C'est avec un cœur meurtri que le Togo a appris la disparition de Koffi Gomez, pionnier de la littérature togolaise. « Un grand vide est désormais créé dans l'écosystème du théâtre, du roman et de la littérature jeunesse du Togo », a écrit samedi le ministre du Tourisme, de la Culture et des Arts, Isaac Tchiakpé, sur son compte X.
C'est avec un cœur meurtri que le Togo a appris la disparition de Koffi Gomez, pionnier de la littérature togolaise. « Un grand vide est désormais créé dans l'écosystème du théâtre, du roman et de la littérature jeunesse du Togo », a écrit samedi le ministre du Tourisme, de la Culture et des Arts, Isaac Tchiakpé, sur son compte X.
L'écrivain et dramaturge, également connu sous le pseudonyme « Gemzo Kiffo », est décédé le 22 septembre des suites d'une maladie, à l'âge de 85 ans.
Né le 28 février 1941 à Lomé, celui que ses proches appelaient affectueusement « Tonton Emile » s'était fait un nom dans les lettres à travers romans, pièces de théâtre et ouvrages destinés à la jeunesse.
Diplômé en géographie tropicale (1968) puis en géomorphologie (1969) à l'université de Dakar, Koffi Gomez avait d'abord enseigné en Côte d'Ivoire puis au Gabon, avant de rentrer au Togo en 1974 pour intégrer la fonction publique, en tant qu'administrateur civil à la Direction générale du Plan et du Développement.
C'est pourtant par la plume qu'il aura marqué durablement son pays.
Son écriture, empreinte d'une forte dimension sociale et critique, met en scène la corruption, les dérives administratives, les crises sociales et les valeurs traditionnelles dans un pays alors en pleine mutation politique et culturelle.
Parmi ses œuvres les plus marquantes figure « Gaglo ou l'Argent, cette peste », publiée en 1983, qui raconte les mésaventures d'un employé de banque de Lomé entraîné dans une intrigue amoureuse et financière, une pièce devenue une référence littéraire togolaise, intégrée dans les programmes scolaires aux côtés d'autres classiques comme « L'Esclave » de Félix Couchoro, considéré comme le tout premier roman togolais, publié en 1929.
Son roman « Opération Marigot » lui avait valu le Premier Prix littéraire Eyadéma en 1986. Son œuvre compte également « Doguicimi ou la femme qui défia le roi, le prince et la mort », « La Toupie rouge », ainsi que les deux volumes du « Guide providentiel ».
« Il vivra heureusement, et pour toujours, à travers une œuvre protéiforme qui restera à jamais dans le panthéon des lettres africaines, au profit des générations futures », a souligné le ministre Tchiakpé, saluant la mémoire d'un auteur dont l'œuvre continue d'accompagner, aujourd'hui encore, la formation littéraire des jeunes générations togolaises.
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