L'industrie cimentière togolaise met le cap sur la mise en œuvre de sa stratégie nationale de décarbonation.
L'industrie cimentière togolaise met le cap sur la mise en œuvre de sa stratégie nationale de décarbonation.
Une rencontre se déroule actuellement à Lomé entre les acteurs de la filière, afin de transformer les orientations retenues à l'horizon 2050 en plans d'action opérationnels : faisabilité des technologies, investissements nécessaires, acteurs à mobiliser et calendrier de déploiement.
Avec l'appui du cabinet suisse Cementis, spécialisé dans le conseil pour l'industrie cimentière et la transition climatique, les réflexions portent sur l'avenir du clinker, composant dont la fabrication par cuisson du calcaire et de l'argile constitue la principale source d'émissions de CO₂.
L'objectif fixé est de faire passer la teneur de 65 % à 40 % d'ici 2050.
Pour y parvenir, c’est l'adoption à grande échelle du ciment LC3, à base de calcaire et d'argile calcinée, développé par la chimiste Karen Scrivener, de l'École polytechnique de Lausanne (EPFL), et qui permettrait de réduire les émissions d'environ 40 %.
Selon les experts, le Togo disposerait des matières premières naturelles nécessaires à la production de ce ciment à un coût économiquement viable.
Les participants ont également identifié la valorisation des déchets, issus de la biomasse agricole comme des déchets municipaux, en combustibles de substitution au charbon dans les fours cimentiers.
Managing Partner de Cementis, Laurent Grimmeissen évoque enfin la capture du carbone comme piste pour atteindre la neutralité en 2050, tout en reconnaissant que cette technologie, bien qu'existante, reste aujourd'hui économiquement non viable pour les pays de la région.
Le marché togolais du ciment compte quatre producteurs : l'allemand Heidelberg Materials, via sa filiale CIMTOGO ; le burkinabè CIL Metal, avec la marque Cimco ; l'indien WACEM, présent avec les marques Fortia et Diamond ; et le nigérian Dangote Cement.
Selon des données présentées, la production destinée au marché local a généré environ 900 000 tonnes de CO₂ en 2023, un volume qui pourrait doubler d'ici 2050 sans changement technologique.
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