Société

À Vogan, Abla Ega tresse le jonc comme on perpétue un héritage

Ici, tout commence dans les bas-fonds. C'est là, à Vogan, dans la région maritime, qu'Abla Ega va chercher le jonc. Pas de fournisseur, pas d'intermédiaire : elle récolte elle-même la plante dont naîtront ses nattes.

Un objet du quotidien qui s'efface © republicoftogo.com

Ici, tout commence dans les bas-fonds. C'est là, à Vogan, dans la région maritime, qu'Abla Ega va chercher le jonc. Pas de fournisseur, pas d'intermédiaire : elle récolte elle-même la plante dont naîtront ses nattes.

Depuis douze ans, elle perpétue un savoir-faire transmis au fil des générations. Le jonc récolté doit d'abord sécher, environ trois jours quand le soleil joue le jeu. Puis viennent les mains. Le tressage est entièrement manuel, sans machine ni raccourci. Selon la longueur voulue, l'artisane sort deux à trois nattes par jour.

Derrière chaque natte, il y a donc des heures de travail, de la plante encore mouillée au dernier nœud de tressage. Le prix, lui, reste modeste : entre 700 et 2 500 Fcfa, selon la longueur.

La natte traditionnelle a longtemps fait partie du décor de tous les foyers : couchage pour les enfants, tapis, usages domestiques en tout genre. Elle recule aujourd'hui, face aux matelas et aux nattes industrielles, plus faciles à trouver sur les marchés. Les habitudes ont changé, et le travail fait main a perdu de son attrait.

Elle n'a pourtant pas disparu. Elle tient une place plus discrète, entre patrimoine artisanal et nouvelles façons de consommer. À Vogan, Abla Ega, elle, continue de tresser.

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