Boukpessi Essoyaba dénonce la « pagaille » dans le foot togolais

15/09/2008
Boukpessi Essoyaba dénonce la « pagaille » dans le foot togolais

Après l'échec des Eperviers face aux Chipolopolo de Zambie, l'on a conclu à une élimination du Togo aux qualifications combinés CAN-Mondial 2010. Mais pour Boukpessi Essoyaba, deuxième vice-président de la FTF qui a accompagné la sélection togolaise en Zambie, la messe n'est pas encore dite. Dans l'entretien qu'il a accordé à republicoftogo.com, il revient également sur le dysfonctionnement qui caractérise le bureau actuel de la Fédération togolaise de football. « Une vraie pagaille », affirme-t-il.

##S_B##Republicoftogo.com : Pouvez-vous nous décrire les conditions dans lesquelles vous avez conduit les Eperviers en Zambie ?

Boukpessi Essoyaba :

Des conditions un peu difficiles, il fait bien l'avouer. Il y avait un différend entre eux et le Président Avlessi (président de la FTF, ndlr). Ils ont demandé en vain à le rencontrer. Les membres du Comité de suivi moral se sont impliqués, mais nous n'avons pas pu trouver de solution. C'est la raison pour laquelle nous sommes partis en Zambie sans Adébayor.

Arrivé sur place, le séjour n'a pas non plus été de tout repos faute de moyens financiers pour habiller et pour héberger les joueurs.

Certes, nous avons perdu le match mais je pense que nous n'avons pas démérité et les joueurs ont fait bonne impression sur le terrain. Je pense d'ailleurs que s'ils maintiennent le cap, nous pouvons avoir la chance d'être parmi les huit meilleurs deuxièmes et donc nous qualifier pour la CAN.

Republicoftogo.com : Vous évoquez l'absence de moyens financiers alors que l'Etat a mis en place un Comité de gestion d'urgence qui a bénéficié de fonds pour ce match ?

Boukpéti Essoyaba :

Il leur appartient de rendre compte de ce qu'ils ont reçu. J'ai appris moi aussi que les moyens avaient été mis à la disposition du Comité, mais pour l'instant nous n'en savons pas grand-chose au niveau de la fédération.

Ce qui est sûr c'est que le premier vice-président Améyi et moi-même avons été obligés en Zambie de prendre en charge les Eperviers avant de nous faire rembourser. Le représentant de ce Comité nous a suivi avec en poche 8000 dollars alors que les dépenses ont été supérieures à 16.000 dollars.

Republicoftogo.com : Quelle explication le Président Tata Avlessi vous a-t-il donné pour ne pas rencontrer les joueurs avant leur départ du Togo ?

Boukpessi Essoyaba :

Il a dit qu'il préparait les obsèques de sa mère. Et donc il m'a donné mandat pour conduire l'équipe.

Le problème est qu'il a désobéi au Président du Comité moral (Pascal Bodjona, ndlr) en refusant de répondre à son appel alors que c'est un ministre d'Etat de notre République. De toutes les façons nous avons prévu une réunion d'urgence mercredi pour mettre toutes ces questions sur la table.

 

Republicoftogo.com : On parle régulièrement de dissensions entre les membres de la FTF. Quel mal ronge cette institution ?

Boukpessi Essoyaba :

Vous savez, dans chaque groupe d'individus il y a toujours des problèmes à régler, mais dans le cas précis de la fédération, je parle plutôt de dysfonctionnement.

Je reconnais que parfois nos réunions sont assez houleuses mais souvent nous sortons de là avec le sourire.  

Le mal, à mon avis, c'est l'entourage. Que ce soit du côté de Tata Avlessi ou d'Améyi, il y a des gens qui pensent que les membres du bureau actuel ne peuvent pas travailler ensemble et qu'il faut nécessairement aller de nouveau à un congrès électif. Du coup il y a des problèmes entre le secrétariat et la présidence qui publient des communiqués contradictoires.

