la biodiversité. Cette caravane  a la particularité de proposer aux populations à la base des produits, des solutions, des pratiques durables et accessibles, fondés sur des initiatives locales réussies dans notre pays  afin de promouvoir à la fois à la préservation de l’environnement et à l’amélioration des conditions économiques des populations.

Nous invitons tous les participants et toute la population à se joindre à nous à Tsévié, Atakpamé, Sokodé, Kara et Dapaong pour soutenir à un développement durable accéléré à la base et pour permettre à notre pays et à nos populations de gagner plus en protéger l’environnement.  Comme nous le montre le thème de la journée, gaspiller nos ressources naturelles est un danger pour notre survie.

Je me rejouis déjà que chacun de nous sortira de cette salle  fortement engagé à faire tout ce qu il peut pour  freiner et mieux arrêter le gaspillage alimentaire et la perte de ressources naturelles. Je suis aussi convaincue que chacun d’entre nous sera déterminé à agir comme relais pour mobiliser d’autres acteurs pour cette guerre contre le gâchis alimentaire. 

C’est sur cette note d’espoir pour notre victoire sur le gaspillage alimentaire et en vous invitant à nous rejoindre pour la première caravane de l’environnement et du développement durable que je déclare officiellement lancée la journée mondiale de l’environnement au Togo et ouverts les travaux de la conférence de célébration de cette journée. 

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