Diplomatie

Ni tutelle ni exclusivité : la méthode togolaise

Il y a quelques jours à Pékin, depuis mardi à Moscou pour le troisième sommet Russie-Afrique : Faure Gnassingbé enchaîne les rendez-vous avec deux puissances qui renforcent leur présence sur le continent. À Lomé, on n’y voit pas un dilemme, mais une stratégie.

Faure Gnassingbé mardi à son arrivée à Moscou © Ilya Pitalev/ RIA NOVOSTI

Il y a quelques jours à Pékin, depuis mardi à Moscou pour le troisième sommet Russie-Afrique : Faure Gnassingbé enchaîne les rendez-vous avec deux puissances qui renforcent leur présence sur le continent. À Lomé, on n’y voit pas un dilemme, mais une stratégie.

Le message des autorités togolaises tient en une phrase : le Togo s’ouvre à de nouveaux partenaires, sans tourner le dos aux anciens. Pas de rupture, pas d’alignement. Un pays qui parle à tout le monde, parce qu’il n’a rien à cacher et tout à construire.

Derrière cette diplomatie, il y a des besoins concrets. Des routes à bâtir, une énergie à produire, des usines à installer, une agriculture à moderniser. Autant de projets qui exigent des financements, des technologies, des marchés et des savoir-faire. Aucun partenaire ne peut tout apporter seul.

Multiplier les portes d’entrée, c’est multiplier les chances de réussite. Dans la diplomatie togolaise, chaque partenaire est une ressource, pas une tutelle.

Moscou, un partenariat qui prend forme

L’ouverture vers la Russie ne date pas d’hier. En novembre 2025, Vladimir Poutine recevait déjà Faure Gnassingbé au Kremlin pour parler commerce, agriculture, énergie et sécurité alimentaire.

Depuis, les discussions se sont accélérées. Selon l’ambassadeur de Russie au Togo, Igor Evdokimov, les deux pays planchent sur un corridor de transport et d’énergie destiné à acheminer des marchandises russes, dont du gaz naturel liquéfié, vers le Sahel via le port de Lomé. Un axe qui pourrait, à terme, relier la Russie à toute l’Afrique de l’Ouest.

« Le choix du port de Lomé comme point d’entrée optimal vers le Burkina Faso et le Niger était le bon », affirme le diplomate. Fin septembre, plus de 120 représentants d’administrations et d’entreprises russes, parmi lesquels RusChemAlliance, la banque publique VEB.RF ou l’armateur FESCO, ont fait le déplacement à Lomé pour la première commission mixte entre les deux pays. Moscou étudie déjà des liaisons par conteneurs entre la Russie, le Togo et le Burkina Faso.

Dans un monde où les grandes puissances se disputent les alliances, cette liberté de ton est une force, souligne-t-on à Lomé. Elle permet à un pays de taille modeste de se faire entendre, de comparer les offres et de négocier les meilleures conditions. Les partenaires historiques n’ont rien à y perdre : la confiance se renforce quand elle n’est pas exigée en exclusivité.

Au bout du compte, la réussite d’une diplomatie ne se mesure pas au nombre de capitales visitées, mais à ce qu’elle rapporte aux Togolais : des emplois, des infrastructures, des produits à exporter, des champs mieux équipés.

Le Togo n’a pas à choisir entre ses amis. Il doit surtout les faire travailler pour lui.

Pour que ce site Web fonctionne correctement et pour améliorer votre expérience d'utilisateur, nous utilisons des cookies. Retrouvez plus d'informations dans notre Gestion des cookies.

  • Les cookies nécessaires activent les fonctionnalités de base. Le site Web ne peut pas fonctionner correctement sans ces cookies et ne peut être désactivé qu'en modifiant les préférences de votre navigateur.