C'est grave docteur ?

05/12/2007
C'est grave docteur ?

Des experts, des médecins et des spécialistes de la médecine traditionnelle originaires des pays de l'Organisation ouest africaine de la Santé (OOAS) ont bouclé mercredi à Lomé trois jours de réflexion sur la promotion et le rôle de la médecine traditionnelle dans les systèmes de santé, après le plan d'action de l'Union africaine pour la décennie 2001-2010 de la médecine traditionnelle africaine.

Les discussions ont porté sur la politique que chaque pays entend mettre en place pour permettre aux populations de faire davantage confiance à cette branche de la médecine.« La médecine traditionnelle doit être l'un des modes de traitement respectés afin de participer à l'amélioration du système de santé», expique Biao Essohanam, le directeur de Cabinet du ministre de la Santé.

Il faut mettre un peu d'ordre dans la pratique cette médecine, notamment dans les zones rurales où les tradithérapeutes font la loi, avec la promesse de guérir toutes les maladies, contre CFA sonnant et trébuchant.

« La majorité guérisseurs sont des charlatans, vraiment des vendeurs d'illusions », fait observer Assih Palakassé, chargé de la médecine traditionnelle au ministère de la Santé.  

Au Togo, la crise socio-économique a largement profité aux tradithérapeutes que l'on trouve désormais à presque tous les coins de rue.

« Pour reconnaître le vrai du faux, il faut que la profession s'organise; on ne doit pas s'autoproclamer guérisseur », lance le secrétaire général de l'Association des tradithérapeutes du Togo, Lakaza Essozimna, qui n'a pas manqué de souligner que ce secteur est miné par les conflits d'intérêts.

Au Togo, on estime que 30% de la population consulte les tradithérapeutes avant de se diriger ensuite vers la médecine conventionnelle.

« Pour qu'il y ait une collaboration entre les deux médecines, il faut des lois. Celle du 14 décembre 2001 existe, mais les textes le réglementaires sont inexistants. Une fois que la médecine traditionnelle sera réglementée, chacun connaîtra exactement ses limites et ses compétences », note Assih Palakassé.

 

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