Eco & Finance

Filière café-cacao : entre volatilité des prix et nécessité de solidarité

‘Les pays producteurs de café et de cacao restent structurellement fragiles. Nous produisons ce que nous ne consommons pas et consommons ce que nous ne produisons pas. Cette dépendance nous expose pleinement à la loi du marché mondial, dominée par les grands pays consommateurs qui fixent les prix’.

Enselme Gouthon mercredi à Lomé © republicoftogo.com

‘Les pays producteurs de café et de cacao restent structurellement fragiles. Nous produisons ce que nous ne consommons pas et consommons ce que nous ne produisons pas. Cette dépendance nous expose pleinement à la loi du marché mondial, dominée par les grands pays consommateurs qui fixent les prix’.

C’est ce qu’a déclaré mercredi Enselme Gouthon, secrétaire général du Comité de Coordination pour les Filières Café et Cacao (CCFCC), lors d’une réunion des principaux responsables des deux filières.

La campagne 2024-2025 l’a clairement montré. Si les prix ont fortement augmenté, la production, elle, a chuté dans les principaux pays producteurs comme la Côte d’Ivoire et le Ghana.

Cette baisse est liée au changement climatique, au vieillissement des plantations et des producteurs, mais aussi aux nouvelles exigences européennes en matière de lutte contre la déforestation. Le marché est alors devenu instable. Après avoir atteint environ 6 000 FCFA, les prix se sont effondrés jusqu’à 2 000 FCFA, voire moins.

Cette chute brutale a mis toute la filière en difficulté. Producteurs, acheteurs et exportateurs se retrouvent avec d’importants stocks invendus. Dans un petit pays producteur comme le nôtre, plus de 1 500 tonnes de stocks représentent déjà une situation critique.

Le manque de concertation entre les acteurs a renforcé cette vulnérabilité, en particulier pour les producteurs, maillon le plus faible de la chaîne.

La rencontre entre les différentes associations de la filière visait donc à trouver des solutions concrètes.

L’objectif est de renforcer la concertation, accepter des sacrifices temporaires pour libérer les stocks et partager collectivement les pertes. Le salut ne viendra pas uniquement de l’État. L’État, c’est l’ensemble des acteurs. Les solutions doivent partir de la base, avec un engagement commun.

La transformation locale n’est pas une nouveauté. Elle est déjà en marche grâce à la promotion de la consommation locale et à l’émergence de transformateurs compétents dans le café et le cacao. Malgré un marché intérieur encore limité, près de 40 tonnes de produits transformés circulent déjà, preuve que la dynamique existe.

Face à un marché mondial instable, la seule voie durable reste la solidarité, l’anticipation et l’organisation collective. C’est à ce prix que la filière café-cacao pourra progressivement retrouver un équilibre, a conclu M. Gouthon.

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