L’Hématie, problème de santé publique

17/06/2010
L’Hématie, problème de santé publique

La Journée mondiale de la drépacytose ou Hématie se déroulera le 19 juin prochain.
Il s’agit d’une maladie héréditaire qui se caractérise par l'altération de l'hémoglobine, la protéine assurant le transport de l'oxygène dans le sang.
La drépanocytose n'est pas une maladie. Elle est particulièrement fréquente dans les population en Afrique subsaharienne, aux Antilles, en Inde, au Moyen-Orient et dans bassin méditerranéen. On estime à 50 millions le nombre d'individus atteints dans le monde.
Au Togo, 1.500 personnes sont actuellement sont prises en charge par les deux grands CHU de Lomé pour une maladie reconnue par les autorités comme étant un problème de santé publique.
Avec une prévalance de 3%, le nombre total de malades dans le pays est estimé à 180.000.
Le ministère de la Santé envisage la mobilisation des ressources internes et externes pour renforcer la prévention, le diagnostic et la prise en charge des malades.
A la veille de la Journée mondiale, Komlan Mally (photo), le ministre de la Santé, a dressé l’état de la situation et expliqué comment les pouvoirs publics entendent contrôler la drépanocytose et traiter les malades.

Voici l’intervention de Komlan Mally
Le 19 juin 2010, la communauté internationale célèbre la 2ème journée mondiale de la drépanocytose, cette maladie héréditaire du globule rouge caractérisée par la présence dans le sang d'une hémoglobine anormale, dont la première description a été faite il y a exactement un siècle, en 1910 par James Herrick à Chicago, chez un étudiant originaire des caraïbes.
La drépanocytose, communément appelée chez nous « hématie », est caractérisée par une anémie chronique entrecoupée d'épisodes de crises vaso occlusives douloureuses et d'hémolyses sévères.
Au Togo, les résultats des enquêtes hospitalières et des campagnes de dépistage estiment la fréquence des traits S et C respectivement à 16 et 12%; la prévalence de la maladie drépanocytaire est estimée autour de 3%, ce qui fait un nombre de malades attendus de 180 000. La drépanocytose a des implications sociales et économiques importantes pour l'enfant affecté de même que pour sa famille ; les crises récurrentes ont un impact négatif sur la vie du malade, en particulier sur les plans du développement psychosocial, de l'éducation et de l'emploi; tous ces paramètres en font un problème de santé publique inscrit dans les priorités du gouvernement.
Où en sommes nous dans la lutte contre la drépanocytose ou plutôt dans le contrôle de la drépanocytose et des maladies de l'hémoglobine au Togo?
Ce sont les pédiatres qui en assurent la première prise en charge parce que les premières manifestations cliniques commencent très tôt dans l'enfance, généralement autour de 6 mois ; une consultation spécialisée avec prise en charge est dédiée à la maladie au CHU Tokoin et au CHU Campus ; et à ce jour plus de 1500 patients drépanocytaires sont pris en charge dans ces deux structures à Lomé; la prise en charge est aussi organisée dans les services de pédiatrie sur le territoire national.
Le diagnostic biologique à l'aide de l'électrophorèse de l'hémoglobine à pH alcalin est disponible à Lomé et dans certaines structures sanitaires en dehors de Lomé.
Ces interventions se font dans le cadre coordonné du Programme National de lutte contre la drépanocytose. Mais il faut noter que la société civile est aussi mobilisée autour de cette lutte.
En effet, sur le plan associatif, il existe deux associations, l'Association Togolaise pour le Contrôle de la Drépanocytose créée en 1994 et l'Association Togolaise de Lutte contre la Drépanocytose créée en 2007. Les objectifs poursuivis par ces deux associations sont de contribuer à une meilleure prise en charge et à la prévention de la maladie: à l'actif de ces associations, nous citerons l'organisation de campagnes de sensibilisation et de dépistage à coût réduit comme celle qui se déroule actuellement en collaboration avec le Programme National de Lutte contre La Drépanocytose pour marquer la célébration de la journée du 19 Juin.
En ce qui concerne la recherche, la maladie drépanocytaire a fait l'objet de nombreuses thèses et mémoires dans les différentes facultés et instituts de nos universités dont les résultats pourraient être vulgarisés au cours d'un colloque.

Sur le plan international, le Togo a fait siennes les recommandations de la 56 ème session du comité régional de l'Organisation Mondiale de la Santé et la résolution A/63/L63 de l'ONU qui reconnaissent la drépanocytose comme un problème de santé publique. C'est ainsi que dès fin novembre 2006, le Programme National de Lutte contre la Drépanocytose a été créé.

Cette structure est chargée d’élaborer les bases d'une politique nationale et un plan d'action pour les cinq prochaines années. Ce plan d'action devra prendre en compte différents volets tels que la prévention axée sur l'éducation des communautés, le dépistage et la fourniture de conseils en génétique, la prise en charge à tous les niveaux du système de soins de santé sans oublier les soins communautaires et familiaux; le plan d'action devra également prendre en compte la recherche, l'établissement de partenariat, le plaidoyer et la mobilisation de ressources.

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