Maladies non transmissibles : politique de prévention

20/09/2011
Maladies non transmissibles : politique de prévention

Alors que trois personnes sur cinq meurent des suites de maladies non transmissibles dans le monde, telles que les cancers, les cardiopathies et le diabète, les Etats membres des Nations Unies, dont le Togo, ont adopté lundi une déclaration promettant de mettre en œuvre des politiques de prévention et de traitement de ce type de maladies.

Cette déclaration politique a été adoptée lors d’une réunion de haut niveau de l’Assemblée générale de l’ONU sur la prévention et la maîtrise des maladies non transmissibles (MNT), en présence du ministre togolais de la Santé, Charles Condi Agba.

Elle souligne notamment la nécessité de réduire les facteurs de risque, à savoir le tabagisme, l’alimentation malsaine, le manque d’exercice physique et l’abus d’alcool, « en mettant en œuvre les stratégies et accords internationaux pertinents, ainsi que des mesures éducatives, législatives, réglementaires et fiscales ».

Les Etats souhaitent « promouvoir, établir ou soutenir et renforcer d’ici à 2013, selon qu’il conviendra, des politiques et des plans nationaux multisectoriels de prévention et de maîtrise des maladies non transmissibles ».

Dans leur Déclaration, les Etats membres déplorent « avec une profonde préoccupation que, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS) près de 36 millions des 57 millions de décès enregistrés dans le monde en 2008 étaient dus à des maladies non transmissibles, principalement des maladies cardiovasculaires, des cancers, des maladies respiratoires chroniques et le diabète, près de 9 millions de ces décès étant survenus avant l’âge de 60 ans et près de 80 % dans des pays en développement ».

Les Etats reconnaissent que le fardeau et la menace que les maladies non transmissibles représentent à l’échelle mondiale constituent « l’un des principaux défis pour le développement au XXIe siècle, en ce qu’il vient remettre en cause le développement social et économique dans le monde entier et compromettre la réalisation des objectifs de développement arrêtés sur le plan international ».

Enfin, les Etats membres ont confié à l’OMS la responsabilité de développer un cadre de travail pour le contrôle des progrès effectués dans la lutte contre les MNT au niveau global.

« Cette rencontre est une étape importante. Trois personnes sur cinq meurent dans le monde des maladies contre lesquelles nous sommes réunis ici », a déclaré lundi le chef de l'ONU, Ban Ki-mon, à l'ouverture de cette réunion de haut niveau.

« Les maladies non transmissibles sont une menace pour le développement. Les MNT frappent particulièrement les pauvres et les plus vulnérables et les plongent un peu plus encore dans la pauvreté », a-t-il ajouté.

Selon les estimations de l'OMS, les décès dus aux MNT vont augmenter de 17% au cours de la prochaine décennie. En Afrique, l'OMS estime que l'augmentation sera de 24% sur la même période.

« Ce n'est pas un problème que les ministres de la santé peuvent régler tous seuls. Nous avons besoin de tous les partenaires : des gouvernements pour fournir les bonnes incitations, des individus pour protéger leur propre santé, des groupes de la société civile afin de maintenir la pression pour un marketing responsable, du monde des affaires pour fabriquer des produits plus durables », a martelé Ban Ki-moon.

Il a ensuite comparé la lutte contre les MNT à celle du VIH/Sida. Tout en reconnaissant les différences flagrantes de ces deux types de maladies, il a souligné que « certains outils sont similaires dans la réponse ».

« Combattre les MNT est critique pour la santé globale publique mais aussi pour l'économie et l'environnement », a affirmé le Secrétaire général de l'ONU. Il a appelé les Etats membres à mettre un œuvre une Déclaration politique sur les MNT afin de « sauvegarder notre futur commun », a-t-il conclu.

Une nouvelle étude de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) publiée la semaine dernière a révélé que les pays à faible revenu pourraient instaurer un ensemble de stratégies essentielles afin de prévenir et traiter les maladies non transmissibles telles que les cancers, les cardiopathies, le diabète et les pneumopathies avec seulement 1,20 dollar par personne et par an.

« Les maladies non transmissibles sont la principale cause de mortalité dans le monde et font de plus en plus de morts chaque année. Près de 80% de ces décès surviennent dans les pays à revenu faible ou intermédiaire », a précisé le Sous-Directeur général à l'OMS pour les maladies non transmissibles et la santé mentale, le Dr Ala Alwan, dans un communiqué. « Ces pays ont un défi énorme à relever, mais l'étude prouve qu'il existe des mesures abordables que tous les gouvernements peuvent prendre pour lutter contre ces affections ».

Avec des conséquences socio-économiques colossales, les maladies non transmissibles ont un impact allant bien au-delà de la santé. Le coût de l'inaction face à cette menace mondiale est déjà lourd et se renforcera avec le temps, estime l'OMS dans son rapport.

« Les maladies non transmissibles sont l'une des principales menaces pesant sur la croissance économique et le développement à l'échelle mondiale. Dans les 15 prochaines années, elles coûteront aux pays à revenu faible ou intermédiaire plus de 7.000 milliards de dollars », a indiqué le Directeur administratif au Forum économique mondial (WEF), Jean Pierre Rosso.

« Lorsqu'une grande partie de la main d'œuvre tombe malade et meurt dans les années de productivité, les pertes de production se chiffrent en milliards de dollars pour les économies nationales, sans parler des millions de familles qui sont acculées à la pauvreté », a-t-il précisé.

De nombreux pays ont déjà adopté ces approches et ont constaté une diminution marquée de l'incidence de ces maladies et de la mortalité. L'OMS suit depuis 10 ans les progrès dans 38 pays ayant pris des mesures pour lutter contre les maladies cardiovasculaires au niveau de la population comme à celui des individus: tous on enregistré une baisse sensible de l'exposition au risque, de l'incidence des maladies et de la mortalité.

Selon l'OMS, le coût total de l'adoption de ces stratégies dans tous les pays à revenu faible ou intermédiaire s'élèverait à 11,4 milliards de dollars par an.

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