Cocaïne, le trop plein

18/03/2007
Cocaïne, le trop plein

Le sujet est devenu récurrent dans la presse internationale. Articles, analyses et reportages s'intéressent à la manière dont les narco-trafiquants sud-américains utilisent certains pays d'Afrique de l'Ouest pour acheminer la cocaïne en Europe. Plusieurs pays sont pointés du doigt comme le Togo, le Nigeria, la Guinée Bissau, le Bénin, le Ghana, le Sénégal et la Mauritanie.

Dans son édition de dimanche, le « Los Angeles Times » revient longuement sur cette question. Et le journal d'expliquer que l'Afrique est devenue une place stratégique pour les trafiquants qui veulent écouler la drogue sur le marché européen. L'Europe où la cocaïne se négocie deux fois plus cher qu'aux Etats-Unis, 45.000 $ le kilo contre seulement 25.000 actuellement en Amérique.La précieuse marchandise est acheminée depuis la Colombie vers l'Afrique par conteneurs ou à bord de bateaux de pêche et est ensuite réexpédie vers l'Europe (principalement l'Espagne) par les mêmes moyens.

Les narco-trafiquants utilisent aussi des mules ; de simples Africains qui voyagent vers la France ou l'Espagne en avion depuis l'aéroport de Lomé ou de Cotonou et qui transportent sur eux quelques kilos de cocaïne. Cette prestation est payée de 2000 à 4000 dollars. Mais ces passeurs sont souvent arrêtés à leur arrivée et risquent jusqu'à 20 ans de prison.

 « Mais comment voulez-vous inspecter chaque conteneur qui arrive au port de Lomé. C'est comme chercher une aiguille dans une meule de foin », explique un policier togolais en charge de la lutte anti-drogue.

« Les trafiquants sont intelligents, ils disposent de gros moyens et donc de complicités locales », poursuit cet expert des cartels.

Les autorités togolaises luttent à la hauteur de leurs moyens qui sont réduits. Le pays a besoin d'experts étrangers, d'équipements et d'argent pour poursuivre le combat. Pour le moment, ni les Etats-Unis, ni les pays européens n'ont répondu aux demandes pressantes de Lomé.

Et le trafic continue de plus belle. Le « Los Angeles Times » rapporte qu'en Guinée Bissau, on assiste à l'arrivée de nombremux Colombiens.

Officiellement des hommes d'affaires qui montent des entreprises dans ce pays. Exact, mais il s'agit de laboratoires clandestins de transformation de la drogue …

On le voit, le Togo n'est pas le seul concerné par ce phénomène. Ce sont la plupart des pays du Golfe de Guinée qui sont transformés en Hub par les Colombiens.

Dénoncer cette situation ne suffit plus. Il faut une véritable action commune pour anéantir ces réseaux comme, par exemple, la mise en place de patrouilles maritimes à l'instar de ce qui est fait par les Etats-Unis dans les Caraïbes, autre grande plateforme de transit des narco-trafiquants.

Lire l'article du Los Angeles Times (en Anglais)

 

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