Diplomatie

Sous les ors du Kremlin, l’Afrique courtisée

Rideau sur le troisième sommet Russie-Afrique. Réunis à Moscou jusqu’à jeudi soir, des représentants de 41 pays africains, dont 21 chefs d’État ou de gouvernement, ont répondu à l’invitation de Vladimir Poutine.

Vladimir Poutine lors de la conférence de presse de clôture du sommet jeudi soir à Moscou © RIA NOVOSTI

Rideau sur le troisième sommet Russie-Afrique. Réunis à Moscou jusqu’à jeudi soir, des représentants de 41 pays africains, dont 21 chefs d’État ou de gouvernement, ont répondu à l’invitation de Vladimir Poutine.

Pour un dirigeant visé par les sanctions occidentales et un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale, la démonstration est réussie.

Parmi les présents figurait le président du Conseil togolais, Faure Gnassingbé, qui a profité de son séjour pour signer plusieurs accords, dont un mémorandum sur le nucléaire civil avec Rosatom.

Pour le Kremlin, l’enjeu dépasse largement l’Afrique. Chaque chef d’État africain photographié aux côtés de Vladimir Poutine envoie un message aux capitales occidentales : la Russie n’est pas isolée. Le sommet sert ainsi autant la diplomatie que la communication.

Moscou a soigné la mise en scène, jusqu’à la réception offerte dans le prestigieux palais à facettes du Kremlin, où le président russe a promis des « bases solides » pour des années de coopération.

Derrière le décor, les affaires. Énergie, nucléaire civil, agriculture, formation, mais aussi défense : de nombreux contrats et accords, civils comme militaires, ont été conclus. La Russie, premier fournisseur d’armes du continent ces dernières années, entend consolider ses positions face à la concurrence chinoise, turque ou occidentale.

À la tribune, Vladimir Poutine a déroulé un discours désormais bien rodé : la dénonciation du néocolonialisme occidental et la célébration d’un monde multipolaire, où l’Afrique aurait enfin voix au chapitre. Une rhétorique qui séduit une partie des opinions publiques africaines, en particulier au Sahel.

Le contraste n’en est pas moins frappant. Moscou fustige l’ingérence occidentale tout en déployant ses propres forces sur le continent : l’Africa Corps, héritier du groupe Wagner et placé sous l’autorité directe du ministère russe de la Défense, compte entre 1 700 et 2 000 hommes dans les seuls pays du Sahel.

Des promesses à concrétiser

Reste l’essentiel : les résultats. Lors des sommets de Sotchi en 2019 et de Saint-Pétersbourg en 2023, nombre d’annonces étaient restées lettre morte. Et malgré les discours, les échanges commerciaux entre la Russie et l’Afrique demeurent modestes, sans commune mesure avec ceux du continent avec la Chine ou l’Union européenne.

Pour les dirigeants africains, la leçon est claire : à Moscou comme ailleurs, ce ne sont pas les toasts qui comptent, mais les contrats honorés.

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