La Guinée-Bissau a replongé mercredi dans l’instabilité chronique qui caractérise son histoire politique. Un groupe d’officiers a annoncé avoir renversé le président Umaro Sissoco Embaló, à la veille de la publication des résultats provisoires de la présidentielle de dimanche.
La Guinée-Bissau a replongé mercredi dans l’instabilité chronique qui caractérise son histoire politique. Un groupe d’officiers a annoncé avoir renversé le président Umaro Sissoco Embaló, à la veille de la publication des résultats provisoires de la présidentielle de dimanche.
Dans une allocution télévisée, les putschistes, réunis sous le nom de « Haut Commandement militaire pour la restauration de l’ordre », ont affirmé avoir déposé le chef de l’État et suspendu le processus électoral, invoquant un prétendu complot impliquant des responsables politiques et des réseaux de trafic de drogue. Les frontières ont été fermées et un couvre-feu instauré.
Le général Horta Nta Na Man a été désigné président de transition pour une durée d’un an, selon Radio France Internationale. Des images diffusées à la télévision publique montrent sa prestation de serment devant des officiers.
Le coup d’État survient dans un climat politique explosif. Le scrutin opposait Embaló à Fernando Dias, un nouveau visage de la scène politique. Tous deux avaient revendiqué la victoire dès le premier tour.
Plus tôt mercredi, des tirs nourris avaient été entendus près du palais présidentiel et du siège de la commission électorale à Bissau. Embaló a ensuite affirmé à des médias français qu’il avait été renversé, sans qu’on sache où il se trouvait.
L’opposition accuse au contraire Embaló d’avoir orchestré une « fausse tentative de coup » pour bloquer l’annonce de résultats défavorables.
L’Union africaine et la Cédéao ont condamné le putsch et exigé la libération immédiate d’Embaló ainsi que des responsables électoraux arrêtés. Plusieurs observateurs internationaux, dont l’ancien président nigérian Goodluck Jonathan, étaient injoignables jeudi.
Un pays habitué aux coups de force
Petite nation côtière stratégique pour les trafiquants de cocaïne entre l’Amérique du Sud et l’Europe, la Guinée-Bissau a connu au moins neuf coups d’État ou tentatives depuis son indépendance en 1974.
Selon des experts, ce nouveau putsch ne devrait pas bouleverser l’influence du narcotrafic sur la vie politique.
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