Zunu évalue les risques

25/04/2013
Zunu évalue les risques

Le Premier ministre, Arthème Séléagodji Ahoomey-Zunu (photo), a ouvert jeudi le 3e congrès actuariel africain qui regroupe de nombreux professionnels du secteur.

La science actuarielle porte sur des méthodes mathématiques et statistiques appliquées à la finance, aux assurances, aux fonds de pension et aux firmes d’audit, notamment. Elle concerne surtout l’évaluation des risques sur le long terme.

Si les sciences actuarielles constituent une discipline spécifique avec son propre champ de connaissance, toute formation moderne se doit de développer des compétences multidisciplinaires : calcul des probabilités, statistique, droit, fiscalité, comptabilité, économie et finance.

Le congrès de Lomé est organisé en partenariat avec l’Association actuarielle au Togo (AAT).

De nombreuses universités à travers le monde en fait une spécialisation Master et le Togo aura bientôt une formation spécifique dans cette discipline. Ce dont s’est réjoui le Premier ministre.

«Cette nouvelle filière permettra à nos jeunes et à nos professionnels de se former sur place au lieu de dépenser des fortunes pour étudier à l’étranger », a-t-il déclaré.

Le discours du Premier ministre

Notre pays, le Togo, s’honore particulièrement d’abriter en ce jour les  travaux du troisième Congrès Actuariel Africain, une initiative de l’Association Actuarielle au Togo. Au nom du Gouvernement et en mon nom personnel, je vous invite à vous sentir au Togo comme chez vous.

Aux éminentes personnalités, représentant le monde des assurances, membres de l’Association Actuarielle Internationale, je voudrais réitérer, à la suite de Madame la Présidente de l’Association Actuarielle au Togo, le souhait d’une cordiale et fraternelle bienvenue à Lomé.

Je saisis aussi cette occasion solennelle pour rendre un hommage aux fondateurs de votre jeune association, pour la décision prise de doter, bientôt, le Togo de sa formation en sciences actuarielles au service du développement de notre pays, de la sous-région et de l’Afrique. Cette nouvelle filière devra permettre à nos jeunes et à nos professionnels de se former sur place au lieu de dépenser des fortunes pour étudier à l’étranger. Aussi la Direction des assurances, les compagnies d’assurances et les institutions de sécurité sociale pourront-elles recruter des professionnels actuariels locaux, en lieu et place des consultants étrangers qui malgré leur bonne volonté et leur professionnalisme, ne maitrisent pas toujours les réalités locales. Ceci marquera un pas important vers plus de professionnalisation et une meilleure gouvernance du secteur des assurances et de la sécurité sociale africaine par l’Afrique au profit de l’Afrique.

Distingués invités,

Mesdames et Messieurs,

Les actuaires sont des professionnels qui appliquent les mathématiques aux problèmes financiers. Ils évaluent les implications financières d'événements incertains, où l’incertitude peut se manifester en la réalisation ou non de l’événement et, s’il se manifeste, dans le moment de sa réalisation. Ils sont souvent impliqués dans la gestion des risques qui peuvent résulter d’événements incertains indésirables. Les actuaires évaluent la probabilité d'événements futurs. Ils conçoivent aussi des façons pour réduire l'impact financier des événements indésirables qui surviennent. Pour faire leur travail, les actuaires doivent avoir un haut niveau de connaissance technique. Par exemple, ils ont besoin de comprendre la nature de l’assurance, les risques inhérents dans les différents types de patrimoine, les façons d’utiliser les modèles statistiques, et les contraintes légales et régulatrices qui s’appliquent aux affaires. Ils doivent avoir aussi un bon sens des affaires, les compétences de résolutions de problèmes, et la capacité à communiquer efficacement avec les autres. Leur travail affecte souvent beaucoup plusieurs parties prenantes ; ils doivent donc pouvoir équilibrer des intérêts différents, et ce faisant observer des normes d’éthique élevées.

Voici donc un domaine nouveau à explorer. Quoique la profession actuarielle existe depuis plusieurs années, ce n'est pas une profession très connue du grand public. En fait, il y a beaucoup de pays dans lesquels aucun actuaire ne réside. Traditionnellement, les actuaires ont travaillé principalement dans les industries d'assurance et pensions de retraite, principalement dans les pays où ces industries sont bien établies. Dans l'industrie d'assurance, les actuaires peuvent être impliqués dans tous les types d'assurance : vie ou assurance générale, assurance directe ou réassurance.

C’est ici que se dégage clairement tout l’intérêt des séances de travail à l’ordre du jour de vos travaux, des séances dont les fruits ne peuvent qu’être bénéfiques au développement durable du Togo et de l’Afrique. Il n’est pas surabondant de rappeler que, depuis 1995, la profession actuarielle semble avoir pris son envol.

Mesdames et Messieurs,

Il est bien connu que l’industrie de l’assurance joue un rôle prépondérant dans le financement de l’économie, en investissant les cotisations qu’elle collecte. Par ailleurs, l’industrie de l’assurance pourrait procurer suffisamment de sécurité financière aux agents économiques (entreprises, populations, etc.) pour leur permettre de nuancer leur forte préférence pour la liquidité et d’entreprendre des investissements productifs, qui s’inscrivent par nature dans la durée. Une industrie de l’assurance en bonne santé, c’est-à-dire qui investit directement dans l’économie et qui permet aux autres agents économiques d’y investir également, contribuerait pleinement au développement politique, économique et social des pays.

Mais, en reproduisant sans grands changements le modèle occidental du secteur des assurances en Afrique, l’assurance africaine ne s’adresse en réalité qu’à une petite part de la population africaine, celle qui a des revenus confortables, stables et croissants (ou en tout cas suffisants pour pouvoir payer une prime d’assurance pour les produits classiques actuels). Or, la majorité de la population vit en dessous du seuil de pauvreté, avec des revenus peu croissants.

Au Togo et en Afrique, le modèle actuel d’assurance doit, du coup, évoluer et s’adresser à toutes les couches de la population, surtout aux plus vulnérables. Le développement de la micro-assurance ou l’assurance pour les démunis ou pour les pauvres, appartenant au secteur informel, agricole ou ayant des salaires bas, contribue, à mon avis, à diminuer la vulnérabilité de la majorité de la population et à augmenter à terme, sa sécurité financière et donc à réduire la pauvreté au sein de la masse. Nous constatons avec satisfaction qu’une demi-journée est consacrée à la micro-assurance. Des experts de haut niveau partageront avec nous leurs expériences. Nous espérons que ces travaux inspireront nos assureurs présents.

Distingués invités,

Mesdames et Messieurs,

C’est le lieu d’encourager ici toutes les initiatives dans la mise en place de la micro-assurance, particulièrement le GIZ, partenaire financier du présent congrès, pour tous ses efforts en vue de développer les compétences actuarielles au Ghana. Nous les invitons à déployer les mêmes actions au Togo. C’est sur ces mots d’exhortation que je déclare officiellement ouvertes les activités du troisième Congrès Actuariel Africain, sous le thème « La profession actuarielle et le développement durable en Afrique ». 

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