Abdallah Nandja : le procès des militaires français s'ouvre lundi

17/11/2007
Abdallah Nandja : le procès des militaires français s'ouvre lundi

Trois officiers français comparaissent lundi et jusqu'à mercredi devant la justice française, leur responsabilité étant engagée dans le décès accidentel de deux élèves-officiers, morts de froid lors d'un exercice dans les Alpes. Dans la nuit du 12 au 13 janvier 2004, le Nigérien Laouali Karimoune et Kondi Abdallah Nandja, fils du chef d'état-major des armées du Togo, tous deux élèves de l'Ecole spéciale militaire de Saint-Cyr, basée à Coëtquidan (ouest de la France), étaient morts alors qu'ils participaient avec plusieurs dizaines de leurs camarades de promotion à un "exercice d'aguerrissement" en milieu montagnard.

Zacharie Nandja avait appris le décès de son fils pendant le défilé militaire du 13 janvier à Lomé. Très digne, il avait tenu à achever le passage de ses troupes.Le groupe était parti tôt dans la matinée du 12 janvier pour cet exercice qui devait durer trois jours. Il devait, ce jour-là, rejoindre en raquettes un lieu-dit situé à 13 km de leur point de départ.

En milieu de journée, deux officiers encadrant les stagiaires décidaient finalement de pousser plus loin et de tenter de franchir le col de Restefond. Les conditions climatiques étaient alors extrêmement difficiles (rafales de vent, neige, visibilité très faible, et surtout température estimée entre moins 5 et moins 8 degrés, aggravée par l'effet du vent).

Cette décision avait été avalisée par radio par un troisième officier, resté au camp de base.

Harassés de fatigue, les vêtements trempés, les élèves-officiers avaient installé, sous les ordres de leur encadrement, un bivouac de fortune aux abords du col, au moment où la nuit renforçait encore la difficulté des conditions de l'exercice.

A quelques heures d'intervalle, Laouali Karimoune puis Kondi Abdallah Nandja succombaient, victimes d'un oedème pulmonaire. D'autres étaient victimes d'engelures ou de graves états d'hypothermie. Le groupe était finalement secouru le lendemain matin.

Les officiers Christian Heintz, 53 ans, Pascal Lefebvre, 46 ans et Christian Le Bras, 52 ans, respectivement directeur d'exercice, chef de stage et officier-montagne au Centre d'instruction et d'entraînement au combat en montagne (CIECM) sont poursuivis pour homicides et blessures involontaires.

Selon une expertise sur laquelle s'appuie l'accusation, les trois militaires, à des degrés divers, ont mis en danger la vie de leurs subordonnés, notamment en décidant de changer le programme prévu de l'expédition.

Les avocats de la défense contestent les conclusions de cette expertise. Ils soulignent qu'elle n'a pu être valablement contestée au cours de l'instruction, notamment par le biais d'une contre-expertise.

 

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