Hayatou : « Je n'ai aucun regret, nous avons fait ce qu'il fallait faire »

30/01/2010
Hayatou : « Je n'ai aucun regret, nous avons fait ce qu'il fallait faire »

Le président de la Confédération africaine (CAF) Issa Hayatou a annoncé samedi que le Togo, qui s'est retiré de la CAN-2010 le 10 janvier après l'attaque de son bus, a été "suspendu" pour deux Coupes d'Afrique des nations en raison d'une interférence gouvernementale.
Il n'a "aucun regret sur la gestion de l'affaire" et demande "qu'on ne cherche pas la petite bête".
Q: Quelle décision avez-vous prise concernant le Togo?
R: "Le comité exécutif vient de les suspendre pour deux CAN. Je leur avais dit de bien vouloir rester mais que s'il partaient, parce qu'ils étaient émus et tout et tout, on prendrait acte et qu'on comprendrait leur position devant leur peine, devant leur émotion. Il n'y a pas de circonstances exceptionnelles à partir du moment où ce sont les autorités politiques qui retirent l'équipe contre la volonté des joueurs. C'est une interférence gouvernementale que nous nous pouvons pas accepter. Nous sommes obligés d'appliquer nos règlements".
Q: Existe-t-il un recours?
R: "Pas au niveau de la CAF mais ils peuvent aller au TAS (Tribunal arbitral du sport). Il n'y a que lui qui peut casser la décision du comité exécutif. Ils sont libres".
Q: Êtes-vous satisfait de la façon dont vous avez géré cet évènement?
R: "Contrairement à ce que vous pouvez croire, nous avons bien géré cette affaire. Je n'ai aucun regret, nous avons fait ce qu'il fallait faire. Vous voulez avoir mes cordes vocales dans votre micro mais ce que nous avons dit à travers le communiqué de presse vaut bien des déclarations".
Q: Pourquoi ne pas avoir manifesté plus de compassion?
R: "Je ne peux pas en tant que responsable dire des choses que je ne maîtrise pas. Le vendredi (8 janvier), personne n'était mort. Ce n'étaient que des rumeurs et heureusement que nous n'en avons pas parlé. On est sorti de réunion et on est tombé sur une nuée de journalistes qui voulaient que je fasse des déclarations à chaud. Pour moi, président de la CAF, n'ayant pas tous les éléments, vous auriez voulu que je dise quoi? Le président du comité d'organisation m'a reçu le lendemain et je lui ai demandé de faire renforcer la sécurité. Il y avait une psychose dans la ville de Cabinda. Puis le comité exécutif est parti présenter ses condoléances aux Togolais et leur donner des assurances quant au renforcement des mesures sécuritaires".

Q: Etait-ce judicieux, à l'occasion du premier commentaire, de rejeter la faute sur le Togo?
R: "Ce n'est pas la CAF qui l'a fait, c'est un de ses membres. Seul le secrétaire général était habilité à parler. Dans une situation comme celle-là, il ne faut pas laisser parler n'importe qui. M. Souleymane Habuba (directeur de la communication de la CAF, ndlr), qui a fait cette déclaration, n'était pas du tout mandaté bien que ce qu'il ait dit soit juste. Je l'ai convoqué le lendemain pour lui dire qu'il n'avait pas le droit de faire des déclarations. Je lui ai fait des reproches. Il n'a rien trouvé à redire, il est resté bouche bée".
Q: Si la volonté était louable d'associer tous le pays à l'évènement, était-ce une bonne idée de jouer des matches à Cabinda?
R: "Le Burkina est arrivé le 1er janvier pour faire son stage alors que le coup d'envoi était prévu le 11. Il n'a pas subi une attaque. Est-ce que la Côte d'Ivoire ou le Ghana ont été attaqués? Pourquoi y a-t-il des amalgames? Le Togo a décidé de venir en bus et on les a attaqués en brousse. Ce n'est pas la peine de chercher la petite bête. Je ne vois pas en quoi la CAF est responsable. Nous sommes organisateurs du tournoi, ce n'est pas à nous d'assurer la sécurité".
Q: Ne craignez-vous pas que cette CAN soit associée dans le futur à cette attaque, comme les JO de Munich en 1972?
R: "On pensera pendant longtemps à cette attaque contre le Togo. Peut-être même des centaines d'années. Personne ne pourra l'enlever de la mémoire collective mais c'est arrivé et il ne faut pas chercher à savoir pourquoi la CAF n'a pas dit ou fait ça. Voyez le temps qu'il s'est passé depuis!"

Propos recueillis par Yann BERNAL et Colin DRONIOU (AFP)

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