Tout cela fait désordre. Je crois à mon humble avis que ce sont de problèmes que l'on peut surmonter à condition de faire preuve de bon sens et de volonté.

Republicoftogo.com : Justement, à propos de nouvelles élections que certains réclament, il y a un groupe de présidents de ligues et clubs qui rendu public une pétition demandant l'organisation d'un nouveau congrès électif. De l'autre côté le président du Comité olympique togolais (Cnot) estime que si les dissensions persistent, l'on sera obligé de révoquer le bureau actuel. Finalement, ce n'est pas la solution pour enfin sortir de la crise ?

Boukpessi Essoyaba :

Combien y-a-t-il de présidents de clubs qui ont accepté de signer cette pétition ? Les textes sont clairs, il faut un pourcentage pour convoquer un congrès électif et je ne crois pas qu'ils seront en mesure de l'obtenir. De l'autre côté, le président du Cnot, qui menace de révoquer les membres du bureau, n'est pas le président du Comité de suivi moral. S'il a une idée pareille pourquoi il n'attend pas la réunion du Comité pour l'évoquer plutôt que de se répandre dans la presse. A quel titre, il pense-t-il pouvoir révoquer le bureau ?

Republicoftogo.com : En tant que Président du CNOT dont dépend le football au Togo.

Boukpessi Essoyaba :

La FTF est directement affiliée à la FIFA. Le CNOT n'est pas affilié à la FIFA et par conséquent n'a pas pouvoir de décision sur la Fédération. Voyez vous-mêmes à quel point la pagaille règne au niveau des instances dirigeantes du sport dans notre pays. Je pense sincèrement que si ces gens arrêtaient de s'agiter et de parler à tort et à travers, le bureau actuel pourrait fonctionner normalement, j'en suis convaincu.

Republicoftogo.com : A vous écouter, on a l'impression que le Comité de suivi moral n'arrive pas non plus à vous discipliner ?

Boukpessi Essoyaba :

C'est pour cela que je dis qu'il y a eu désobéissance civile ou peut-être une certaine ignorance de la part de notre président. En fait il n'avait pas le droit de refuser de répondre à l'appel du Président du Comité de suivi qui de surcroît est ministre d'Etat (Pascal Bodjona, ndlr). De toutes les façons nous comptons aplanir tout cela au cours de la réunion de mercredi prochain. Il va falloir qu'il présente ses excuses à l'autorité.

Republicofotogo.com : Pour ce qui est des éliminatoires, vous soutenez que les Eperviers ont encore une chance de se qualifier ?

Boukpéti Essoyaba :

Les gens ont trop vite conclu à l'élimination des du Togo. En fait, nous avons encore la chance d'être qualifié si nous gagnons le prochain match en  octobre contre le Swaziland.

Republicoftogo.com : Il a été annoncé récemment le démarrage du championnat D1 alors qu'au même moment, le Président Avlessi indiquait dans un autre communiqué qu'il n'était pas concerné par cette décision. Alors, quid de la saison ?

Boukpessi Essoyaba :

C'est tout cela qui me fait dire qu'il y a dysfonctionnement à la tête de la Fédération.

En fait la décision de reprise du championnat avait été prise lors d'une réunion de bureau. Et le SG a rédigé un communiqué à la suite qu'il a fait publier sans qu'il ne l'ait soumis auparavant au Président.

Ce dernier ayant pris connaissance du communiqué via les médias a été choqué et en retour, il a publié un autre communiqué pour indiquer qu'il n'est pas concerné par la mesure.

Une vraie pagaille. Toutefois, je considère qu'il s'agit de détails qui ne doivent masquer les défis réels que nous sommes appelés à surmonter.

Après la réunion de mercredi, nous aurons une idée plus précise sur le démarrage ou non du championnat qui est tout à fait indispensable.

Il est important que nous dirigions l'attention du public sportif togolais sur les terrains plutôt que de le maintenir braqué sur nos différences.

 

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