Ils sont dix-sept chefs d'État et de gouvernement réunis à Bichkek pour marquer les 25 ans de l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS) : dirigeants russe, iranien, chinois, indien, pakistanais, turc... et togolais.
Ils sont dix-sept chefs d'État et de gouvernement réunis à Bichkek (Kirghizistan) pour marquer les 25 ans de l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS) : dirigeants russe, iranien, chinois, indien, pakistanais, turc... et togolais.
Une présence qui ne doit rien au hasard : c'est la toute première participation de Faure Gnassingbé à ce rendez-vous, symbole assumé d'une diplomatie togolaise résolue à élargir ses alliances au-delà de ses partenaires traditionnels.
L'OCS n'est pas un club anodin. Elle revendique environ 40 % de la population mondiale et 25 % du PIB planétaire, réunissant dix membres - Bélarus, Chine, Inde, Iran, Russie, Kazakhstan, Kirghizstan, Ouzbékistan, Pakistan, Tadjikistan - auxquels s'ajoutent quinze partenaires de dialogue, dont la Turquie, l'Arabie saoudite et le Qatar.
Un poids démographique et économique considérable, que Vladimir Poutine n'a pas manqué de mettre en avant mardi, présentant l'organisation comme l'une des « nouvelles structures régionales multilatérales » s'intégrant, selon lui, à « l'architecture d'un monde multipolaire, aux côtés des Nations unies ».
Mais derrière la vitrine diplomatique, le bloc reste profondément hétérogène. La Russie et la Chine se disputent l'influence en Asie centrale, tandis que Pékin entretient des relations parfois tendues avec l'Inde et le Pakistan, deux poids lourds régionaux traditionnellement rivaux.
En marge du sommet, les échanges bilatéraux se multiplient. Vladimir Poutine doit notamment rencontrer le président turc Recep Tayyip Erdogan pour évoquer la guerre en Ukraine, un conflit désormais enlisé depuis plus de quatre ans et demi, alors que les négociations sous médiation américaine restent dans l'impasse.
La Turquie, qui avait déjà accueilli plusieurs cycles de pourparlers, conserve ainsi son rôle d'intermédiaire, même si les discussions entre Poutine et Xi Jinping n'ont abordé le dossier ukrainien que de manière « superficielle », selon le Kremlin — les deux capitales préférant surtout afficher, une fois de plus, la solidité de leur axe stratégique.
Le pari togolais : être partout, sans s'enfermer nulle part
Pour Lomé, l'enjeu de cette participation dépasse largement le symbole. En s'invitant à la table des grandes puissances eurasiatiques, le Togo confirme sa stratégie de diversification diplomatique, déjà à l'œuvre à travers ses relations soutenues avec la Chine, la Russie et l'Inde, mais aussi à travers son rôle de médiateur dans plusieurs crises africaines.
Une manière, pour un pays de taille modeste, de multiplier les tribunes internationales et les partenariats potentiels, sans jamais s'aligner exclusivement sur un seul bloc.
Reste à savoir si cette présence inédite à l'OCS se traduira, au-delà du symbole, par des retombées concrètes pour le Togo, notamment sur le plan économique et sécuritaire, dans un sommet où les ambitions affichées peinent parfois à masquer les fractures internes d'une organisation encore en quête de cohésion.
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