Eco & Finance

La croissance devrait être de 6,3% cette année

Le Conseil National du Crédit (CNC) a tenu jeudi sa deuxième session ordinaire de l’année dans un contexte international marqué par les tensions au Moyen-Orient qui semblent toutefois s’apaiser.

Badanam Patoki © DR

Le Conseil National du Crédit (CNC) a tenu jeudi sa deuxième session ordinaire de l’année dans un contexte international marqué par les tensions au Moyen-Orient qui semblent toutefois s’apaiser.

Présidant les travaux au nom du ministre de l’Économie et des Finances, le vice-président du Conseil, Badanam Patoki, ministre de l’Economie et de la Veille stratégique, a salué l’arrivée du nouveau directeur national de la BCEAO (Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest), Ekoué Djro Glokpor, dont l’expérience a été soulignée.

Malgré un environnement international incertain, l’économie togolaise continue de faire preuve de résilience. 

La croissance est désormais attendue à 6,3% en 2026, contre une prévision initiale de 6,5%, après 6,1% en 2025. L’inflation reste maîtrisée à 0,7% à fin avril, tandis que la dette publique a reculé à 61% du PIB, bien en dessous du plafond communautaire de 70%.

Le CNC a souligné le rôle croissant de la Plateforme Industrielle d’Adétikopé (PIA) et du Port autonome de Lomé dans la transformation structurelle de l’économie nationale, avec une montée en puissance des activités industrielles et logistiques à forte valeur ajoutée.

Sur le plan financier, la digitalisation progresse rapidement. Presque toutes les banques de la place proposent désormais des services en ligne et sont engagées dans le système régional de paiement instantané de la BCEAO.

Cette évolution a contribué à porter le taux d’utilisation des services bancaires à 32,2%, contre 30,1% un an auparavant.

Le Conseil a également relevé une baisse du coût du crédit, avec un taux moyen de 7,5% au premier trimestre 2026, ainsi qu’une progression soutenue de l’épargne bancaire et de la microfinance.

Toutefois, le CNC s’inquiète de la faiblesse du financement de certains secteurs stratégiques. L’agriculture ne reçoit que 1,5% des concours bancaires et l’habitat à peine 1,1%. Le Conseil a appelé les banques à soutenir davantage les TPME, les filières agricoles et industrielles, en s’appuyant notamment sur les mécanismes de garantie existants.

Autre sujet de préoccupation : la hausse du taux de créances en souffrance, qui atteint désormais 13,4%. Le CNC invite les établissements concernés à renforcer leurs stratégies de recouvrement et de restructuration afin de ramener ce taux sous le seuil de 5% d’ici 2027.

Les membres du Conseil ont enfin examiné un plan d’action destiné à accélérer la digitalisation des paiements, considéré comme un levier essentiel pour renforcer l’inclusion financière et soutenir la croissance économique.

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