Adoption d'une Convention sur les réfugiés en Afrique

20/10/2009
 Adoption d'une Convention sur les réfugiés en Afrique

L'Union Africaine (UA) organise un sommet spécial de chefs d'Etat et de gouvernement en Ouganda sur les millions de réfugiés et déplacés en Afrique, le plus souvent chassés par la guerre mais dont le sort risque encore de s'aggraver avec les changements climatiques. Le président du Togo, Faure Gnassingbé, est attendu à cette rencontre.

Ce sommet doit se tenir jeudi et vendredi à Kampala, la capitale ougandaise, sous le thème: "L'UA relève le défi du déplacement forcé en Afrique".Il doit déboucher sur l'adoption et la ratification par les 53 membres de l'organisation d'une "Convention pour la protection et l'assistance aux personnes déplacées en Afrique".

Selon le Haut commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), l'Afrique est le continent qui compte le plus grand nombre de réfugiés et déplacés au monde, soit "plus de 17 millions".

Le HCR rappelle qu'en Afrique il s'occupe de "10,4 millions de personnes dont 2,6 millions de réfugiés, 295.000 réfugiés de retour chez eux, 6,3 millions de déplacés internes, 1,03 million de déplacés réinstallés, et de 100.000 apatrides".

Principales causes de ces déplacements de populations: les conflits et guerres civiles qui continuent de frapper l'Afrique, comme en République démocratique du Congo (RDC) ou en Somalie, les crises politiques comme récemment au Kenya, mais aussi les catastrophes naturelles comme les sécheresses et inondations qui se multiplient sur le continent avec le réchauffement climatique.

"Ce sommet vise à trouver des solutions durables aux causes profondes et aux défis que pose l'existence de 17 millions de réfugiés et déplacés en Afrique", a expliqué lundi à Kampala le ministre ougandais pour les Réfugiés, Tarsis Kabwegyere, dans son discours d'ouverture de la réunion ministérielle préparatoire au sommet.

"Les défis pour le continent incluent la préparation (des Etats), la prévention, et aussi les moyens de pallier l'impact des désastres naturels pour permettre aux populations déplacées de regagner le contrôle de leur vie et reconstruire leurs communautés", a-t-il ajouté.

"Améliorer la gouvernance, un développement économique rapide, et des stratégies plus appropriées de sécurité alimentaires font partie des actions qui permettront de lutter efficacement contre les causes profondes", a déclaré pour sa part Julia Dolly Joiner, commissaire de l'UA aux Affaires politiques.

L'UA précise qu'un "plan d'action" doit également être défini au niveau des chefs d'Etat pour prévenir les déplacements forcés.

La convention prévoit entre autres que les dirigeants africains s'engagent à ne plus pratiquer de déplacements forcés de population à grande échelle, par exemple dans les situations de conflit, et assurent l'amélioration des conditions des personnes déplacées.

Fin 2008, des pays de l'UA s'étaient engagé à Addis Abeba à améliorer la protection des populations déplacées dans un projet de convention, qualifié d'"historique" par le HCR.

Ce projet de convention, "premier instrument de ce genre" au niveau international, devait combler les lacunes du régime juridique de protection et d'assistance aux déplacés en Afrique, affirmait alors l'UA.

"Mais certains Etats africains sont aujourd'hui réticents à ratifier la convention qui pourrait être contraignante et avoir des conséquences pénales", explique un diplomate africain à Addis Abeba, sous couvert d'anonymat.

"Plus que les guerres, ce sont les troubles liés aux crises politiques, comme au Zimbabwe ou au Kenya, qui inquiètent les dirigeants" africains, assure-t-il.

 

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