Charles Birregah dit stop

08/04/2011
Charles Birregah dit stop

Le lévirat est un type particulier de mariage où une veuve épouse le frère du défunt, afin de poursuivre la lignée de ce dernier. Les enfants issus de ce remariage ont le même statut que les enfants du premier mari.
Cette pratique, souvent forcée, est encore pratiquée au Togo.
Le lévirat est dénoncé comme étant une pratique rétrograde, limitant les droits des femmes ; une pratique que dénonce justement Charles Birregah (photo) qui a fondé le Fonds d’aide aux veuves et orphelins (Fondavo).

Comment vous est venue l’idée de créer une association anti-lévirat ?
Charles Birregah : Toute cela part de mon expérience personnelle.
A la mort de notre père, notre famille paternelle a fait subir des choses horribles à notre mère dont la confiscation des biens et l’obligation de porter un pagne noir, signe de veuvage. Ensuite, on l’a forcé à épouser l’un de ses beaux frères. Ca m’a vraiment marqué profondément. J’ai des filles et je ne veux pas qu’elles vivent pareille calvaire. D’ou mon idée de monter l’association.

Le lévirat constitue, selon vous, un obstacle à la réconciliation nationale
Charles Birregah : Il en est un, évidemment. Pour qu’il y ait une vraie réconciliation au Togo, on doit s’occuper de ce problème, de cette terrible injustice.
Ceux qui ont perdu la vie au cours des périodes difficiles qu’a connues notre pays entre 1958 et 2005 ont forcément laissé des veuves et des orphelins. Donc s’occuper de ces derniers, revient à leur rendre justice et à réconcilier les Togolais. J’interpelle donc le président de la Commission vérité, justice et réconciliation (CVJR).
.Et puis il y a toutes les autres femmes au Togo dont la perte d’un mari peut être le début d’un cycle infernal. Il faut donc expliquer et expliquer encore à la population que le lévirat n’est plus acceptable en 2011.
Nous avons, parmi nos projets, l’intention d’ouvrir dans chaque région du pays des « Maison de la veuve » qui sera un relais d’accueil, d’information et de formation.
Le 12 avril, nous organisons également un colloque sur ce thème et un grand dîner de gala destiné à récolter de l’argent.

L’Etat vous écoute-t-il ?
Charles Birregah : Oui, nous avons son soutien. Qu’il s’agisse de la Primature, du président de l’Assemblée, du ministère de l’Action sociale et de la Promotion de la femme.
Nous aimerions également en parler avec le chef de l’Etat car c’est un homme au grand cœur qui est très sensible.

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