Sagacité, doigté, douceur et patience

30/05/2011
 Sagacité, doigté, douceur et patience

L’accord politique conclu entre le RPT (au pouvoir) et l’UFC (opposition) souffle sa première bougie. A cette occasion, le président de ce parti, Gilchrist Olympio (photo), a adressé un message à ses militants et sympathisants et aux Togolais dans lequel il explique que l’objectif final de l’accord est favoriser « l’alternance politique pacifique, progressive et négociée ».
Mais, souligne M. Olympio, « devant un problème aussi difficile que l’alternance politique au Togo après plus de quarante ans du régime RPT, il faut savoir faire preuve de sagacité, de doigté, de douceur, de patience, et de détermination (…) ».

Voici le message du président de l’UFC
Mes chers compatriotes,
Il y a un an, le 26 mai 2010, nous avons pris la responsabilité historique de signer avec le Rassemblement du Peuple Togolais (RPT), un accord politique qui devra permettre de réaliser « la réconciliation nationale, de consolider la paix, de s’atteler avec détermination au redressement social et économique de notre pays, et enfin d’ouvrir la voie à une alternance politique pacifique ».
Nous avons pris cet engagement après plusieurs années d’opposition frontale et radicale de signer un accord permettant de lever tous les obstacles et les leviers pour une alternance. Cet accord historique peut être le noyau des négociations entre l’opposition et le RPT.
Comme vous le constatez, cet accord vise donc trois buts essentiels :
 - consolider l’apaisement général dans le pays
 - concourir au redressement économique et social du Togo
 - créer les conditions pour une alternance politique pacifique
Notre premier objectif, en ce premier anniversaire de notre message du 27 mai 2010 au peuple togolais au sujet de cet accord, est de réconcilier et de réunir toutes les forces vives de notre pays pour trouver ensemble les solutions à notre pays qui se trouve dans une situation économique déplorable, à cause d’une mauvaise gouvernance qui a perduré pendant des décennies, et surtout pour « baliser » le chemin qui nous mènera de manière sûre à « l’alternance politique pacifique », progressive et négociée.
Cette journée n’est donc point celle de l’autosatisfaction de l’UFC et du RPT, mais mérite un bilan synthétique.
De manière indéniable, il y a eu quelques réussites au regard de la situation inacceptable dans laquelle se trouvait notre pays et, nous avons attaqué avec courage et détermination l’œuvre de reconstruction nationale et de consolidation du tissu national.
En effet, le chômage est grand et la pauvreté s’inscrit sur beaucoup de visages dans notre pays. « Rome ne s’est pas construite en un jour », et il était nécessaire de réhabiliter toutes les infrastructures qui sont à la base de tout développement. Ces chantiers sont en cours et chacun peut constater que les grandes artères de nos villes (Lomé, Kara, Dapaong, Aného) ainsi que les ponts sont en construction.
Nos écoles après plusieurs années de négligence sont aussi l’objet d’attention et grâce à nos efforts, à ceux du gouvernement en partenariat avec l’Union Européenne, la France, l’Allemagne, la Banque mondiale, le PNUD, et toute la communauté internationale.
Le citoyen togolais a le droit d’être impatient, mais avec cette communion d’esprit que nous essayons d’établir avec le RPT et la sollicitation de toutes les bonnes volontés de la communauté politique locale, nous atteindrons notre but.
La situation des droits de l’homme reflète un relatif apaisement général du pays. Nous le savons cependant, les choses ne sont pas parfaites et nous avons encore des tâches importantes à accomplir dans ce domaine.
Nous félicitons tous nos médias : organes de presse radios et télévision, malgré les critiques parfois injustifiées. Nous estimons que les médias font partie intégrante de la société que nous construire dans notre pays. C’est pour cela que les institutions en charge doivent être plus vigilantes et dotées de moyens efficaces de contrôle et de régulation comme cela est le cas dans les démocraties modernes.
Bien entendu, nous restons fermement attachés comme toujours à la liberté de manifestation pacifique qui constitue un droit fondamental du citoyen.
Les étudiants, force d’avenir de notre pays ont à plusieurs reprises manifesté leur mécontentement, et plus bruyamment ces derniers jours. Nous demandons instamment au gouvernement de leur permettre d’exprimer leurs revendications dans le calme, la discipline, le respect du droit, des personnes et des biens de l’Université de Lomé, et de tout mettre en œuvre pour leur assurer le minimum des moyens leur permettant d’exercer convenablement leur travail consistant à apprendre.
