Un véritable malentendu

12/12/2011
Un véritable malentendu

Un conseil des ministres extraordinaire s’est réuni lundi à Lomé. Il a été entièrement consacré aux récents heurts qui se sont déroulés dans les deux universités du Togo après l’adoption par le gouvernement d’un nouveau régime d’attribution des bourses.

Dans le communiqué final, il est indiqué que « le constat a été fait aussi bien par le gouvernement que les étudiants qu’il s’agit en réalité d’un véritable malentendu ».

Et pour lever ce malentendu, le gouvernement attend de la part des étudiants, « une réaction rapide et des propositions concrètes afin que s’engagent de nouvelles discussions touchant à la clarification des points du décret qu’ils contesteraient encore ».

Les autorités attendent également un engagement ferme des étudiants à reprendre les cours « dans le respect des lois et règlements en vigueur dans les universités ». D’ici là, les deux campus resteront fermés.

Voici le communiqué du conseil des ministres extraordinaire 

Le conseil des ministres s’est réuni ce jour en séance extraordinaire au palais de la Présidence de la République sous la présidence de son Excellence, Monsieur Faure Essozimna Gnassingbé, Président de la République, chef de l’Etat.

Cette session a été essentiellement consacrée à l’examen de la situation qui prévaut dans les universités de Lomé et de Kara à travers une communication présentée par le Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche.

Le Ministre a fait le point sur la genèse de ces mouvements violents de contestation et de revendication, de la réaction du gouvernement, et des perspectives de solutions envisagées pour ramener le calme au sein de nos universités et faciliter le bon déroulement des enseignements au cours de cette année académique 2011-2012.

Sur la genèse de ces évènements, le constat a été fait aussi bien par le gouvernement que les étudiants qu’il s’agit en réalité d’un véritable malentendu étant entendu que les étudiants ont reconnu eux-mêmes hier lors de la rencontre avec les représentants du gouvernement qu’ils n’étaient pas en possession du décret portant réforme du régime des bourses d’études, de stages et des allocations de secours, objet de leurs contestations.

En 2ème lieu, les conflits et les luttes de leadership qui existent entre les différents mouvements sur les différents campus ont été une source de surenchère et d’exacerbation des tensions et donc de la violence dont les étudiants eux-mêmes regrettent les conséquences.

Tertio, le sentiment d’une marginalisation qui en réalité n’est pas réelle, que les étudiants de l’Université de Kara avaient relevé a été aussi un élément d’une crise de confiance artificielle entre ceux-ci, et les autorités de l’enseignement supérieur.

La volonté du gouvernement de maintenir un contact permanent avec l’ensemble du monde universitaire, professeurs et étudiants compris, est irréversible et permanent, et ne peut donc être mis en cause par les étudiants.

Sur cette base, rien ne pourrait justifier le déclenchement de tels mouvements avant qu’on ait essayé de chacun des cotés d’engager des discussions.

Enfin, les étudiants eux-mêmes ont reconnu, que leur mouvement a été infiltré et instrumentalisé par des forces obscures pour des objectifs et des desseins, loin de la défense des intérêts des étudiants et de l’amélioration de leurs conditions de vie et d’étude.

Sur la position du gouvernement face à ces évènements, la rencontre de dimanche a été l’occasion pour les ministres de l’exprimer clairement et de la signifier aux responsables des associations et mouvements d’étudiants des universités de Lomé et de Kara :

  1. 1. Les universités restent fermées jusqu’à nouvel ordre ;
  2. 2. Elles ne seront réouvertes qu’à la demande expresse des étudiants, et leur engagement à respecter les règles régissant le fonctionnement des universités (droits et devoirs) ;
  3. 3. Des poursuites judiciaires seront engagées contre les auteurs des casses et des dommages causés sur des bâtiments et édifices à l’extérieur de l’université ;
  4. 4. Les destructions causées par les étudiants dans les deux universités feront également l’objet de mesures disciplinaires et de réparations décidées par les autorités universitaires ; etc..

Face à tous ces constats, le gouvernement attend de la part des étudiants, une réaction rapide et des propositions concrètes afin que s’engagent de nouvelles discussions touchant à la clarification des points du décret qu’ils contesteraient encore, et un engagement ferme à reprendre les cours dans le respect des lois et règlements en vigueur dans les universités.

Le Ministre de la Sécurité et de la Protection Civile a complété cette communication en faisant le point des dégâts occasionnés par ces actes de violence tant sur le  plan matériel que humain.

Au titre des édifices publics :

  • • La dégradation de la Direction Régionale des Impôts de Kara ;
  • • La dégradation du service des Postes ;
  • • La dégradation de la Direction Régionale des bourses et stages ; l’attaque d’un centre informatique au collège Chaminade ;
  • • La dégradation de la Direction des Affaires Académiques et de la Recherche Scientifique (DAARS) de l’université de Kara ;
  • • La dégradation des domiciles et édifices privés ;
  • • Le bureau de l’Agence Nationale pour la Sécurité Alimentaire (ANSAT) Kara a été cassé ;
  • • Plusieurs endroits de bitumes détruits suite aux barricades incendiaires.

Au titre du matériel roulant :

La casse de cinq (05) véhicules de la Gendarmerie ;

D’un véhicule de la police ;

D’un véhicule de commandement du Préfet ;

D’un véhicule de l’ODEF ;

D’un véhicule de radio Kara ;

D’une ambulance du CHU Kara

D’un véhicule privé du Commandant de Brigade de la Gendarmerie.

Les voies de fait perpétrées sur les personnalités se sont traduites par :

  • • La séquestration du Préfet et de certaines personnalités administratives.

Des violences exercées sur de paisibles citoyens. On dénombre après ces évènements :

  • • dix huit (18) agents de force de sécurité blessés dont 1 dans un état critique, 
  • • sept (07) étudiants  blessés dont un (01) est toujours hospitalisé. 

Une enquête est ouverte afin de situer les responsabilités.

Le gouvernement présente sa compassion à toutes les victimes et souhaite aux blessés un prompt rétablissement.

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