Réuni en session ordinaire jeudi, le Conseil National du Crédit (CNC) a examiné l'évolution de la situation économique, monétaire et du système bancaire et financier du pays à fin juin 2026, dressant un bilan globalement favorable.
Réuni en session ordinaire jeudi, le Conseil National du Crédit (CNC) a examiné l'évolution de la situation économique, monétaire et du système bancaire et financier du pays à fin juin 2026, dressant un bilan globalement favorable.
L'économie togolaise continue de faire preuve de résilience, avec une projection de croissance revue à la hausse à 6,3 % pour 2026, contre 6,1 % l'année précédente, a indiqué Essowé Georges Barcola, le ministre des Finances et du Budget.
Ce dynamisme s'appuie principalement sur les secteurs des transports, du commerce et des activités portuaires, ainsi que sur l'essor industriel de la Plateforme industrielle d'Adétikopé (PIA). Cette accélération s'accompagne d'une inflation maîtrisée à 0,5 % à fin juin 2026.
M. Barcola a salué le redressement de la trajectoire budgétaire : le déficit global, dons compris, a été ramené à 0,8 % du PIB à fin juin 2026, contre 2,4 % un an plus tôt. Cette discipline budgétaire a également permis de réduire le ratio dette/PIB à 60,2 %, contre 62,8 % à fin décembre 2025, maintenant le Togo sous la norme plafond de 70 % fixée par l'UEMOA.
Deux points de vigilance pour le secteur bancaire
Si les indicateurs du secteur bancaire et financier restent globalement satisfaisants, avec des dépôts et crédits orientés à la hausse, le Conseil a identifié deux sujets de vigilance.
Le premier concerne le financement de l'agriculture et des Très petites, petites et moyennes entreprises (TPME) : les nouveaux crédits au secteur agricole ont bondi de 83,3 %, atteignant 15,4 milliards de FCFA à fin juin 2026, contre 8,4 milliards un an plus tôt, portés notamment par les crédits de campagne à la filière coton et des dispositifs comme ProMAT et ProMIFA.
Le CNC appelle toutefois les institutions financières à davantage recourir aux mécanismes de garantie et à élargir leur offre aux autres filières agricoles et aux TPME.
Le second point de vigilance porte sur les fragilités persistantes du secteur de la microfinance, avec un appel à une exécution stricte des plans de redressement des institutions concernées, en particulier les plus grandes, afin de protéger l'épargne de près de 4,8 millions de Togolais.
Essowé Georges Barcola a enfin appelé l'ensemble des acteurs économiques - État, secteur privé, banques, institutions de microfinance et organisations professionnelles - à porter collectivement la nouvelle feuille de route gouvernementale 2026-2031, dans la continuité de la vision du président du Conseil : protéger, rassembler et transformer.
La réunion s’est déroulée en présence du ministre de l'Économie et de la Veille stratégique, Badanam Patoki, et du patron des patrons, Coami Sedolo Tamegnon.
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