Les pays africains doivent résorber leurs déficits budgétaires

05/02/2019
Les pays africains doivent résorber leurs déficits budgétaires

Commerce et industrie mènent la croissance

La Banque africaine de développement (BAD) vient de rendre public son rapport annuel ‘Perspectives économiques en Afrique’

Les experts notent une amélioration générale et continue des performances économiques du continent. Le produit intérieur brut (PIB) est estimé à 3,5 % en 2018, soit à peu près le même pourcentage qu’en 2017 mais en hausse par rapport à 2016 (2,1 %). La croissance du PIB de l’Afrique devrait s’accélérer à 4.0 % en 2019 et atteindre 4,1 % en 2020.

Ce taux reste néanmoins insuffisant pour résorber les  et courants persistants et à une dette devenue parfois insoutenable. Il faut donc que les pays accélèrent leur taux de croissance et renforcent son efficacité pour créer des emplois décents. Les Perspectives 2019 montrent que les résultats macroéconomiques et en matière d’emploi sont meilleurs lorsque l’industrie mène la croissance.

Le thème spécial de cette année est l’intégration régionale pour la prospérité économique de l’Afrique. Cette intégration couvre non seulement la coopération commerciale et économique mais aussi la fourniture de biens publics régionaux.

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La situation économique du Togo, selon la BAD

L’impact négatif de la crise politique de 2017 et de l’ajustement budgétaire sévère exigé par la réduction du ratio dette/PIB (de 82 % en 2016 à un objectif de 70 % en 2019) ont limité la croissance du PIB réel à environ 4,7 % en 2018. 

La croissance du secteur primaire était estimée à 5,1 %, tirée par l’agriculture (5,1 %) et la pêche (6,2 %). La croissance du secteur secondaire a été plus modérée qu’en 2017 en raison de la performance moindre de l’industrie manufacturière. La situation politique freine également la croissance du secteur tertiaire, estimée à 4,4 % en 2018, contre 7,9 % en 2017. 

Concernant la demande, la croissance économique a été tirée par la formation brute de capital qui a contribué pour 3,8 % à la croissance, et par la consommation finale. La demande intérieure plus forte s’est traduite par des exportations nettes négatives. Après avoir culminé à 9,6 % du PIB en 2016, le déficit budgétaire a été ramené à 2,1 % en 2017 pour remonter à un taux estimé à 6,7 % en 2018. 

L’inflation était négative en 2017 et est restée faible en 2018, esti- mée à 0,4 %. 

La croissance du PIB réel devrait atteindre 5,0 % en 2019 et 5,3 % en 2020, dans l’hypothèse d’une résolution de la crise politique et d’un rétablissement des investissements publics et privés. L’inflation devrait se maintenir à 1,2 % en 2019 et à 2,0 % en 2020.

Parallèlement à la reprise attendue de l’activité économique et des dépenses d’investissement, le déficit budgétaire devrait s’améliorer et s’établir à 1,6 % du PIB en 2019. Le déficit de la balance courante devrait également se réduire, passant d’environ 7,9 % du PIB en 2018 à 6,8 % en 2019, grâce à la vigueur des exportations (phosphates, clinker et coton). 

Perspectives : facteurs positifs et négatifs

Les pouvoirs publics ont orienté leurs principales inter- ventions vers les secteurs agricole et énergétique et les finances publiques. 

Dans le secteur agricole, les principales interventions consistent à développer des agropoles et à mettre en place un mécanisme incitatif de financement agricole. 

Dans le secteur de l’énergie, les autorités ont finalisé la stratégie d’accès universel à l’énergie d’ici à 2025. Enfin, en matière de finances publiques, les autorités ont continué de mobiliser les recettes : elles ont renforcé les autorités fiscales, supprimé certaines exonérations fiscales et rationalisé les processus de passation des marchés. Un nouveau Plan national de développement pour 2018-2022 a été adopté en août 2018. 

Le Togo participe activement aux efforts d’intégration régionale et de facilitation des échanges en cours au sein de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) et de la Communauté des États sahélo-sahariens. 

Le pays applique le tarif extérieur commun de l’UEMOA et de la Cédéao depuis le 1er janvier 2015.

Au sein de la CEDEAO, le Togo affiche un indice d’intégration régionale élevé en matière de protection de l’environnement, d’infrastructures régionales, de libre circulation des personnes et d’intégration financière et macroéconomique. 

Le port de Lomé (PAL) est une infrastructure majeure pour le commerce régional, en particulier pour le transit vers les pays voisins enclavés, mais également pour certains pays côtiers : 40 % des marchandises importées par ce port sont en transit ou destinées à être réexportées vers d’autres pays de la région. 

Les échanges intra-UEMOA ont représenté 52 % des exportations togolaises en 2016.

Informations complémentaires

Perspectives économiques BAD 2019.pdf 3,97 MB

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