Le Niger a annoncé avoir repris le contrôle d'une base militaire clé de Niamey après une attaque menée samedi par des soldats mutins, dernier défi en date pour le pouvoir militaire d'Abdourahamane Tiani, dont le gouvernement peine à contenir l'insurrection jihadiste.
Le Niger a annoncé avoir repris le contrôle d'une base militaire clé de Niamey après une attaque menée samedi par des soldats mutins, dernier défi en date pour le pouvoir militaire d'Abdourahamane Tiani, dont le gouvernement peine à contenir l'insurrection jihadiste.
Cette attaque met en lumière les tensions internes au sein des forces armées nigériennes, qui ont subi de lourdes pertes face aux branches régionales d'Al-Qaïda et de l'État islamique. Des explosions et des tirs ont retenti dans plusieurs zones de Niamey samedi matin, notamment autour de la base aérienne militaire et de la présidence.
Située dans le même complexe que l'aéroport civil de Niamey, cette base abrite des avions et drones militaires, ainsi qu'une unité antiterroriste de l'Alliance des États du Sahel (AES), qui regroupe le Niger, le Mali et le Burkina Faso.
Des forces russes et italiennes y sont également stationnées.
Les médias d'État nigériens ont affirmé samedi soir que l'attaque impliquait « des centaines de soldats mécontents » et que les combats avaient duré plusieurs heures avant que les forces loyales à Tiani ne reprennent le contrôle, diffusant des images présentées comme montrant des mutins se rendant.
Comme ses homologues burkinabè et malien, Tiani n'est pas parvenu à progresser contre les groupes jihadistes. La branche de l'État islamique a mené plusieurs assauts meurtriers dans le sud-ouest du pays, dont l'un, ce mois-ci, a coûté la vie à 18 soldats.
L'opération des mutins a impliqué des soldats basés à Niamey ainsi que d'autres venus d'Ouallam, Téra et Dosso, où l'armée a subi de lourdes pertes. Selon analystes et sources sécuritaires, la frustration grandissante au sein des unités de première ligne constitue une nouvelle vulnérabilité pour Tiani, au-delà de la seule menace jihadiste.
Depuis sa prise de pouvoir, le gouvernement de Tiani s'est éloigné des partenaires occidentaux, a renforcé ses liens avec la Russie et a rompu avec la Cédéao. Ces troubles surviennent alors que les autorités resserrent leur contrôle sur le secteur de l'uranium, après avoir saisi des actifs du groupe français Orano, ancien fournisseur clé de combustible nucléaire pour l'Europe.
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