Santé

Paludisme : deux vaccins pour protéger les enfants

Lancé en août 2025 par le gouvernement et Malaria Consortium, le projet STRIVE renforce la vaccination et la prévention du paludisme dans les zones rurales. Une mission de suivi a dressé vendredi un premier bilan positif.

Couverture vaccinale de 93,2 % © republicoftogo.com

Le paludisme reste un problème majeur de santé publique, en particulier pour les femmes enceintes et les jeunes enfants des zones rurales.

Pour mieux les protéger, le gouvernement et l’ONG Malaria Consortium mènent le projet STRIVE (Strengthening Routine Immunisation and Vaccine Engagement in Togo). La Croix-Rouge togolaise et les agents de santé communautaire y sont associés.

La mission de suivi et d’évaluation de Malaria Consortium, achevée vendredi, fait état d’une couverture vaccinale de 93,2 % dans les 23 districts sanitaires concernés.

STRIVE a appuyé l’introduction du vaccin antipaludique et le traitement préventif intermittent dans les communautés rurales. Il a aussi renforcé la vaccination mobile et de proximité pour atteindre les familles éloignées des centres de santé.

Le projet couvre les régions des Savanes, de la Kara, Centrale et des Plateaux, et se poursuit jusqu’en 2027.

Longtemps jugé impossible, le vaccin contre le paludisme est devenu réalité. Deux vaccins sont désormais recommandés par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et déployés dans de nombreux pays africains, dont le Togo.

Le premier, le RTS,S/AS01, développé par le laboratoire britannique GSK sous le nom de Mosquirix, a été recommandé par l’OMS en 2021. C’était une première historique : jamais un vaccin n’avait été homologué contre un parasite humain.

Le second, le R21/Matrix-M, a suivi en 2023. Conçu par l’université d’Oxford et fabriqué par le Serum Institute of India, il est moins coûteux et peut être produit à grande échelle, deux atouts décisifs pour les pays africains.

Ces vaccins visent les jeunes enfants, premières victimes des formes graves du paludisme. Le schéma comprend quatre doses, la première vers l’âge de cinq mois.

Leur efficacité n’est pas totale. Ils réduisent d’environ la moitié à trois quarts les cas de paludisme la première année et limitent les formes graves et les décès. Ils ne remplacent donc pas les moustiquaires imprégnées, les traitements préventifs et la lutte contre les moustiques : ils les complètent.

Depuis janvier 2024, date à laquelle le Cameroun a lancé la vaccination de routine, plus d’une vingtaine de pays africains ont inscrit le vaccin dans leur calendrier vaccinal, avec le soutien de Gavi, l’Alliance du vaccin.

Le Togo en fait partie. Avec le projet STRIVE, le pays mise sur la vaccination de proximité pour atteindre les enfants les plus éloignés des centres de santé.

Pour les adultes et les voyageurs, en revanche, aucun vaccin n’existe encore. Leur protection repose toujours sur les médicaments préventifs et la lutte contre les piqûres.

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