Statut de l'opposition : Agboyibo et Olympio ne sont pas sur la même longueur d'onde

12/03/2008
Statut de l'opposition : Agboyibo et Olympio ne sont pas sur la même longueur d'onde

Le 26 février dernier, le ministre de l'Administration territoriale, Pascal Bodjona, avait adressé aux deux partis d'opposition parlementaire, le CAR et l'UFC, une note les invitant à faire des suggestions et propositions sur le futur statut de l'opposition.  Les réponses viennent d'arriver. Le Comité d'Action pour le Renouveau de Me. Agboyibo estime dans sa réponse reproduite, ci-dessous, que le principe de la « cogestion » doit prévaloir pour l'ensemble de la classe politique. Le CAR ne voit pas d'un bon Œil l'idée d'un porte-parole commun pour l'opposition.

Pour sa part, l'UFC ne se dit pas hostile à la désignation d'un chef de l'opposition. « Le chef de l'opposition est le leader du parti de l'opposition qui dispose du plus grand nombre de sièges à l'Assemblée Nationale », peut-on lire dans la réponse de l'UFC à Pascal Bodjona. Logique du point de vue de la formation de Gilchrist Olympio puisqu'elle aligne 27 députés contre 4 pour le CAR.Les dernières élections législatives au Togo ont donné une majorité de sièges au RPT (50).

Courrier du CAR

A Monsieur le Ministre d'Etat, Ministre de l'Administration Territoriale, de la Décentralisation et des Collectivités Locales

Objet: Votre correspondance N° 0025/MATDCL-CAB relative au statut de l'opposition

J'ai l'honneur d'accuser réception de votre correspondance du 26 février 2008 par laquelle vous avez bien voulu convier notre parti à faire des propositions et suggestions pour le statut de l'opposition.

Dans l'immédiat, le CAR considère que les différentes composantes de la classe politique doivent conjuguer leurs énergies dans le cadre d'un régime de cogestion en vue de relever les nombreux défis auxquels notre pays est confronté, notamment la consolidation de notre jeune démocratie, le redressement socio-économique et la réconciliation nationale.

En attendant d'y parvenir, il y a lieu de prendre des dispositions pratiques pour que les partis politiques, qu'ils soient au pouvoir ou dans l'opposition, aient les mêmes droits et devoirs.

Le CAR tient à souligner, à toutes fins utiles, que l'idée d'un chef ou porte-parole de l'opposition ne se conçoit pas dans le contexte d'un système politique non bipartite où chaque parti d'opposition a ses pratiques et valeurs de référence.

Veillez agréer, Monsieur le Ministre d'Etat, l'expression de mu considération distinguée.

Me Madji Agboyibo

Courrier de l'UFC

A Monsieur le Ministre d'Etat, Ministre  de  l'Administration Territoriale, de la Décentralisation et des Collectivités Locales

Nous accusons réception de votre lettre n°OO24/ MATDCL-CAB en date du 26 février 2008, relative à l'élaboration d:un projet de loi portant statut de l'opposition.

L'instauration et la consolidation de la démocratie dans notre pays exige en effet, qu'un statut juridique spécifique soit conféré à l'opposition pour lui garantir l'espace de liberté, de sécurité ainsi que le respect et la considération nécessaires à sa pleine participation à l'animation de la vie politique nationale.

Pour l'UFC, cette loi ne saurait être un texte de plus pour masquer des pratiques antidémocratiques mais un véritable instrument devant permettre à l'opposition d'exprimer ses différences par rapport au gouvernement en place, par rapport au parti politique ou groupe de partis politiques formant la majorité au pouvoir.

Le statut de l'opposition devra en premier lieu donner une définition claire des

concepts fondamentaux tels que majorité, opposition, chef de l'opposition. Ainsi :

La majorité au pouvoir est constituée du parti politique ou groupe de partis politiques qui composent le gouvernement en place et/ou soutiennent son action.

L'opposition est constituée de tous les partis politiques ou groupes de partis politiques qui ne participent pas à l'action du gouvernement en place et/ou ne soutiennent pas son action. Elle comporte deux composantes : l'opposition parlementaire et l'opposition extra parlementaire.

Les partis politiques ou groupes de partis politiques de l'opposition représentés à

l'Assemblée    Nationale constituent l'opposition parlementaire, tandis que ceux qui

n'y sont pas représentés constituent l'opposition extra parlementaire.

Le chef de l'opposition est le leader du parti de l'opposition qui dispose du plus grand nombre de sièges à l'Assemblée Nationale. En cas d'égalité de sièges, le chef de l'opposition est le leader du parti ayant totalisé le plus grand nombre de suffrages.

Le statut de l'opposition devra en outre veiller particulièrement :

•    à l'élimination de toute entrave à l'exercice des droits et des activités politiques des partis politiques de l'opposition par un responsable administratif, un individu ou groupe d'individus ;

•    au financement public des partis politiques de l'opposition ;

•    à la représentation de l'opposition dans les institutions de la République ;

•    à l'élimination de tout acte de discrimination ou d'exclusion à l'égard d'un citoyen dans ses activités économiques, professionnelles, administratives, culturelles et sociales, en raison de son appartenance à l'opposition ;

•    à un accès équitable des partis politiques, de la majorité comme de l'opposition, aux médias publics ;

•    à un libre accès des partis politiques de l'opposition aux renseignements et informations de toute nature dans les ministères et administrations publiques.

Dans    l'attente d'examiner au cours de notre prochaine rencontre, un document

de travail prenant en compte nos préoccupations ci-dessus, nous vous prions d'agréer, Monsieur le Ministre d'Etat, les assurances de notre considérationdistinguée.

Kaloukouey Diabacté

 

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