Diplomatie

Mali-Niger : accusations de sponsoring du terrorisme et retrait définitif confirmé de la Cédéao

Les ministres des Affaires étrangères du Mali et du Niger ont lancé des accusations graves lors d'un forum sécuritaire au Sénégal : des pays voisins sponsoriseraient activement le terrorisme dans leurs pays. Des allégations qui illustrent les profondes fractures qui traversent l'Afrique de l'Ouest, selon l’article publié mardi par Mena Today.

Le ministre des Affaires étrangères du Mali, Abdoulaye Diop © Reuters

Les ministres des Affaires étrangères du Mali et du Niger ont lancé des accusations graves lors d'un forum sécuritaire au Sénégal : des pays voisins sponsoriseraient activement le terrorisme dans leurs pays. Des allégations qui illustrent les profondes fractures qui traversent l'Afrique de l'Ouest, selon l’article publié mardi par Mena Today.

Le ministre malien des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop, a été cinglant : "Il y a des pays voisins qui hébergent actuellement des groupes terroristes, qui les soutiennent, ou qui reçoivent fréquemment des forces hostiles menant des opérations contre nous." Sans nommer explicitement ces pays, il a également mis en cause des puissances étrangères extérieures à la région, évoquant notamment la présence de mercenaires ukrainiens ayant attaqué le Mali, une affirmation que Kiev a formellement démentie.

Son homologue nigérien, Bakary Yaou Sangare, a lui directement pointé du doigt la France, accusant Paris d’ "alimenter, financer et entretenir" le terrorisme au Niger, tout en prétendant coopérer dans la lutte antiterroriste.

Malgré ces tensions, les deux ministres ont laissé entrevoir une ouverture limitée envers la Cédéao, dont le Mali, le Niger et le Burkina Faso se sont formellement retirés pour créer l'Alliance des États du Sahel (AES). 

Le président en exercice de la Cédéao, le Sierra-Léonais Julius Maada Bio, a appelé les pays de l'AES à réintégrer le bloc ou à renforcer leur coopération avec l’organisation africaine.

La réponse de Diop a été sans équivoque : "Notre retrait est définitif, il ne sert à rien de demander aux gens de revenir." Il a toutefois admis que l'AES pourrait maintenir un dialogue constructif avec la Communauté sur la liberté de circulation et la préservation d'un marché commun.

Un Sahel de plus en plus fracturé

Ces déclarations illustrent l'ampleur des divisions qui compliquent la lutte contre les jihadistes dans le Sahel, cette vaste bande semi-aride où Mali, Niger et Burkina Faso affrontent des insurrections depuis plus d'une décennie, sous la direction de juntes militaires arrivées au pouvoir par des coups d'État successifs.

Dans ce contexte, le Togo, dont la nouvelle Stratégie pour le Sahel 2026-2028 vient précisément d'être présentée à Lomé, confirme plus que jamais la pertinence de son rôle de médiateur et de pont entre les pays de l'AES et le reste de la communauté internationale.

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