Nouvelle vision du secteur de la santé

29/09/2011
Nouvelle vision du secteur de la santé

Une réunion des partenaires consacrée à la validation de la nouvelle politique nationale de santé s’est ouverte jeudi à Lomé en présence du ministre de la Santé, Charles Kondi Agba, et de représentants de l’OMS.

Ce programme doit remplacer celui en place depuis dix ans.

«L’élaboration d’une nouvelle politique nationale de santé répond aux soucis de satisfaire les défis actuels caractérisés par des taux élevés de mortalité chez les enfants et les mères en couche, la mortalité et la morbidité liées aux maladies transmissibles et non transmissibles très importantes, les changements climatiques qui engendrent une nouvelle cartographie des maladies », a déclaré Charles Kondi Agba.

La validation du document devrait permettre au Togo, à la fois de disposer d’une nouvelle vision du secteur de la santé, mais aussi de capitaliser les acquis et d’œuvrer pour l’accélération du processus devant aboutir à la signature du compact à la fin de l’année 2011.

Le représentant de l’OMS, Pierre M’Pele, a indiqué que cette nouvelle politique avait été formulée « après une analyse sans complaisance, transparente, participative et rigoureuse de la performance du système de santé au Togo ».

Voici le discours du ministre de la Santé, Charles Kondi Agba

Mesdames et Messieurs

Je voudrais, de prime abord, vous souhaiter la bienvenue à cette rencontre - importante -, consacrée à la validation du document de la Nouvelle Politique de Santé du Togo.

J’adresse surtout un chaleureux remerciement à mes collègues membres du gouvernement qui, délaissant pour un temps les urgences de leurs départements respectifs, ont tenu à montrer, par leur présence effective, à quelle place essentielle le Président de la République et le gouvernement tout entier mettent la santé de nos valeureuses populations.

 Notre pays a approuvé en effet, en 1998, un cadre de politique sectorielle  de la santé, lequel a servi de base à l’élaboration des  plans de développement sanitaire  et des plans stratégiques des différents programmes du secteur de la santé.

C’était dans le souci de renforcer le processus de déconcentration et de décentralisation,  lancé dès le début des années 1990, et qui avait permis une organisation de la pyramide sanitaire à trois niveaux : centrale, intermédiaires et périphérique.

 Ce  document de Politique Nationale de Santé (PNS) fixait l’objectif général de l’action sanitaire qui était d’améliorer l'état de santé des populations togolaises dans le cadre du développement socio-économique et de la lutte contre la pauvreté.

Les grandes orientations stratégiques d'intervention sectorielle retenues concernaient :

-         le renforcement de la législation et de la réglementation ;

-         la mise en place d’un système de gestion effectivement déconcentré ;

-         le renforcement de la dimension « qualité des soins » ;

-         le développement du partenariat entre les acteurs ;

-         l’extension de la participation des populations à la gestion de la santé et le renforcement de l’accessibilité des soins.

Plus de 10 ans après son adoption, force est de constater que les résultats escomptés n’ont pas été tous atteints.

C’est ce  qui a motivé l’élaboration de la présente nouvelle politique nationale de santé pour mieux répondre aux défis actuels caractérisés par :

-         des taux élevés de mortalité chez les enfants et les mères en couche,

-         une  mortalité et une morbidité  liées aux maladies transmissibles et non transmissibles toujours importantes,

-         des changements climatiques qui engendrent une nouvelle cartographie des maladies et l’apparition de catastrophes naturelles imprévisibles,

-          une augmentation sans cesse croissante des facteurs de risque des maladies non transmissibles.

A ce tableau « clinique » déjà difficile s’ajoutent les différentes crises financières, pétrolières et alimentaires qui  fragilisent  la situation économique et sociale de notre pays.

La conséquence en est une pauvreté accrue de l’ensemble de la population et en particulier les couches vulnérables. Ces dernières  sont souvent exclues d’un système de santé qui n’a pas pu assurer un accès équitable à tous aux soins et services disponibles.

Mesdames et Messieurs,

Il convient de préciser que tous les défis énumérés ci-dessus, loin  d’être singuliers à notre pays, concernent en fait l’ensemble des pays en développement.

C’est pour faire face à ces défis que notre pays, à l’instar de tous les pays de la communauté internationale, s’est fixé en 2000 des cibles à atteindre en 2015 que nous avons convenu d’appeler objectifs du millénaire pour le développement (OMD).

