Le Conseil National du Crédit (CNC) a tenu lundi sa première session de l'année, sous la présidence du ministre des Finances et du Budget, Essowé Georges Barcola.
Le Conseil National du Crédit (CNC) a tenu lundi sa première session de l'année, sous la présidence du ministre des Finances et du Budget, Essowé Georges Barcola.
Un rendez-vous qui a permis de dresser un bilan contrasté du secteur financier togolais, entre signaux positifs et points de vigilance majeurs.
Instance de concertation entre les autorités monétaires, les pouvoirs publics et les acteurs du secteur financier, le CNC a pour mission d'analyser l'évolution du crédit et du système bancaire, de formuler des recommandations pour améliorer le financement de l'économie et d'orienter les politiques en matière de crédit, de taux d'intérêt et de digitalisation des paiements.
Il constitue le principal espace de dialogue entre la Banque Centrale (BCEAO), le gouvernement togolais et les institutions financières.
Sur le plan macroéconomique, les perspectives sont encourageantes. La croissance économique est projetée à 6,5% en 2026, après 6,2% en 2025, portée notamment par le dynamisme du secteur tertiaire, des plateformes aéroportuaires et des investissements dans les infrastructures logistiques. L'inflation devrait rester maîtrisée à 1,8%, dans la norme communautaire.
Toutefois, les tensions géopolitiques mondiales, hausse des cours des hydrocarbures, perturbations des chaînes logistiques et tensions sur les marchés financiers, constituent des risques à surveiller pour le cadre macroéconomique national.
Le volume des nouvelles mises en place de crédits bancaires a progressé de 15% en un an, atteignant 1 111 milliards de Fcfa en 2025. Les institutions de microfinance ont accordé 340 milliards en nouveaux concours, contre 302 milliards l'année précédente. Le taux d'intérêt débiteur moyen a baissé à 7,4% en 2025, contre 7,6% en 2024, signe d'un meilleur accès au crédit pour les entreprises et les ménages.
L'alerte sur les créances douteuses
Mais le président du CNC n'a pas éludé le point de vigilance majeur : le taux brut de créances douteuses des banques a bondi de 7% en 2024 à 13% en 2025, une dégradation préoccupante après plusieurs années de tendance baissière.
« Cette évolution ne doit pas devenir structurelle au risque d'asphyxier la capacité de financement des banques », a-t-il averti, exigeant un renforcement immédiat de l'analyse du risque et une activation plus vigoureuse des mécanismes de recouvrement.
Pour relever les défis de l'heure, le CNC appelle les institutions financières à développer des produits innovants pour financer les énergies renouvelables, une stratégie de protection du pouvoir d'achat face à la volatilité des hydrocarbures, et à accroître les financements aux entreprises agroalimentaires pour valoriser la production nationale et réduire la dépendance aux importations.
La digitalisation des paiements a également été au cœur des débats.
« Ce n'est plus une option. C'est un rempart contre l'exclusion et un levier d'efficacité », a martelé Essowé Georges Barcola, appelant à faire du numérique le premier vecteur de mobilisation de l'épargne nationale.
Badanam Patoki, le ministre de l’Economie et de la Veille stratégique, ainsi que le conseiller du directeur national de la BCEAO, ont assisté aux travaux.
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