Culture

Le Palais de Lomé fait revivre le langage secret des tresses

Au Palais de Lomé, une exposition ravive un langage oublié : celui des tresses traditionnelles africaines, où chaque coiffure racontait une histoire bien avant de devenir un simple choix esthétique.

Avant les tendances, la tresse était un message © republicoftogo.com

Au Palais de Lomé, une exposition ravive un langage oublié : celui des tresses traditionnelles africaines, où chaque coiffure racontait une histoire bien avant de devenir un simple choix esthétique.

En Afrique, la tresse n'a jamais été qu'une affaire de style. Bien avant l'arrivée des tendances contemporaines, la coiffure constituait un véritable code social, capable d'indiquer l'âge, le statut matrimonial, le rang, voire l'appartenance à une communauté. 

Transmis de génération en génération, ce savoir capillaire traversait les frontières, chaque région, chaque ethnie développant ses propres motifs et significations, souvent gardés secrets au sein des familles.

Au Togo, un vocabulaire précis

L'exposition du Palais de Lomé donne à voir cet héritage à travers plusieurs coiffures autrefois portées par les femmes et jeunes filles. 

L'« Aklui », faite de petites mèches nouées, était réservée aux enfants et adolescentes : elle signalait leur minorité et invitait les prétendants à patienter. À l'opposé, la tresse « Ati », dressée sur la tête, annonçait qu'une jeune femme était célibataire et disponible pour le mariage, des perles fixées aux extrémités pouvant même trahir une préférence pour un notable.

Le message évoluait ensuite avec la vie de la femme : des « Ati » reliés au sommet du crâne indiquaient une relation déjà engagée, tandis que leur entrelacement en forme de toile révélait qu'elle était non seulement en couple, mais aussi mère de famille.

Si certaines de ces coiffures continuent d'être réalisées aujourd'hui, leur signification s'est largement effacée avec le temps. Nombre de tresseuses reproduisent encore ces modèles par habitude ou par tradition, sans toujours connaître le message qu'ils portaient autrefois.

C'est précisément cette mémoire que le Palais de Lomé cherche à faire revivre : redonner un sens aux gestes, replacer la tresse dans son rôle originel de langage silencieux, à une époque où la coiffure permettait de communiquer sans un mot, simplement en observant la tête de l'autre.

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