Une coalition contre la pauvreté

25/01/2014
Une coalition contre la pauvreté

Repousser les frontières de l’exclusion financière, telle est l'ambition du Fonds national pour la finance inclusive, officiellement lancé samedi au Palais des congrès de Kara par le président de la République. 'C’est une véritable coalition contre la pauvreté que nous mettons en place', a-t-il lancé.

 L’objectif est de parvenir, d’ici 5 ans, à créer des emplois, à stimuler les activités génératrices de revenus et à aider au développement des micro entreprises en accordant plus facilement des financements. 

Au Total, 2 millions de personnes pourraient en bénéficier. 

Faure Gnassingbé est parti d’un constat simple : très peu de Togolais, notamment les plus défavorisés, ont accès aux services financiers de base, ils sont également exclus du secteur bancaire traditionnel.

Le Fonds se veut une réponse institutionnelle. Le projet est piloté par le ministère du Développement à la base. 

Le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), la Banque africaine de développement (BAD), l’Union Européenne se sont engagés à accompagner le projet.

‘Le Fonds traduit l’engagement du gouvernement à lutter contre la pauvreté’, a souligné le représentant de l’UE, Nicolas Berlanga-Martinez.

L’idée d'un Fonds de cette nature n’a rien d’utopique.

Faure Gnassingbé samedi au Palais des congrès de Kara

On pense généralement que les pauvres sont moins solvables que les riches. Par des mécanismes originaux reposant notamment sur la solidarité de groupe et des échéanciers de remboursement adaptés, les institutions de microfinance obtiennent des taux de remboursement des crédits très satisfaisants, de l’ordre de 97 ou 98 %.

Le microcrédit permet, même à des gens très modestes, de développer une micro-activité génératrice de revenus, qui peut être commerciale, artisanale ou agricole.

Outre le microcrédit, la microfinance englobe la micro-épargne, la microassurance, le crédit-bail et les transferts de fonds des migrants. Le développement récent des systèmes de paiements par téléphone portable permet d’étendre l’accès à ces services financiers. Les services proposés sont en constante évolution. Par exemple, la microassurance, qui se concentrait préalablement sur l’assurance décès et invalidité des emprunteurs, est en train de se développer dans les domaines de la santé et de l’agriculture. 

Le Fonds n’a pas l’ambition de se substituer aux politiques publiques d’infrastructure, d’éducation ou de santé, ni aux programmes internationaux, ni aux initiatives de caractère caritatif, mais bien de les compléter en apportant des services financiers adaptés à des millions de pauvres, qu’elle contribue à organiser localement en une société civile active. 

A cet égard, le rôle de la microfinance dans l’émancipation des femmes mérite d’être souligné. Ce qu'a d'ailleurs fait le président Faure Gnassingbé lors de son intervention. Celles-ci constituent plus de deux tiers des emprunteurs de la microfinance. L’émancipation ou empowerment est l’acquisition d’un droit à la parole et à la reconnaissance sociale et peut être considérée comme un processus vers l’égalité entre les hommes et les femmes.

Pour toutes ces raisons, le secteur de la micro finance connaît une forte croissance au Togo. 62.400 bénéficiaires en 1995 ; 1.333.934 au 30 juin 2013 ! 

VOIR LE DIAPORAMA

Voici l’intervention du chef de l’Etat

Chers amis partenaires,

Avant de commencer mon propos, je tenais, en votre nom et au mien propre à remercier les vaillantes femmes de Kara pour l’accueil qu’elles nous ont réservé ce matin. Je pense que rien que cet accueil vaut lancement du Fonds National de la Finance Inclusive.

Néanmoins je voudrais commencer par saluer la présence discrète mais réelle parmi nous de la délégation béninoise. Et en le faisant, je voudrais rendre un hommage appuyé à mon frère et ami le Président Yayi Boni que nous aurons la joie d’accueillir ici dans quelques semaines. (...)

Je voudrais également saluer la présence de nos partenaires. Je pense que les rares fois où nous nous voyons aussi réunis, c’est généralement autour de dialogues politiques, de tables rondes politiques. 

Mais aujourd’hui nous avons voulu vous montrer un autre visage du Togo et je pense qu’au travers de l’accueil de ce matin, des prestations des chorales et des femmes, de King Mensah, de Finiki, vous aurez compris que même si nous sommes à Kara, c’est un projet qui est national et qui a l’adhésion de toute la population togolaise.

Et il me semble que dans cette logique, puisque nos amis du secteur privé n’ont pas voulu être en reste, je vois le président de la chambre de commerce et d’industrie du Togo, je vois le président de l’association des grandes entreprises du Togo, les banquiers (…), c’est donc une véritable coalition contre la pauvreté que nous sommes en train de mettre en place avec ce Fonds national de la finance inclusive.

