Agriculture : « Moins de déclarations et plus d'action »

30/06/2009
Agriculture : « Moins de déclarations et plus d'action »

Confrontée à un manque criant d'investissements publics, l'agriculture africaine a un besoin urgent de décisions "radicales", ont averti experts et ONG à la veille d'un sommet de l'Union africaine (UA) à Syrte (Libye) auquel participera le président du Togo. Ce sommet de trois jours, le 13e de l'organisation panafricaine qui compte 53 membres, a pour thème officiel "Investir dans l'agriculture pour la croissance économique et la sécurité alimentaire".

Avant la réunion des leaders africains, qui risquait de se focaliser sur les crises secouant plusieurs pays (Somalie, Madagascar, Niger...) et sur le projet de "gouvernement africain" cher au leader libyen Mouammar Kadhafi, appels et mises en garde se sont multipliés pour que le dossier agricole ne soit pas oublié."Nous avons besoin de moins de déclarations et de plus d'action", a plaidé à Syrte le représentant de l'organisation britannique Oxfam, Lamine Ndiaye.

"Le manque d'investissement dans l'agriculture a plongé des millions de personnes dans l'insécurité alimentaire", s'alarme Oxfam, en appelant les leaders africains à des "décisions radicales" face à l'accroissement prévisible des crises alimentaires avec le marasme économique mondial et le réchauffement climatique qui touche l'Afrique de plein fouet.

M. Ndiaye a rappelé que l'objectif fixé en 2003 au sommet de l'UA à Maputo, visant à ce que 10% des budgets nationaux soient consacrés au secteur agricole, n'avait été atteint que par sept des 53 membres de l'UA: le Sénégal, le Mali, l'Ethiopie, le Malawi, le Niger, Madagascar et le Zimbabwe.

Pour l'ensemble du continent, l'agriculture ne représente actuellement que 4,5% des investissements publics, affirme Oxfam.

Pour M. Ndiaye, le sommet de l'UA, qui se tient de mercredi à vendredi, devrait en priorité fixer aux Etats un calendrier contraignant, adossé à un mécanisme de contrôle, pour le respect de l'objectif de Maputo et concentrer les efforts sur "les petits exploitants agricoles".

Selon un récent rapport de l'ONU, l'agriculture emploie 57% de la main d'oeuvre en Afrique pour seulement 17% de son Produit intérieur brut. Au cours des trente dernières années, la production céréalière par habitant n'a augmenté que de 0,14%, entraînant une hausse des importations de 136% sur la même période.

Une des clés pour améliorer la situation serait de convaincre les Etats d'ouvrir les frontières entre pays africains en abaissant ou en supprimant les tarifs douaniers. "Nous vendons plus de produits agricoles aux pays de l'extérieur que nous n'en vendons entre nous", a déploré lundi devant la presse la commissaire de l'UA pour l'agriculture Rhoda Peace Tumusiime.

"Nous utilisons nos ressources, qui sont limitées, à acheter de la nourriture. Nous ferions de les utiliser pour investir dans l'agriculture", a-t-elle ajouté.

Richard Mkandawire, responsable du dossier agricole au sein du Nepad (Nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique), espère lui aussi que le sommet de Syrte débouchera sur du concret, alors qu'un Africain sur trois serait déjà touché par la crise alimentaire.

"Espérons que les membres de l'UA seront enfin plus explicites sur les décisions qu'ils comptent mettre en oeuvre", a-t-il dit en préconisant également une date butoir pour tenir les promesses faites il y a six ans à Maputo, ainsi que des aides publiques pour l'achat de certains produits comme les fertilisants.

 

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