Les risques et l’impact des catastrophes augmentent

22/05/2013
Les risques et l’impact des catastrophes augmentent

Le monde doit se réveiller face au risque de multiplication des catastrophes naturelles suite au réchauffement climatique pour limiter les pertes humaines et économiques, a averti mardi le Secrétaire général adjoint de l'ONU Jan Eliasson.

À l'ouverture à Genève d'une conférence sur la réduction des risques avec près de 4000 représentants des gouvernements, organisations internationales, universités et du secteur privé, M. Eliasson a estimé que «nous vivons à une époque de désastres naturels massifs rendus plus néfastes par les changements climatiques».  «Ils sont plus fréquents et plus graves», a-t-il averti.

Il a appelé à définir une stratégie internationale pour diminuer les risques, et à laquelle doit être associé le secteur privé, non seulement pour sauver des vies, mais aussi pour limiter les pertes économiques et l'impact sur le développement.

«Les changements qui interviennent incluent l'augmentation des vagues de chaleur à la fois en intensité et en fréquence, les pluies extrêmes et les conséquences de la hausse du niveau de la mer», a souligné Rajendra Pachauri, chef du panel intergouvernemental sur les changements climatiques.

Le Togo, régulièrement frappé par de graves inondations est présent à cette conférence. Prenant la parole mercredi, Dédé Ahoéfa Ekoué, a rappelé que son pays avait enregistré en 2010 des inondations provoquant plus de 34 millions de dollars de dommages.

Le gouvernement a créé une plateforme nationale de réduction des risques de catastrophes chargée de centraliser les moyens de secours, d’aider les victimes, mais aussi d’anticiper les risques et, si possible, de les prévenir. Cette structure bénéfice du soutien financier de l’Union européenne, de l’UEMOA et du PNUD.

Le Togo a accompli des avancées significatives en matière de résilience aux catastrophes. En zone urbaine et rurale, des aménagements ont été réalisés. S’agissant de l’érosion côtière, des ouvrages de protection ont permis de stabiliser certaines portions de côtes.

Mais ce qui fait défaut, ce sont les moyens financiers, a souligné Mme Ekoué. « Le Togo reste confronté à des défis principalement en raison de l’insuffisance des ressources financières alors qu’au même moment,  les changements climatiques, l’urbanisation et la pression démographique augmentent les risques et l’impact de catastrophes ».

L’objectif de la 4e session de la plateforme mondiale de réduction des risques de catastrophes est à la fois destiné à trouver des solutions innovantes, mais aussi des financements additionnels en faveur des pays en développement qui manquent cruellement de ressources.

Voici l’intervention de la ministre de l’environnement, Dédé Ahoéfa Ekoué

Je voudrais, au nom de la délégation togolaise, exprimer notre profonde reconnaissance aux autorités suisses et aux organisateurs pour les bonnes dispositions prises pour notre accueil. Je voudrais vous féliciter, Monsieur le Président, pour l’efficacité avec laquelle  vous conduisez nos travaux.

Dédé Ahoéfa Ekoué

Je voudrais aussi , au nom de la délégation togolaise, exprimer ma vive compassion au gouvernement et au peuple américains durement éprouvés par la catastrophe d Oklahoma en ce moment précis où se tient la quatrième session de la plateforme mondiale pour la réduction des risques de catastrophes .

Cette auguste tribune m’offre l’occasion idoine pour partager l’expérience du Togo et ses perspectives pour plus de réussite dans notre marche commune vers des lendemains plus surs.

En 2010,  le Togo a enregistré de graves inondations, qui ont causé plus  de 34 millions de dollars de dommages  et pertes à nos populations  alors que notre pays se relevait d’une crise socio-politique  et une suspension de financements internationaux  de plus de 10 ans.  Notre  engagement pour le développement durable a toujours été fort comme l’atteste le classement du Togo par l’Overseas Développement Institute parmi les 20 pays ayant fait les plus grands progrès en termes absolus sur deux OMD .

Avec cet engagement, le Cadre d’Action de Hyogo  s’est révélé pour nous d’une grande utilité pour orienter notre stratégie nationale de réduction de catastrophes qui est en cours d’actualisation, la résilience aux catastrophes  étant inscrite comme priorité dans notre strategie de développement, la strategie de croissance accélérée et de promotion de l’emploi (SCAPE).

En effet, sous la haute impulsion de Son Excellence Mr Faure Essozinam Gnassingbé, Président de la République du Togo, avec l’ appui stratégique de la plateforme nationale, le Togo a réalisé des avancées significatives en matière de résilience aux catastrophes.

 Dans le domaine agricole,  des actions d’adaptation au changement climatique ont été engagées qui réduisent progressivement  la  vulnérabilité de ce secteur et des populations rurales.

Dans le domaine du développement urbain, des ouvrages hydrauliques et d’assainissement sont construits dans plusieurs villes. Ces efforts se poursuivent.

Pour ce qui est l’érosion côtière, des ouvrages de protection  ont permis de stabiliser des portions de notre cote et des financements  importants restent à mobiliser.

Le Togo se félicite particulièrement du lancement cette année du Programme de Gestion Intégrée des catastrophes et des terres à travers lequel le gouvernement renforce les capacités des institutions à gérer les risques d’inondation et aide des communautés les plus exposées aux impacts des changements climatiques à renforcer leur résilience.

Par ma voix, le Togo tient à exprimer  sa profonde gratitude  aux partenaires techniques et financiers qui l’ont aidé à engranger ces progrès.

Le Togo reste toutefois confronté à des défis principalement en raison de l’insuffisance des ressources financières alors qu’au même moment,  les changements climatiques, l’urbanisation et la pression démographique  augmentent les risques et l’impact de catastrophes.

ll est donc  important que le Cadre d’Action de Hyogo II prenne bien  en compte les enjeux les plus pertinents en mettant l’accent sur un financement adéquat de la mise en œuvre des stratégies de réduction de risques. A cet effet,  le Togo salue vivement le travail de qualité effectué par le Bureau des Nations Unies  pour la réduction des risques de catastrophes dans le cadre des consultations post 2015   et ainsi que la coordination faite par l’Union Africaine et les organisations sous régionales africaines telles que l’ Uemoa et la Cedeao .

L’effort mondial d’accompagnement des pays en développement doit s’intensifier en s’orientant vers le renforcement de la participation locale y compris celles des femmes et des jeunes et un financement plus important pour la réduction des facteurs sous jacents de catastrophes. Il nous faut aussi intensifier nos actions pour relever les défis majeurs qui sont actuellement sous financés telle que l’érosion côtière qui s’accélère avec le changement climatique, causant des pertes des terres, la destruction des habitations et des infrastructures et l’accroissement de la vulnérabilité des populations.

 Le Togo,  pour sa part, continuera à œuvrer avec détermination  pour la réduction des risques de catastrophes en comptant sur ses propres ressources mais aussi sur la solidarité agissante et renouvelée de la communauté internationale pour des lendemains plus surs pour tous, et particulièrement pour les populations les plus vulnérables.

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