Nous nous sentons honorés, nous nous sentons soutenus par cette énergie qui se dégage de la population, par ces apports, par ce soutien qui nous viennent du Benin mais également des partenaires traditionnel.

Le Fonds a été expliqué dans toutes les régions. Ici à Kara aussi les différents représentants ont apporté leur soutien à cette initiative du gouvernement. Et moi ce que je peux dire en tant que premier responsable de ce pays, c’est de vous dire mon total engagement, tout ce que le gouvernement pourra faire, il le fera pour que ce fonds soit une réussite.

Nous sommes au service de la population et surtout des plus vulnérables.

Après les périodes difficiles que nous avons connues, nos amis partenaires nous ont rejoints, les bailleurs de fonds sont revenus au Togo et nous avons parcouru un long chemin ensemble depuis 2007-2008 que la coopération a repris. Le bilan qui a été fait l’année passée, c’est que les choses se sont améliorées mais nous n’avons pas suffisamment pu impacter la vie des plus pauvres. Le reconnaitre, ce n’est pas une faiblesse. Il faut d’abord poser un bon diagnostic  avant de chercher de trouver le remède. Et votre présence ici est la preuve que vous avez avec nous le sentiment que nous sommes sur le bon chemin et que nous ne pouvons pas laisser dans notre pays les pauvres s‘appauvrir davantage.

Une des réponses que nous apportons, c’est justement la mise en place de ce fonds. J’ai été réconforté mais également conforté dans ma conviction que la lutte contre la pauvreté est d’abord de la responsabilité des Togolaises et des Togolais.

Et quand le directeur du fonds national de la microfinance du Bénin a dit que 88% des financements mobilisées viennent du budget national, cela m’a conforté, je pense que vous avez raison, nous aussi au Togo nous essayerons de faire aussi bien que nos devanciers.

Nous avons prévu une certaine somme dans le budget et nous allons essayer de faire davantage. Nous allons être plus ambitieux. Je ne veux pas annoncer de chiffres si non après vous allez me dire vous avez dit 4 milliards mais nous n’avons vu que deux. Nous allons faire davantage mais ce fonds ne réussira pas si vous ne nous soutenez pas, vous les femmes où que vous soyez. On a parlé de Mandouri, Cinkassé, Aného, Vogan, où que vous soyez soutenez nous parce que c’est vous qui êtes à l’avant-garde du combat contre la pauvreté.

Je suis rassuré aussi parce que quand l’équipe dirigée par le directeur général par intérim du fonds a sillonné le pays pour expliquer ce que c’est que le fonds national de la finance inclusive, le directeur a dit à la ministre du développement à la base qui me l’a rapporté, qu’il avait été impressionné par ce qu’il avait vu à Kara.

Et l’union des femmes de la Kozah se souvient bien qu’un jour de janvier, il y a quelques années, elles étaient venues me voir qu’elles voulaient avoir plus de financement pour pouvoir subvenir aux besoins des autres femmes de la Kozah. (...). Combien êtes-vous ? Nous sommes 20.000, m’ont-elles répondu. Ah bon. Vous êtes 20.000 ? Elles disent oui. Je dis ça m’étonnerait, j’étais avec le ministre du développement à la base et nous avons dit commençons une petite expérience. Ce que nous avons fait, et au bout de quelques mois, il s’est avéré qu’elles étaient sérieuses, elles étaient déterminées à avancer.

A partir de ce moment-là, nous avons essayé de faire plus. Le fait que l’équipe du fonds national de la finance inclusive qui ne savait pas qu’il y’avait eu cette expérience ici me dise qu’elle a été agréablement surprise par ce qu’elle a vu dans la kozah, ça veut dire que ça peut marcher.

Donc ce qui s’est fait à Pagouda et à Sotouboua, j’espère que nous le verrons de façon plus éclatante sur toute l’étendue du territoire.

Quelles que soient les explications techniques qu’on pourra donner, nous savons très bien que quand vous prenez l’argent, c’est pour des activités génératrices de revenus.

L’exemple qui a été donné dans le film documentaire, c’est une femme qui vend le tchouk, le tchouk c’est une bière locale alcoolisée, très bonne et donc j’encourage les femmes au bout de la première et deuxième calebasse, à ne plus vendre à la même personne.

Le plus important quand on prend l’argent, c’est de respecter les règles et de rembourser. Les premières qui prennent doivent penser aux suivantes qui viennent et qui auront à prendre. Donc, soyons déterminés, soyons ambitieux et puis je donnerai rendez-vous à mes amis du Benin dans cinq ans, on sera plus qu’à 57 milliards. Vous aurez compris que le fonds est donc lancé ce samedi 25 janvier à Kara. 

Merci.

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