Plusieurs actions ont été entreprises ces dernières années pour aider les pays à tendre vers les objectifs fixés. Nous pouvons citer, entre autres :

-      l’alliance GAVI pour les vaccinations,

-      le Fonds mondial de lutte contre le VIH/Sida, le paludisme et la tuberculose,

-      l’initiative de la fondation Bill & Melinda Gates pour la santé,

-      le consensus de Monterrey sur l’aide au développement, l’harmonisation pour la santé en Afrique…

Toutes ces initiatives, louables, ne semblent toujours pas aider efficacement les pays à aller vers l’atteinte des objectifs du Millénaire pour le Développement.

C’est la raison pour laquelle d’autres initiatives comme :

-      la déclaration de Paris sur l’efficacité de l’aide

-      et le programme d’action d’Accra

-      la révision du règlement Sanitaire International

-      le récent sommet des Nations Unies sur les maladies non transmissibles

sont venues enrichir la panoplie des mesures existantes.

Distingués invités,

le partenariat IHP+ - entendez par là International Health Partnership -, ou encore Partenariat international pour la Santé quant à lui, a été adopté en 2007. Il s’inspire des principes  de la déclaration de Paris et du programme d’action d’Accra.

En adhérant au partenariat IHP+, le Togo s’engageait à faire en sorte que l’aide au secteur de la santé soit mieux coordonnée, en se basant sur une politique sanitaire dont l’élaboration et la mise en œuvre seraient le fruit d’un consensus de tous les acteurs intervenants dans ce secteur.

Le Togo s’engageait aussi à garantir une transparence à tous les niveaux et à accepter l’évaluation du processus par des organismes indépendants.

C’est dans cet esprit que l’analyse sectorielle de la santé a été réalisée et adoptée le 10 Mai 2011 par l’ensemble des acteurs de la santé.

Cette analyse critique a servi de guide à l’élaboration de la nouvelle politique de santé qui est soumise ce jour à  notre approbation.

Il est peu que de dire que le Ministère de la Santé est satisfait de l’heureux aboutissement de ce processus  qui nous permet de disposer aujourd’hui d’une vision commune du secteur de la santé.

Les orientations stratégiques, les objectifs et les cibles qui y sont inscrits sont les leviers sur lesquels vont reposer l’ensemble de nos plans à compter de maintenant.

Honorables invités,

Mesdames et Messieurs,

la réunion du Comité des Partenaires de ce jour, devant aboutir à la validation du document de la nouvelle politique de santé, est une opportunité pour nous pour témoigner notre reconnaissance à tous les partenaires ici présents et aux différents comités, sous-comités, groupes de travail et personnes ressources qui ont participé aux différentes discussions.

Le processus d’élaboration des divers documents a été mené dans un esprit ouvert et empreint de cordialité.

La participation a été massive et efficace, et le maître mot a été le consensus.

Le document final, qui fait l’objet de discussions ultimes ce jour, est donc le fruit d’un travail approfondi, sans complaisance et reflétant l’équilibre des opinions émises par les uns et les autres.

Il est vrai,

Mesdames et Messieurs,

que l’élaboration de la Nouvelle Politique Nationale de Santé n’est qu’une  étape, qui va nous conduire à la signature du Pacte National, avec au passage la révision du Plan National de Développement Sanitaire et la définition du Cadre des Dépenses à Moyen Terme, CDMT.

Tout ceci permettra de mieux canaliser les actions sanitaires vers les besoins réels des populations, en accélérant la mise en œuvre des activités vers l’atteinte des Objectifs du Millénaire pour le Développement et en renforçant le contrôle des maladies non transmissibles et autres défis sanitaires.

Je voudrais donc vous inviter, je voudrais nous inviter à des discussions franches et ouvertes, afin de polir les dernières aspérités que contiendrait encore ce document.

Mesdames et Messieurs,

Distingués invités,

pour sa part, le Ministère de la Santé s’engage à capitaliser les acquis  et à œuvrer pour l’accélération du processus devant aboutir à la signature du compact d’ici la fin de l’année 2011.

Nous souhaitons que les quelques instants d’échange et de réflexion qui vont suivre aboutissent à des résolutions et conclusions à la hauteur de l’événement.

En souhaitant plein succès à cette rencontre, je déclare ouverte la réunion du comité des partenaires  pour la validation du document de la Nouvelle Politique Nationale de Santé du Togo.

 Je vous remercie de votre aimable attention.

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