Nous devons cependant rappeler que la population estudiantine dans notre pays est passé en quelques années à plus de 50.000 dans un contexte économique et social défaillant. L’infrastructure matérielle et les ressources financières et humaines font défaut, mais nous devons nous employer à organiser, en concertation avec la communauté universitaire et en recourant à des partenariats, le monde universitaire et scolaire de notre pays.
De même, notre système judiciaire mérite une attention particulière car il est vicié par plusieurs années de corruption et d’incurie.
Voilà le bilan synthétique que nous tenions à vous présenter un an après la signature de l’accord historique UFC-RPT.
La sagesse ancestrale de notre pays nous enseigne que, devant un problème aussi difficile que l’alternance politique au Togo après plus de quarante ans du régime RPT, il faut savoir faire preuve de sagacité, de doigté, de douceur, de patience, et de détermination, autant que le suggère l’expression idiomatique éwé-mina : « asso ayé so kploè ».
Cela s’impose à tous ceux qui aspirent sincèrement depuis si longtemps à l’alternance politique au Togo d’autant plus que toutes les voies explorées jusque lors, au prix du sacrifice de milliers de « martyrs de la démocratie togolaise », depuis la lutte armée jusqu’aux diverses élections frauduleuses, nous ont conduit dans des impasses. Nous devons reconnaître que la politique de confrontation dont nous étions le partisan résolu n’a finalement produit que peu de résultats.
Qu’il nous soit permis de rappeler que les 45 années de lutte de Nelson Mandela ont abouti à des négociations avec le régime de Frédérik De Klerk, qui ont fini par ouvrir effectivement la voie à l’alternance politique pacifique. Nos très longues années de lutte, 43 années d’opposition au régime RPT et les leçons que nous en avons tiré nous inspirent d’œuvrer pour instaurer la réconciliation et la confiance parmi la classe politique et surtout parmi les jeunes qui n’ont rien à voir avec les antagonismes politiques du passé.
Au sujet de la réconciliation nationale qui est un des objectifs de l’accord UFC-RPT, les militants et combattants de la cause palestinienne, devenus depuis quatre ans « les frères ennemis » du Fatah et du Hamas, qui sont allés jusqu’à l’affrontement fratricide armé, ont donné au monde entier, en particulier à tous les militants et combattants de la noble cause de l’alternance politique pacifique au Togo, une leçon politique magistrale, en inaugurant le 27 avril 2011 au Caire les discussions sur un accord historique scellant leur réconciliation et renforçant leur capacité de militantisme et de combat pour leur cause commune. Un résumé éloquent de cette « leçon politique magistrale » est la déclaration suivante du président palestinien et chef du Fatah « Nous annonçons que nous tournons pour l’éternité la page noire de la division ».
Cette « leçon politique magistrale » ôte à tout militant et combattant sincère de la noble cause de l’alternance politique pacifique au Togo tout prétexte pour refuser ou différer « l’union sacrée de l’opposition togolaise » en vue de cette noble cause, puisque, quelque soit la dureté des invectives qui ont été échangées entre eux, quelque soit la bassesse et l’injustice de la diabolisation dont certains ont été les victimes, quelque soit l’immoralité des actes posés par certains assoiffés de pouvoir, les hostilités entre les « frères ennemis » de la noble cause de la démocratie togolaise ne sont pas allés jusqu’à l’affrontement armé comme l’ont font les « frères ennemis palestiniens ».
C’est pourquoi, je compte dans les semaines à venir rassembler les chefs des partis politiques et les leaders d’opinion les plus représentatifs pour réfléchir ensemble à la réalisation des leitmotivs de l’appel du 27 mai 2010 à savoir, la réconciliation nationale, la consolidation de la paix, le redressement social et économique de notre pays, et une alternance politique pacifique.
Quand, avec le concours de toutes les parties concernées, nous réussirons à accomplir cette mission exaltante, nous honorerons ainsi le sacrifice des milliers de « martyrs de la démocratie togolaise », nous ferons l’admiration du monde entier pour notre capacité de résolution pacifique des conflits politiques, et à la faveur de l’accomplissement du rêve de « l’alternance politique pacifique », nous retrouverons notre confiance et notre fierté de dignes fils et filles du « Pays de nos Aïeux », appelés à faire fructifier notre devise de « travail, liberté, partie », pour renouer avec la culture de l’excellence dans tous les domaines des activités humaines et pour faire ainsi un jour de notre « Togo chéri, l’or de l’humanité », comme nous n’arrêtons de le chanter dans notre hymne national.
QUE L’ETERNEL BENISSE LE TOGO ! ABLODE ! ABLODE GBADJA !

Gilchrist OLYMPIO
Président National de l’UFC

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