Société

Le terrorisme n'est plus une menace extérieure

L’extrémisme violent s’intensifie dans les États côtiers d’Afrique de l’Ouest. 

Les jihadistes tentent d'obtenir le soutien des populations frontalières © republicoftogo.com

L’extrémisme violent s’intensifie dans les États côtiers d’Afrique de l’Ouest. 

Cette situation est terrifiante pour les citoyens, mais elle ne constitue que la partie émergée de l’iceberg. 

Un réseau dissimulé d’acteurs s’active discrètement, qui assure la pérennité du terrorisme dans la région. Il ressort de plus en plus clairement que ce sont les activités des djihadistes dans les États côtiers qui leur permettent de financer leurs actions, de recruter et de gérer les aspects logistiques nécessaires à leur fonctionnement.

À ce jour, les réponses des gouvernements aux attentats sont principalement de nature militaire. 

Mais les pays de la région doivent mieux analyser le mode d’expansion du terrorisme, souligne l’Institut américain d’Etudes et de Sécurité (ISS).

Ils doivent regarder au-delà de la multiplication des attaques et comprendre le fonctionnement des activités non visibles, notamment la collaboration entre les extrémistes violents et les acteurs illicites à des fins de mobilisation de ressources.

Le Togo a subi sa toute première agression avec l’attaque d’un poste de sécurité dans le village de Sanloaga, à la frontière nord, le 9 novembre 2021. Depuis, trois autres attaques ont eu lieu. 

Les responsables de la lutte contre le terrorisme commencent à reconnaître que des citoyens de la région ont été recrutés pour aller combattre au Sahel et ailleurs. Pourtant, ils s’intéressent peu à l’organisation du phénomène, à ses acteurs, au profil des combattants recrutés, aux lieux de recrutement et aux stratégies à mettre en place pour y faire face.

Les pays concernés considèrent l’extrémisme violent surtout comme étant une menace extérieure composée de combattants venus du Sahel. Cela détourne leur attention des points faibles ou vulnérables au niveau local, que les extrémistes violents pourraient exploiter.

De même, dans les communautés frontalières, en particulier là où les infrastructures de base ou les services publics font défaut, les extrémistes conquièrent le soutien des populations en leur fournissant ces services, et tout particulièrement en améliorant la sécurité.

On pense souvent que cette expansion est linéaire et va uniquement du nord au sud, alors que les jihadistes mobilisent également des ressources le long de routes est-ouest, entre autres. 

Par exemple, les motos, indispensables pour se déplacer en terrain difficile, proviennent d’un trafic allant du Nigeria vers l’ouest du Burkina Faso et le sud-est du Niger en passant par le Bénin et le Togo.

Dans les zones longtemps négligées par l’Etat, les groupes armés pourraient s’attirer la sympathie des communautés, surtout si ils offrent d’autres moyens de subsistance.

Pour briser les chaînes d’approvisionnement des extrémistes violents, les communautés doivent être constamment impliquées. C’est le point clé qui permettra d’éviter des conséquences imprévues, notamment la perturbation des moyens de subsistance, qui poussent les mécontents dans les bras des terroristes.

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