L’érosion n’est pas une fatalité

03/12/2018
L’érosion n’est pas une fatalité

Une approche régionale

Un tiers environ des habitants d’Afrique de l’Ouest vivent sur le littoral, où la croissance démographique atteint 4 % par an. 

Les zones côtières sont à l’origine de 56 % du PIB de la région. Le volume annuel de la pêche légale dans les eaux ouest-africaines dépasse les 1,6 million de tonnes, soit une valeur de 2,5 milliards de dollars à la vente sur le marché de gros. 

Outre les activités halieutiques, on trouve aussi sur le littoral des villes de premier plan et des ports importants, ainsi que des agro-industries et des plateformes pétrolières offshore.

La région dispose de beaucoup de ressources naturelles, terrestres et marines, qui fournissent des services écosystémiques essentiels. 

Ces ressources contribuent à la croissance économique ainsi qu’à la résilience au changement climatique, et elles procurent des moyens de subsistance à un grand nombre de personnes pauvres.

Or, la productivité des écosystèmes côtiers est menacée. En cause : le développement d’infrastructures non durables, la mauvaise gestion des ressources et des habitats naturels, et la pollution. 

En outre, les conséquences du changement climatique, tels que l’élévation du niveau de la mer et son réchauffement, les glissements de terrain, les ondes de tempête et l’accroissement des inondations côtières, ajoutent à la vulnérabilité de la région. 

Par endroits, l’érosion côtière atteint plus de 10 mètres par an, tandis que les pêcheries sont exploitées au maximum de leurs capacités, quand elles ne sont pas surexploitées. 

Moins de 10 % des zones urbaines disposent de services d’évacuation des eaux usées, et entre 20 % et 30 % des mangroves ont été détruites ou abîmées au cours des vingt-cinq dernières années.

Face à cette situation, les pays concernés ont décidé de passer à l’action et de s’unir autour d’une stratégie régionale qui permettra de préserver le littoral ouest-africain au profit des générations futures. 

Les frontières nationales ne peuvent rien contre l’érosion : les efforts d’un pays pour réduire l’érosion risquent simplement de l’aggraver ailleurs. En outre, les fonds requis pour lutter contre l’érosion et les inondations sont bien supérieurs aux financements auxquels chaque pays peut avoir accès individuellement. 

Instance de mobilisation

En collaborant et en coordonnant leur action sur le plan politique et technique, les pays seront mieux en mesure de gérer les zones les plus touchées par l’érosion, et de préserver les bienfaits qu’un écosystème côtier sain procure à la population et à l’économie d’un pays.

L’approche mise en avant repose sur une coopération et une intégration régionales solides ; elle fait de la transformation structurelle un impératif pour le développement de l’Afrique, et prône une rupture totale avec les modèles de développement cloisonné.

Le Programme de gestion du littoral ouest-africain (également connu sous son acronyme anglais ‘WACA’ pour West Africa Coastal Areas Program) a été conçu pour répondre à ce besoin croissant d’intégration régionale. 

C’est une instance de mobilisation grâce à laquelle partenaires techniques et financiers peuvent contribuer au développement durable du littoral, avec comme angle d’attaque la lutte contre l’érosion et les inondations côtières.

La mise en œuvre du WACA vient débuter au Togo, précisément à Aného (45km de Lomé), une zone particulièrement touchée par l’érosion.

L’appui de la Banque mondiale va permettre au pays de disposer d’une enveloppe de 31 milliards de Fcfa pour renforcer les dispositifs de protection. Le projet prévoit l’installation de nouveaux épis et la construction de bassins de rétention, notamment.

Les actions seront menées sur 41 kilomètres.

Au Total 13 pays africains bénéficient du Programme de gestion du littoral ouest-africain.

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