Fini les tongs, les glaces qui fondent trop vite et le droit sacré de se lever tard. Écoliers et lycéens inspectent leurs trousses comme des agents de douane face à une valise suspecte. Stylos, cartables, cahiers : tout y passe.
Fini les tongs, les glaces qui fondent trop vite et le droit sacré de se lever tard. Écoliers et lycéens inspectent leurs trousses comme des agents de douane face à une valise suspecte. Stylos, cartables, cahiers : tout y passe.
On dirait une opération militaire, sauf que l’ennemi, c’est surtout le stylo qui a disparu entre juillet et aujourd’hui.
Le rituel commence toujours de la même façon. On ouvre la trousse. On y trouve : un feutre séché, trois bouts de gomme et un stylo qui écrit encore… mais uniquement en rose fluo.
Le stylo noir, lui, a pris sa retraite anticipée. Personne ne sait où. C’est le grand mystère de la rentrée, plus insoluble que certains devoirs de maths.
Les parents, eux, vivent leur propre épreuve. Ils marchent dans les rayons fournitures avec le regard de quelqu’un qui a déjà payé trois fois le même cahier 24 pages grands carreaux. « Non, on n’achète pas le cartable lumineux qui clignote. » « Si, maman, tout le monde l’a. » « Tout le monde, c’est qui ? Tes 28 camarades de classe ou TikTok ? » Négociation tendue. Victoire parentale temporaire. Défaite dès le lendemain, quand le cartable « trop moche » disparaît mystérieusement sous le lit.
Les lycéens jouent une autre partition. Ils font semblant que la rentrée, c’est une formalité. « On est grands maintenant. » Puis ils passent quarante minutes à choisir un agenda.
Ils vérifient leurs stylos avec le sérieux d’un chirurgien, puis oublient le classeur dès le premier cours. Classique.
Et puis il y a l’odeur. Celle du cahier neuf. Ce parfum de papier qui dit : « Cette année, je vais être organisé. » On y croit trois jours. Le quatrième, le cahier de français sert déjà de sous-bock improvisé et le planning coloré a pris un coup de soleil.
Le 14 septembre, tout le monde rentre. Les petits avec leur cartable trop grand, les ados avec leur air « je suis déjà fatigué », les profs avec leur café et leur sourire professionnel qui dit « on va y arriver ». Les parents avec leur liste de courses encore ouverte.
Alors bon courage à tous. Rangez vos stylos (ceux qui écrivent encore). Fermez bien les cartables. Et surtout, n’oubliez pas : dans trois semaines, on aura déjà l’impression d’être rentrés depuis trois mois. C’est ça, la magie de la rentrée.
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