Faute de programme clair et de véritable soutien populaire, les partis d’opposition peinent à imposer leurs thèmes dans le débat public. Pour tenter de mobiliser, certains choisissent de revenir sur des questions symboliques, dont la portée politique réelle reste discutée.
Faute de programme clair et de véritable soutien populaire, les partis d’opposition peinent à imposer leurs thèmes dans le débat public. Pour tenter de mobiliser, certains choisissent de revenir sur des questions symboliques, dont la portée politique réelle reste discutée.
C’est dans ce contexte que l’Alliance nationale pour le changement (ANC) a réclamé, cette semaine, la déclassification des archives – notamment françaises – relatives à l’assassinat du président Sylvanus Olympio, survenu en janvier 1963. Pour l’ANC, ce dossier non élucidé continuerait de peser sur l’histoire politique du pays et sur la quête de l’alternance.
Une démarche que la Convention démocratique des peuples africains (CDPA) juge peu pertinente, voire déconnectée des enjeux actuels. Selon le parti, cette requête est « saugrenue » et ne produira aucun effet concret sur le plan politique. Pour la CDPA, l’ouverture d’archives, aussi symbolique soit-elle, ne saurait remplacer un projet politique structuré ni répondre aux attentes immédiates des populations.
La formation d’opposition défend une autre lecture de l’héritage de Sylvanus Olympio. Plutôt que d’en faire un levier procédural ou une condition préalable à l’alternance, la CDPA estime que son legs doit avant tout servir d’inspiration morale, notamment pour la jeune génération.
Premier président du Togo, Olympio incarne, aux yeux de la CDPA, une vision de l’État fondée sur la souveraineté, l’intégrité et le sens de l’intérêt général. Des valeurs jugées intemporelles, capables d’éclairer les combats actuels sans pour autant enfermer le débat politique dans le passé.
Ce désaccord met en lumière une fracture plus profonde au sein de l’opposition. D’un côté, ceux qui font de la mémoire historique une condition politique. De l’autre, ceux qui y voient un moteur éthique, un repère pour refonder l’engagement citoyen.
Dans ce débat autour de Sylvanus Olympio, une ligne de fracture apparaît clairement. Entre mémoire comme condition et mémoire comme moteur, l’opposition expose une fois de plus ses divergences. Et peut-être, en creux, l’une des raisons profondes de son impuissance politique.
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