Funérailles en pays kabyé

08/02/2009
 Funérailles en pays kabyé

Le 28 février prochain auront lieu à Pya dans la Kozah (nord du Togo), les funérailles de l'ancien ministre Benoît Yaya Malou, une figure de la vie politique togolaise. M. Malou , décédé le 26 décembre 2007 à l'âge de 75 ans fut l'un des artisans de la réforme du système éducatif en 1975 qui marqua une rupture avec le système colonial. On lui doit également la création de l'Université du Bénin (devenue Université de Lomé) et de l'Ecole africaine des métiers de l'architecture et de l'urbanisme (EAMAU) basée à Lomé.

Diplômé de l'Ecole supérieure de police à Saint-Cyr au Mont d'Or, puis de l'Ecole de police de Lille en France, il entre en 1966 dans le gouvernement Grunitzky comme ministre de l'Education nationale. Membre du Comité de réconciliation le 14 janvier 1967, il fut plusieurs fois ministres entre 1967 et 1977, notamment de l'Intérieur, de la Fonction publique et du Travail. Il demeurera ministre de l'Education nationale jusqu'en 1977.C'était un fidèle de l'ancien président Gnassingbé Eyadema, décédé en février 2005.

Benoît Yaya Malou était Grand officier de l'Ordre National du Mono, Commandeur de la Légion d'Honneur en France, Commandeur des Palmes académiques françaises.

Ses funérailles vont drainer à Kara de nombreux togolais cadres ou fonctionnaires de l'administration qui l'ont connu et aimé. Tout comme lui, beaucoup de Kabyè morts au cours de l'année 2007 et 2008 et ayant atteint l'âge de soixante ans verront leurs mémoire honorée au cours de ces mois de février et mars par leur familles respective.

« C'est cette période qu'a choisi le peuple Kabyé pour se souvenir de ses morts et leur rendre un hommage digne et mérité », explique Kao Wiyao Blanzoua, anthropologue et sociologue Kabyé.

Traditionnellement, les funérailles sont marquées en pays Kabyè par des danses folkloriques communément appelées « SO », mais aussi par des messes d'action de grâce pour les défunts qui se sont convertis à la religion chrétienne.

Ces funérailles qui interviennent après la période des récoltes, sont fondamentalement des moments de réjouissances populaires où le « Tchoukoutou », boisson locale faite à base du sorgho, est consommée sans modération par l'assistance.

Au cours de ces célébrations, l'épouse ou l'époux ainsi que les enfants du défunt suivent un cérémonial précis au cours duquel des animaux sont ensuite immolées en mémoire des disparus.

Cette symbolique est destinée à  libérer l'âme  du défunt afin qu'elle rejoigne la famille des ancêtres.

   

 

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