Zone franche : discussions sans pressions

07/03/2012
Zone franche : discussions sans pressions

Un mouvement social est annoncé pour le 13 mars en Zone franche. Des syndicats réclament l'application de la nouvelle grille salariale issue de la convention collective signée en décembre dernier avec le patronat, les syndicats et le gouvernement. 

"Face au blocage des discussions, nous avons le regret de vous informer que nous sommes obligés d'observer un arrêt de travail de 48 heures à compter du 13 mars dans toutes les entreprises de la zone franche pour manifester notre mécontentement", indique un courrier adressé au président de l'association des entreprises de la Zone franche du Togo. 

Laurent Tamegnon (photo), le président de l’association, explique dans un entretien à Republicoftogo.com que les sociétés implantées en zone franche ont besoin d'un minimum de 6 mois pour appliquer la nouvelle grille.

Republicoftogo.com: Les syndicats manifestent leur mécontentement. Quelle est votre réaction ?

Laurent Tamegnon: Nous leur avons expliqué que cette grille salariale avait été communiquée à titre indicatif. D’ailleurs, le Premier ministre a rappelé récemment 

que chaque secteur avait la possibilité de l'aménager selon les réalités de chaque secteur.

Les entreprises de la Zone franche ont accepté des augmentations qui vont jusqu'à 47% dans certaines catégories. 

Nous avons demandé un moratoire de 6 mois pour permettre aux sociétés d’adapter leur budget en fonction des nouvelles contraintes salariales.

L’application pourra être effective à partir du mois juin. Une proposition refusée par les syndicats. Nous avons alors proposé la date butoir du 1er mai, refus toujours. Et maintenant, ils menacent d’observer une grève.

Les employeurs de la Zone franche ne peuvent pas les en empêcher, c’est leur droit, mais nous disons qu'on ne peut pas résoudre les problèmes à coup de menaces et d'ultimatums. 

Les entreprises n'entendent pas céder devant cette pression ; la nouvelle grille sera donc appliquée à compter du 1er mai 2012.

Republicoftogo.com: Vous fermez donc la porte à tout dialogue ?

Laurent Tamegnon: Non pas du tout. Nous sommes ouverts au dialogue et au consensus. 

Mais je le répète, la menace de grève ne changera rien à notre position. 

L'augmentation des salaires en Zone franche coûte des milliards et certaines entreprises, pour l'appliquer, sont obligées de réduire leur personnel. 

C'est vous dire combien la conjoncture n'est pas favorable.

Raison pour laquelle, nous invitons les syndicats a faire preuve d’un tout petit peu de patience.

Notre objectif est de faire tourner la Zone franche, d’employer le maximum de gens, de leur fournir un salaire décent et, si possible, d’embaucher.

Mais trop d’exigences risquent de mettre en péril son équilibre.

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