Chaque année, des centaines de familles togolaises vivent dans l'angoisse des crises. Des enfants hospitalisés en urgence, des parents démunis face aux coûts des soins, des patients qui souffrent faute d'oxygène médical disponible en quantité suffisante.
Chaque année, des centaines de familles togolaises vivent dans l'angoisse des crises. Des enfants hospitalisés en urgence, des parents démunis face aux coûts des soins, des patients qui souffrent faute d'oxygène médical disponible en quantité suffisante.
La drépanocytose est une réalité quotidienne, et un défi de santé publique que le pays ne peut relever seul.
C'est dans ce contexte que le Centre national de recherche et de soins aux drépanocytaires (CNRSD) et la Brasserie BB ont signé vendredi une convention de partenariat pour améliorer la prise en charge médicale.
La drépanocytose est la maladie génétique la plus répandue au monde. Elle affecte les globules rouges qui, au lieu d'être ronds et flexibles, prennent une forme de faucille, rigide et collante. Ces cellules déformées obstruent les vaisseaux sanguins, provoquant des crises vaso-occlusives d'une douleur extrême, une anémie chronique sévère, des atteintes progressives des organes vitaux, reins, poumons, cerveau, et une vulnérabilité accrue aux infections.
Les crises peuvent être déclenchées par des facteurs aussi banals que le froid, la déshydratation, le stress ou l'effort physique. Pour les patients, vivre avec la drépanocytose, c'est vivre dans l'anticipation permanente de la prochaine crise.
Au Togo, la maladie frappe avec une brutalité particulière : plus de 2% de la population souffre des formes sévères. Et la statistique la plus alarmante : la moitié des enfants atteints meurent avant l'âge de 5 ans, faute de dépistage précoce, faute de soins accessibles, faute de ressources.
L'oxygène : le nerf de la guerre
Le traitement de la drépanocytose repose sur plusieurs piliers thérapeutiques : l'hydroxyurée pour réduire la fréquence des crises, les transfusions sanguines pour corriger l'anémie, l'antibioprophylaxie pour prévenir les infections, et - lors des crises sévères - l'oxygénothérapie, c'est-à-dire l'administration d'oxygène médical pour soulager les tissus privés d'irrigation.
C'est précisément sur ce dernier point que le partenariat avec la Brasserie BB devient essentiel. L'approvisionnement en oxygène médical est coûteux et parfois insuffisant, une contrainte qui pèse lourdement sur la capacité du CNRSD à traiter ses patients dans les conditions optimales.
«Cette convention nous permettra de répondre aux difficultés rencontrées dans la prise en charge médicale à travers une réduction significative du coût de l'oxygénothérapie», a souligné le Dr Magnang Hézouwè, directeur du CNRSD.
Pour la Brasserie BB, leader incontesté du secteur brassicole togolais, ce partenariat traduit un engagement qui dépasse le cadre économique habituel de la RSE. Ce n'est pas un chèque symbolique. C'est un engagement opérationnel, ciblé sur un besoin précis : renforcer la disponibilité de l'oxygène et améliorer la capacité d'intervention du CNRSD au quotidien.
«Il s'agit d'apporter notre soutien concret au CNRSD pour sauver des vies et réduire le taux de mortalité lié à la maladie», a déclaré Diogo Victoria, Directeur Général de BB Lomé.
Cette collaboration s'inscrit dans une dynamique plus large. Le gouvernement togolais a multiplié les initiatives : campagnes de dépistage néonatal, sensibilisation communautaire et traitements gratuits pour les patients les plus vulnérables. Mais face à l'ampleur du défi, des milliers de patients, des coûts élevés, des infrastructures sous pression, l'engagement du secteur privé est indispensable.
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