Eco & Finance

De la production à la transformation, un changement de modèle

Produire davantage ne suffit plus. Encore faut-il transformer, conserver, valoriser et commercialiser.

Une agriculture qui veut désormais peser dans l'économie © republicoftogo.com

Produire davantage ne suffit plus. Encore faut-il transformer, conserver, valoriser et commercialiser.

La Feuille de route gouvernementale 2020-2025 a progressivement déplacé le curseur de la politique agricole vers une logique plus intégrée, où le financement des producteurs côtoie désormais les infrastructures de transformation, les laboratoires de contrôle et les équipements d'abattage.

Avec environ 20 milliards de Fcfa mobilisés sous forme de crédits intrants et de subventions, sept centres de transformation agricole construits dans l'agropole de la Kara, plusieurs laboratoires de contrôle de la qualité des aliments et cinq aires modernes d'abattage mises en service, le pays a posé des jalons importants vers une agriculture créatrice de valeur.

De la terre au marché, changer de modèle

Longtemps, la performance agricole s'est mesurée principalement à l'aune des superficies cultivées ou des volumes récoltés. 

Une approche indispensable, mais incomplète : elle ne permet pas de mesurer toute la richesse qu'une production peut générer. Une tonne de céréales vendue brute n'a pas la même valeur économique qu'une tonne transformée en farine. 

Un fruit commercialisé frais ne représente pas le même potentiel qu'un fruit transformé, conditionné et conservé. Lait, viande, poisson ou productions végétales peuvent eux aussi changer d'échelle économique dès lors qu'ils intègrent des circuits de transformation structurés.

C'est précisément cette mutation que les investissements réalisés entre 2020 et 2025 cherchent à accompagner : produire ne suffit plus, il s'agit désormais de faire en sorte que la valeur ajoutée reste davantage au sein de l'économie nationale.

Les 20 milliards mobilisés constituent l'un des leviers de cette offensive. Un tel financement agit bien au-delà d'une simple campagne agricole : il permet aux producteurs d'accéder aux intrants, de maintenir ou d'accroître leur capacité de production, et donc d'alimenter régulièrement les chaînes de transformation. Car l'agro-industrie ne peut prospérer sans matière première abondante, régulière et de qualité.

La logique devient ainsi circulaire : soutenir la production permet d'alimenter la transformation ; développer la transformation crée de nouveaux débouchés pour la production ; et ces débouchés stimulent à leur tour l'investissement et la professionnalisation des producteurs.

Pris séparément, ces réalisations pourraient sembler être une simple succession de projets. Mises en perspective, elles racontent une transformation plus profonde : le Togo cherche à articuler production, financement, transformation, contrôle de qualité et commercialisation, pour faire de l'agriculture non plus seulement un secteur nourricier, mais un véritable espace de création de richesse, d'emplois et d'opportunités entrepreneuriales.

Le Togo a ainsi posé les fondations d'un modèle où agriculture et industrie ne fonctionnent plus en parallèle, mais se répondent. 

Pour que ce site Web fonctionne correctement et pour améliorer votre expérience d'utilisateur, nous utilisons des cookies. Retrouvez plus d'informations dans notre Gestion des cookies.

  • Les cookies nécessaires activent les fonctionnalités de base. Le site Web ne peut pas fonctionner correctement sans ces cookies et ne peut être désactivé qu'en modifiant les préférences de votre navigateur.